A

LA

UNE
Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
documents ou points de vue sur l'ensemble de l'actualité, nationale et internationale, dans une perspective humaniste, progressiste et anti libérale.

Nb : Les liens concernant la campagne du referendum sont stockés dans une page d'archive accessible depuis le Menu
 

29 juillet 2005

Absentéisme



Turner : Plage de Calais à marée basse


Hymne à la Joie se met au vert jusqu'à début septembre et souhaite à tous ses lecteurs de très douces vacances emplies, nous l'espérons, de luxe, calme et volupté.


20 juillet 2005

Niger : l'ONU Appelle à l'Aide

Jan Egeland, coordinateur de l'ONU pour les secours d'urgence, a lancé hier un appel à la communauté internationale.

Au Niger, 2,5 millions de personnes souffrent de malnutrition, et 150 000 enfants sont menacés de mort. Le pays est victime de la sécheresse, et les récoltes de l'année ont été dévastées par les criquets. Anticipant le risque de famine, l'ONU avait sollicité une aide internationale voici plusieurs mois, mais seuls 10 millions de dollars sur les 30 demandés ont été obtenus à ce jour.

M. Egeland a rappelé que cette somme était insignifiante pour les pays développés, la comparant aux 10 milliards de dollars que l'Europe consomme en crèmes glacées, ou aux 35 milliards de dollars dépensés aux Etats Unis pour les animaux de compagnie.

Source :
BBC : World 'ignores' Niger food crisis
BBC : Niger children starving to death

19 juillet 2005

Nicolas Hulot : Le ministère de l'écologie est de plus en plus étriqué

Nicolas Hulot, interrgogé par Le Monde, exprime sa déception devant les promesses non tenues de Jacques Chirac en matière d'écologie.

«l'écologie demeure à quelques exceptions près la préoccupation dernière de nos gouvernements, de nos députés. On est dans une architecture gouvernementale qui empêche de faire du développement durable. On m'avait à plusieurs reprises bercé de l'espoir que les choses n'en resteraient pas là. L'idée essentielle était que le ministère de l'écologie soit placé, avec des attributions élargies, à un niveau qui lui confère une autorité interministérielle, probablement comme ministère d'Etat. (...)

Or, le ministère de l'écologie est de plus en plus étriqué, tant sur le plan économique que sur le plan politique. Le changement climatique devrait être affiché comme la priorité numéro un du gouvernement. Il s'agit ni plus ni moins que de l'avenir de la planète. »

Questionné sur la position de Sarkozy vis-à-vis de l'écologie, Nicolas Hulot indique : «Durant notre dernier entretien, je lui ai dit : "Très bien, vous me dites que vous avez compris que les enjeux climatiques sont importants. Maintenant, est-ce que vous avez compris que l'ultralibéralisme débridé est à l'origine de ce désordre-là ? "

Comment a-t-il répondu ?

Par le silence. J'ai vu que j'allais trop loin »

Revenant sur l'importance des enjeux, il affirme : «Les préoccupations sectorielles vont nous paraître bien dérisoires dans quelques années, car les conséquences du changement climatique, de l'épuisement de nos ressources, les problèmes de santé liés à l'environnement ne vont pas rester longtemps une abstraction» et propose de créer une plate-forme programmatique «pour imposer à ceux qui prétendent assumer le pouvoir des mesures et des objectifs incontournables»

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L'Humanité en Danger

Le quotidien fondé par Jaurès est dans le rouge. Malgré une politique drastique de réduction des dépense, ses comptes sont toujours déficitaires.

«Au total, les recettes du journal sont en augmentation de 1,262 million d’euros et atteignent la somme totale de 29,288 millions d’euros.

Mais les coûts incompressibles de production, de fabrication, de distribution, de transport du journal auxquels s’ajoutent les frais financiers des emprunts ont augmenté de 3,362 millions d’euros pour atteindre 32,308 millions d’euros.

Le résultat comptable de l’Humanité en 2004 est donc lourdement déficitaire de 2,646 millions d’euros. Cette somme vient s’ajouter au déficit des années précédentes. Les dettes de l’Humanité dépassent donc 5 millions d’euros.»

L'Humanité lance une campagne de parrainage d'abonnements, visant une augmentation de 10 000 lecteurs.

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18 juillet 2005

Recompositions

Le Monde publie une opinion signée Jerôme Jaffré proposant une intéressante lecture des motifs du Non au referendum sur la constitution. Loin de l'explication simpliste du plébiscite malheureux, ayant provoqué une mauvaise réponse à une question mal formulée, il explore les motivations tant à droite qu'à gauche qui ont construit le résultat de cette consultation et insiste sur la difficulté, pour les forces progressistes, de proposer une synthèse des opinions exprimées à cette occasion. Jaffré identifie les deux composantes de la gauche qui se sont opposées lors du referendum :

«Les socialistes du oui sont moins critiques que les autres envers la mondialisation, moins opposés par principe au libéralisme, plus prêts à accepter l'ouverture du capital des entreprises publiques ou leur ouverture à la concurrence»

«Les socialistes du non sont beaucoup plus fermes dans leur attitude. Leur degré de critique envers la mondialisation, leur opposition au libéralisme et aux privatisations est massive. Pour eux, l'Union européenne n'est pas un objet sacré au-dessus des affrontements mais elle fait au contraire système avec les trois éléments précités. Elle leur paraît accélérer les effets négatifs de la mondialisation»

«A la différence de la droite, le travail de fédération et de jonction des électorats tarde à s'engager au sein de la gauche. Le non de gauche a pour lui de porter la souffrance et la protestation d'une large partie de l'électorat populaire»

«le oui de gauche doit comprendre pourquoi il a si peu convaincu au cours de la campagne. Il ne peut offrir aux électeurs comme seule perspective l'entrée dans la société mondialisée et l'acceptation de ses règles du jeu»

«La grande majorité des électeurs de gauche ne pourrait suivre ses porte-parole qu'à la condition de les voir y porter les objectifs de transformation et de justice qui sont les leurs»

La «fracture idéologique» pointée par Jaffré n'est pas une spécificité française. Outre-Rhin, l'accord entre la nouvelle formation d' Oskar Lafontaine ex ministre de l'économie de Schröder, le WASG - Alternative électorale pour le travail et la justice sociale - et celle des communistes historiques récemment renommée «Parti de la Gauche» tente d'y répondre en redessinant la carte des forces antilibérales.

La nouvelle alliance de ces deux formations devrait, lors des prochaines élections de septembre, faire une entrée en force au parlement. Elle est créditée, selon les sondages, de 8 % à 12 % des intentions de vote.

A l'ouest du Rhin, ne serait-il pas temps pour nous aussi, de reconsidérer l'agiornamento de 1983 qui nous a éloigné chaque jour un peu plus de motifs d'engagements qui eux, n'ont pas pris une ride, bien au contraire ?

16 juillet 2005

Ligne Blanche Européenne

Les reporters du magazine AKTE 05 de la chaine allemande Sat-1 ont fait une surprenante découverte. Sur l'ensemble des prélèvements effectués dans les locaux des toilettes des immeubles de l'administration européenne à Bruxelles, 41 ont révélé la présence de cocaïne.

Le Professor Fritz Sorgel de l'Institut de Recherche Biomedical & Pharmaceutique de Nuremberg l'a confirmé à la BBC : si les prélévements ont révèlé la présence de cocaîne c'est qu'il y en a eu dans les lieux. Selon lui, Les quantités détectées sont assez importantes et présentes dans suffisamment d'endroits pour indiquer un usage répandu.

Marjory van den Broeke porte parole du Parlement Européen s'est déclaré surprise par les conclusions de l'enquête. Rassurons la. Les mêmes tests effectués cinq ans plus tôt au parlement allemand avaient produits des résultats similaires. Reste maintenant à attendre l'investigation au Palais Bourbon et pourquoi pas, dans la vielle maison des sénateurs.

Sources en allemand
AKTE-Reporter entdecken mit Hilfe von Wischproben in Brüssel mehr Kokain als im Deutschen Bundestag.
Das Studiointerview mit Prof. Dr. Fritz Sörgel im Wortlaut

Article BBC
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13 juillet 2005

Dormeurs du Val

Ce sont des enfants. Allongés à l'ombre, que l'on imagine fraiche, de palmeraies.

Regards surpris ou figés dans la mort, on ne sait.

Mais leur sang répandu sur la terre d'Irak dit notre honte à tous. Comme le récit professionnel, sans haine, de leurs tueurs.


Sources (en anglais)
Récit du Lt. Grider, chef de patrouille US
Photos Avertissement : images rudes

Charles Enderlin : Les erreurs de stratégie d'Israël

Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Tel Aviv, publie dans Libération une tribune analysant la politique israelienne durant la seconde intifada.

Selon lui, les experts militaires et civils qui n'acceptaient pas la ligne de l'état-major ont été marginalisés puis obligés de quitter leurs fonctions, et plusieurs opérations israeliennes d'assassinat visant des personnalités modérées des organisations palestiniennes ont radicalisé le mouvement et affaibli les partisans d'un accord «Paix contre Territoires», à commencer par Yasser Arafat.

Si durant toutes ces années les responsables israeliens ont continué imperturbablement à proclamer que le partenaire pour la paix n'existait pas, la réalité décrite par Enderlin à partir du témoignage d'anciens responsables militaires et du renseignement est sensiblement différente. A la lumière de ces révélations, la logique de guerre qui a prévalu ne relèvait pas du dernier recours d'un peuple menacé, mais plutôt de la poursuite résolue de la politique de la Droite religieuse qui vise par tous les moyens à l'annexion des terres de Cisjordanie et de Jérusalem.

Le jeu de dupes qui se déroule en ce momment à Gaza va bientot connaitre son dénouement, quand les frontières que tracent le mur révèleront que le futur Etat Palestinien, tel que dessiné par le Likoud, n'est formé que d'une série de minuscules enclaves isolées et non viables, ne disposant que de 45% des territoires occupés en 1967, c'est à dire 10% de la Palestine mandataire.

L'aveuglement de la communauté internationale devant le démantèlement de la solution de paix née à Oslo est porteur de graves menaces. Tony Blair l'a rappelé lors de son intervention au G8 après les attentats de Londres. La lutte contre les islamistes extrèmistes passe aussi par l'établissement d'une paix juste au Proche Orient.

La tactique d'annexion rampante du Likoud nous éloigne plus que jamais de cet objectif, et renforce à moyen terme la logique de confrontation avec un Islam radical qui pourra à juste titre prétendre que l'Occident pratique le «deux poids deux mesures» en fermant les yeux sur une politique innacceptable. Ni l'Europe, ni Israel ne pourront sortir vainqueurs de cette épreuve si nous ne retrouvons pas au plus vite le chemin d'Oslo.

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They are Not Afraid

La réaction britannique aux attentats de Londres est remarquable de calme et de retenue. Aucune trace de réthorique guerrière, mais une affirmation forte et simple que l'on pourrait résumer, paraphrasant la devise de la maison de Chalons : «nous maintiendrons».


Pour preuve, le site We’re not afraid [nous n'avons pas peur] qui décline ce message sous toutes ses formes en publiant les photomontages créés sur ce thème par les internautes.

11 juillet 2005

Srebrenica

Extraits des minutes de la commission d'enquête parlementaire française

Mme Mirsada Bosnjakovic : Je vais vous raconter mon histoire. Le 12 juillet à midi, Mladic est venu avec ses Tchetniks tous fortement armés avec des mitraillettes et des sabres. Ces militaires serbes sont rentrés parmi nous, les mères, qui n'étions pas armées. Il y avait un bébé qui pleurait. Le Tchetnik a dit à la mère de faire taire son bébé, mais elle n'a pas réussi. Il a alors attrapé le bébé par le bras, a pris le couteau, l'a égorgé et a jeté la tête d'un côté et le corps de l'autre. Nous sommes toutes restées muettes, impuissantes.


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Démangeaisons

Malgré les consignes fermes de Dominique de Villepin, qui avait dû la semaine dernière museler les parlementaires UMP emmenés par Hervé Novelli à l'assaut nocturne de l'ISF, cet agaçant résidu redistributif, aujourd'hui Thierry Breton revient à la charge dans le Figaro.

Problème, l'héritage socialiste honni porte un nom qui rend périlleuse son attaque. Comment défaire un impôt sur la fortune sans avouer ses sympathies pour celle-ci ?

La cabanne du pêcheur de l'île de Ré

Non, il ne s'agit pas du plus célèbre repenti politique de Charente-Maritime, mais du nouveau héros victimaire dont la Droite avait besoin. Voici enfin un étendard présentable, promis à une célébrité digne du Plombier Polonais : l'humble travailleur de la mer, minuscule propriétaire rattrapé par la bulle immobilière et tombé dans les griffes de Bercy.

Breton, la fibre sociale sans doute toute endolorie, n'a pu se résoudre à rester inerte devant une telle injustice : «il est vrai qu'avec, entre autres, le boum sur les prix de l'immobilier, cet impôt est en réalité devenu, au fil du temps, non plus un impôt sur la fortune (ISF)..., mais tout simplement un impôt de plus sur les économies et le logement de nos concitoyens, qui sont loin d'être tous «fortunés». Pourquoi pas, si c'est ce que l'on souhaite ! Mais alors il faut le dire et ayons le courage de l'appeler «impôt sur les économies et le logement des Français» ! Par ailleurs, s'il s'avère que c'est un impôt désormais coûteux et qui peut être dangereux sur le plan économique»

Au diable la mission d'étude d'une réforme de l'ISF créée la semaine dernière. A moins d'être victime d'une affection de néo-bolchevite maligne, quel avenir peut-on décemment imaginer pour un impôt coûteux et dangereux qui s'en prend au logis et aux économies des honnêtes travailleurs, sinon l'euthanasie compassionnelle ?

Venant une semaine après Laurence Parisot et ses dénonciations du Code du Travail «Kafkaîen» ce nouveau prurit anti Keynesien a le mérite de nous raffraichir la mémoire : si leurs habits new look affichent une modernité décoiffée sinon décoiffante, les patrons français, bien dans la lignée du Baron Ernest, pratiquent toujours la même langue impudente. Et sous l'alibi de la bonne gouvernance pointe un appétit intact.

08 juillet 2005

Jaguars à la Retraite

Le 1er juillet dernier l'Armée de l'Air a retiré du service les derniers Jaguars encore en service.

Avion d'appui au sol, le Jaguar était le résultat d'une coopération franco-britannique décidée en 1965. Mis en service en 1971, 612 appareils de ce type ont été construits en versions d'entrainement ou de combat et livrés aux armées françaises, anglaises, indiennes, ainsi qu'au Sultanat d'Oman et au Nigéria.


Attaque de Ouadi Doum
Rustique, dépourvu d'équipements de vol nocturne ou tous temps, mais relativement performant, le Jaguar sera déployé en Mauritanie contre les troupes du Front Polisario, puis au Tchad en riposte à l'occupation libyenne de la bande d'Aozou. Durant cette période, les jaguars s'illustreront à l'occasion du bombardement de l'aéroport de Ouadi Doum.


Michel Croci
Les opérations au Tchad seront également marquées par la disparition du capitaine Michel Croci abattu en 1984 dans la région de Torodum lors d'un vol de reconnaissance effectué pour l'opération «Manta».




Mais les engagements majeurs auront lieu pendant la guerre du Golfe. Durant ce conflit, lors de la première mission effectuée par douze Jaguars contre l'aéroport «Al Jaber» au Koweit quatre d'entre eux seront sévèrement touchés par les défenses irakiennes. Le capitaine Mahagne échappera de peu à la mort, atteint à la tête par par un éclat de DCA, et le capitaine Hummel, touché par un missile sol-air, un réacteur en feu, devra atterrir en catastrophe sur une base de secours.

A la suite de ce premier raid, la méthode d'approche des objectifs en vol à très basse altitude - jusqu'à 15 m - pour échapper aux radars, sera révisée afin d'éviter de s'exposer aux «tirs de barrages» d'armes légéres et de canons anti-aériens. Cette tactique de riposte du faible au fort, inventée par les Nord Vietnamiens s'est avérée assez efficace. Elle sera réitérée avec succès en 2003 par la Guarde Nationale iraquienne, en riposte à un raid d'hélicoptères Apache destiné à ouvrir la voie aux unités blindées face au «Karbala Gap», et ou les trois quart des aéronefs engagés seront touchés, certains très sévèrement.

Les dernières missions opérationelles du Jaguar ont eu lieu lors des interventions en Bosnie et au Kosovo.

Vulnérabilités


Illustration : Guardian

Les 37 victimes et 700 blessés des attentats de Londres révèlent une fois de plus notre vulnérabilité. Si tout le monde s'accorde à identifier Al Quaïda comme inspiratrice sinon organisatrice des attentats, ne nous laissons pas abuser par l'aura de technicité et de sophistication digne des services secrets que l'organisation de Ben Laden a acquise le 11 septembre 2001.

L'opération londonienne ne demande pas dix-huit mois de préparation comme le prétendent certains experts. Les analyses des traces des explosions nous le diront sans doute rapidement, mais les explosifs C4 ou Semtex couramment utilisés par l'Ira ou de l'Eta ne sont pas nécessaires pour provoquer des dégats considérables.

Les explosifs artisanaux produits à partir d'engrais disponibles dans le commerce sont largements suffisants pour provoquer des détonations meurtrières. Corollaire immédiat, pas besoin de filières aux connexions internationales souvent détectées par les services de renseignement, ni de financements onéreux donc de circulations de fonds toujours difficiles à anonymiser.

Quand aux repérages et préparations, leur seule exigence est d'obtenir une synchronisation de l'ordre du quart d'heure après un trajet urbain d'une heure trente, performance que la plupart des salariés arrivent fort bien à réaliser chaque jour en se rendant à l'heure dite sur leur lieu de travail. Il est d'ailleurs fort possible que l'explosion du bus londonien, atypique et moins «efficace» que celles du métro soit le résultat d'un incident de parcours ayant empéché le porteur de la charge d'arriver à l'heure prévue sur son objectif.

Le choix de cibles souterraines rendant aléatoire l'usage des téléphones portables, un simple réveil électrique constitue un dispositif de mise à feu rustique mais fiable, pour lequel des dizaines de schémas sont disponibles.

En d'autres termes, la compétence et le niveau logistique sont fort loins de la mythique Al Quaïda, de ses centaines de milliers de dollars, de ses cellules dormantes et de ses ramifications du Pakistan au Golfe, du Caucase à l'Europe. Un groupe résolu de cinq personnes comprenant un technicien peut fort bien mettre à feu et à sang une capitale européenne.

Face à des cellules de cette nature, la vanité des rodomontades de l'administration US devient une évidence. Les 150 000 hommes de la coalition ne peuvent rien contre les dizaines de candidats au suicide qui entrainent l'Irak dans une spirale infernale. La «guerre au terrorisme» proclamée par G.Bush est incapable de l'emporter sur le terrain choisi par lui, et à fortiori ne diminue en aucun cas les risques auquels nous sommes exposés, bien au contraire.

En ce momment en Irak des dizaines d'hommes s'entrainent, se forment idéologiquement et s'aguerrissent aux techniques du terrorisme urbain. Le retrait américain, indispensable pour la pacification de l'Irak aura pour conséquence, comme après le retrait Russe de l'Afghanistan, le retour vers leurs pays d'origine de soldats du djihad plus décidés que jamais à en découdre.

04 juillet 2005

Chine - Russie : Entente Cordiale

Le président chinois Hu Jintao a terminé hier une visite de quatre jours en Russie. Le communiqué commun publié à l'issue de cette rencontre insiste sur rôle de l'ONU et du multilatéralisme, préconise une dénucléarisation des deux Corées, et apporte son soutien à l'initiative européenne sur les capacités nucléaires de l'Iran.

Le communiqué indique que «La Chine et la Russie estiment que l'ONU joue un rôle irremplaçable dans la sauvegarde de la paix et de la sécurité mondiale, et que les efforts doivent être déployés pour permettre à l'ONU de jouer un rôle plus important dans le règlement des problèmes internationaux majeurs (...)

Pour éviter la division parmi les membres de l'ONU, la Chine et la Russie s'opposent à l'établissement d'un calendrier pour la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU et à l'organisation d'un vote sur tout projet qui manque de consensus (...)

la Chine et la Russie réitèrent l'engagement des deux pays envers la réalisation d'une Péninsule coréenne dénucléarisée, la recherche d'une solution pacifique au problème de la péninsule par le dialogue et la sauvegarde de la paix et de la stabilité sur la péninsule et dans la région (...)

la Chine et la Russie sont fermement opposées à la prolifération d'armes nucléaires et sont favorables à une solution au plus tôt du problème nucléaire d'Iran par des moyens diplomatiques dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie atomique»

Les relations entre les deux pays se sont considérablement améliorées ces dernières années. En 2001, ils ont signé un Traité de bon voisinage, d'amitié et de coopération qui constitue une base juridique des relations bilatérales.

L'année dernière, leurs échanges commerciaux ont atteint un record de 21,2 milliards de dollars, soit une augmentation de 34,7% par rapport à l'année précédente. Pendant le premier trimestre de 2005, la croissance était de 20,7% en comparaison avec la même période de l'année dernière.

Sources : Agence de Presse Xinhua
Fin de la visite du président chinois Hu Jintao en Russie
Communiqué conjoint de la Chine et de la Russie

Pétrole : L'Europe Absente du Grand Jeu

Lors des débats précédents la guerre d'Irak, l'argument du pétrole était généralement considéré comme trop trivial pour être pris en considération. Pourtant comment croire qu'une administration où le président Bush, le vice président Cheney et la directrice de l'agence de sécurité Rice, on fait carrière dans des entreprises texanes n'ait pas développé une vision géopolitique bâtie sur la sécurisation des ressources énergétiques des USA.

Au coeur de «l'arc d'instabilité» cher aux néo-conservateurs, se trouvent les réserves du Moyen Orient et de l'Asie Centrale. L'aventure Irakienne, la multiplication des bases militaires dans les pays de l'ancienne Union-Soviétique, la sécurisation de l'Afghanistan, tout en trouvant leur motif majeur dans la «guerre au terrorisme» ne peuvent être compris sans cet arrièrre-plan.

La Chine, devenue le deuxième consommateur mondial, développe de son coté une politique d'alliances et de partenariats tous azimuts pour assurer ses sources d'approvisionnement. Dernier évènement, en date l'offre d'achat de la compagnie pétrolière américaine Unocal (Union Oil Company of California) par la CNOOC (China National Offshore Oil Corporation). La compagnie chinoise a surenchéri de 2 milliards de Dollars sur l'offre précédemment effectuée par l'américain Chevron, dont Condoleeza Rice était dirigeante avant de rejoindre l'administration US.

Unocal s'était rendue célèbre en 1997 en annonçant un projet de pipe-line en Afghanistan, reliant au nord, le Tadjikistan riche en gaz, et au sud le Pakistan. A l'époque Unocal ne ménageait pas son soutien aux Talibans en guerre contre l'Alliance du Nord, espérant que la victoire des partisans du mollah Omar apporterait la stabilisation du pays dont elle avait besoin.

Grande absente de ce nouveau «Grand Jeu» l'Europe n'a aucune politique commune pour sécuriser ses approvisionnements ou développer des partenariats. Selon Le Monde, en 2030 elle ne couvrira que 30 % de ses besoins énergétiques, et les recommandations de la Commission portent surtout sur les économies d'énergies ou le développement des énergies renouvelables.

Pourtant les prévisions annonçant le début d'une phase de pénurie née conjointement de la diminution des ressources disponibles et de l'augmentation de la consommation mondiale ne laissent guère de temps pour réagir. Si certains experts prévoyent «l'Oil Peek» (Sommet de la capacité d'extraction avant décroissance) en 2025, d'autres comme Jean Laherrère, fondateur de Association for the Study of Peak Oi le placent en 2015, ou même en 2006 selon Colin Campbell, ancien cadre de BP.

Sur la question cruciale de l'approvisionnement énergétique, les grands ensembles géopolitiques en concurrence sont sur une trajectoire de collision, mais l'Europe, elle, se contente d'attendre l'arme au pied.

Lire : Le Monde, Jean-Michel Bezat.
La guerre mondiale du pétrole
Le pétrole entre choc des prix et spectre de la pénurie

Alliance Base

La CIA et la DGSE ont créé une agence secrète à Paris.

Selon le Whashington Post, les deux services agissent ensemble dans une structure nommée «Alliance Base». Cette collaboration à conduit à l'arrestation le 3 Juin à Paris de Christian Ganczarski, un allemand converti à l'Islam présenté comme l'un des membres européen les plus importants d'Al Quaida. Selon la CIA, une douzaine d'opérations similaires ont eu lieu depuis la création de cette structure en 2002.

Cette cellule rassemblerait également des agents Britanniques, Allemands, Canadiens, Australiens, et serait la seule organisation multinationale de contre espionnage qui outre le partage d'information, organise des opérations en commun.

Bien loin de la réthorique anti-française si prisée par les néo-conservateurs de l'équipe Bush, la coopération franco-américaine est considérée comme «l'une des meilleures au monde» par John E. McLaughlin qui fut directeur des opérations de la CIA pendant 32 ans.

Cette collaboration étroite aurait été réaffirmée et amplifiée dès le lendemain du 11 septembre par une note de Jacques Chirac demandant aux agents français de partager leurs informations avec les agences des USA «comme si il s'agissait de vos propres services»

Parmi les exemples des soutiens fournis par la France, le Washington Post cite l'opération menée contre Abu Ali al-Harithi, le responsable de l'attaque contre le destroyer USS Cole au Yemen. Le drone armé Prédator utilisé pour «l'éliminer» avait décollé d'une base française de Djibouti.

Au plus fort du différent franco-américain au sujet de l'Irak, Rumsfeld n'avait de cesse de préconiser des mesures vexatoires pour punir la France. Mais le Département d'Etat et les agences de renseignement n'ont jamais partagé les vues du Pentagone. Colin Powell avait alors rédigé une note indiquant que «punir la France n'est pas une politique américaine» et Lawrence B. Wilkerson, ancien chef de cabinet de Powell n'hésite pas à qualifier ces attaques de «totalement irrationnelles, voire stupides»



Washington Post Paris's 'Alliance Base' Targets Terrorists
Le Monde La CIA et la DGSE auraient établi une structure secrète antiterroriste

01 juillet 2005

MIA

Missing In Action. Le Chinook MH-47 des Forces Speciales US, abattu près d'Asadabad en Afghanistan, transportait des Navy Seals venus porter secours à une patrouille de reconnaissance prise sous le feu des Talibans. Les 16 militaires à bord ont péri lors du crash du Chinook, vraisemblablement atteint par un tir de RPG. A ce jour le commandement US n'a aucune information sur le sort des troupes au sol ni de leurs guides Afghans , mais ne confirme pas la revendication d'Abdul Latif Hakimi porte parole des Talibans qui affirme que «sept espions» ont été abattus . Avant cette dernière perte, la plus lourde enregistrée jusqu'alors, le décompte des victimes US en Afghanistan établi par le Pentagone faisait état de 149 morts, dont 77 tués en opérations.

30 juin 2005

Appel Contre le Brevet Logiciel


Logo Linux
Appel aux députés européens pour sauver l'Europe de la menace des brevets logiciels



Paris, le 28 juin 2005. Communiqué de presse.

Les associations ADULLACT, AFUL, APRIL et FSF France appellent solennellement les députés européens à voter contre les brevets logiciels lors de la séance du 6 juillet prochain.

Machine de guerre contre le logiciel libre, les brevets logiciels mettront en péril l'indépendance technologique de l'Europe et la construction de l'administration électronique; ils empêcheront l'Europe de participer à la réduction de la fracture numérique.


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27 juin 2005

Elysée... Nous avons un problème

Laurent Mauduit publie dans Le Monde un constat sans appel sur l'état de la Nation.
Les chiffres de la note de conjoncture de l'Insee sont là, impitoyables.

Croissance : 1.5%.
Commerce Extèrieur : entre 2001 et 2004, la part de marché de la France dans le commerce mondial est tombée de 8 % à 7,3 %.
Emploi : baisse de ­ 34 000 en 2004, après ­ 25 000 en 2003.
Chômage : 9 % en 2002, 9,7 % en 2003 et 10 % en 2004. Fin 2005, il pourrait encore atteindre 9,8 %.
Impots : prélèvements obligatoires de 43,4 % du produit intérieur brut (PIB), soit une hausse de 0,3 point.
Dette : de 58 % du PIB en 2002, 62,8 % fin 2003, puis 64,7 % en 2004
Sécurité Sociale : 11,6 milliards d'euros de déficit fin 2005.

Il n'y a pas une statistique pour rattraper l'autre, conclut Mauduit.
Mais, poursuit-il, «malgré l'étroitesse des marge de manoeuvre et les aléas de la conjoncture, un gouvernement peut toujours, quand il fait preuve de ténacité, revendiquer au moins un succès économique».
Et de citer les prédécesseurs :

Bérégovoy : le commerce extérieur avait enregistré un spectaculaire redressement.
Balladur : la politique économique, qu'on y adhère ou non, était lisible et a produit les effets escomptés.
Jospin : les statisticiens s'accordent à penser que sur la période 1998-2002, les 35 Heures ont contribué à créer quelque 350 000 emplois.

Où a été la ténacité ? conclut-il. «Un jour, la priorité affichée a été celle de la baisse des impôts ; puis il n'en a plus été question. Le lendemain, c'est la libéralisation de l'économie qui est devenue l'urgence ; avant que ce ne soit la réduction de la fracture sociale. Bref, d'une volte-face à l'autre, la France a connu une politique économique schizophrénique, et l'Insee en apporte aujourd'hui la mesure»

Elysée... Y'a du boulot.

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Irak : La Guerre Secrète

Le 20 Mars 2003 à 19h 05, un déluge de feu s'abat sur Baghdad, marquant l'entrée en guerre des Etats-Unis et de leur alliés contre l'Irak.

Quelques heures plus tard, le président G.W. Bush s'adresse à ses concitoyens et leur annonce que les Etat-Unis vont désarmer l'Irak, et débarasser le monde d'une grave menace.

L'intervention des coalisés se voit ainsi implicitement justifiée dans l'insuffisance des efforts de l'Irak pour se conformer à la résolution 1441 de l'ONU du 8 novembre 2002, imposant la reprise des inspections des Nations Unies destinées à contrôler le désarmement du pays.

Ce jour semble marquer l'échec final de l'intense jeu diplomatique à l'oeuvre depuis plusieurs mois pour tenter de sauver la paix et convaincre les Etats-Unis d'agir de concert avec l'ONU. Mais sur le terrain, loin des couloirs des chancelleries, depuis mai 2002 les Etats Unis et la Grande Bretagne étaient déjà en guerre.
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