A

LA

UNE
Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
documents ou points de vue sur l'ensemble de l'actualité, nationale et internationale, dans une perspective humaniste, progressiste et anti libérale.

Nb : Les liens concernant la campagne du referendum sont stockés dans une page d'archive accessible depuis le Menu
 

24 mai 2004

Jospin dans le Texte

Lionel Jospin s'est exprimé hier soir sur TF1.

Voici une transcription sommaire de son entretien avec PPDA, agrémentée de commentaires d'Hymne à la Joie, et pour ceux qui ont raté le rendez-vous la vidéo de l'émission.


Q: Comprenez vous cette défiance des électeurs, vous parait-elle destinée au gouvernement ou à l'Europe ?


Seuls les partisans du Oui disent que le Non est destiné au gouvernement.
Le Non s'occupe du traité, pas de raffarin qui de toute façon est carbonisé.

Il y a deux grands arguments du non, il y a un Non qui dit vous devez protester, sanctionner le pouvoir en France, et puis il y a une façon d'exprimer la défiance, la déception à l'égard de l'Europe.

Q: Le premier Non, vous devez le comprendre, j'imagine ?


La volonté de protester elle est justifiée. Faut bien dire que gagner un referendum avec un pouvoir aussi impopulaire, n'est pas facile

Jospin ne défend plus le traité. Il dit choisir le oui par peur de l'affaiblissement de la France si elle osait se battre.

Il serait assez commode pour moi d'épouser le sens du non, mais comme je pense que cela ne changera rien en France, et nous affaiblira en Europe, il est de ma responsabilité, comme les autres socialistes de soutenir le Oui.

Q: Cela vous parait légitime que rien ne change en France que le président reste, ne change pas de gouvernement en cas de victoire du Non ?


Je ne sais si c'est légitime mais on nous l'a déjà annoncé. Et si le gouvernement changeait, sa politique ne changerait pas.

Le vote Non ne prétend pas être une solution.
Il dit une chose très simple : ce traité ne nous convient pas.
La solution sera débattue ensuite. Ce sera le travail des politiques de revoir leur copie et de proposer quelque chose d'acceptable


La question qu'il faut se poser c'est plutot d'examiner le deuxième argument et de voir si le Non est une solution pour l'Europe et la France dans l'Europe.
J'ai fait l'exercice d'écouter ce que disent les leaders du non.

Le pen a dit si le non l'emporte, la France doit sortir de l'Union.
Besancenot a dit Il faut réunir les Etats Generaux du mouvement social.
Donc les gouvernements ne sont plus la et il n'y a pas là non plus de renégociation.
MG. Buffet a dit : Obtenir un autre traité, grace à la mobilisation des forces progressistes en europe. Mais la quasi totalité des forces progressistes en europe - y compris les syndicats - sont pour le Oui
Fabius a dit : Le traité est totalement innacceptable, mais si on change 3 choses tout va bien.

C'est bien le rôle institutionnel du président de la république que de tirer les conclusions de la consultation et de mener les actions rendues nécessaires par la nouvelle situation


De villiers a dit quelque chose d'un peu étrange : Jacques chirac sera le mandataire du Non

C'est à dire que celui qu'on nous a présenté comme le chef de file du Oui deviendrait le mandataire du Non. C'est un peu difficile à comprendre.

Jospin parle du referendum comme si il s'agissait d'un programme de gouvernement. Le Non n'est pas destiné à produire une coalition, Il affirme simplement qu'une majorité de français de tous bords n'approuvent pas ce texte. C'est donc une réalité nationale, pas un choix partisan

Q: C'est une coalition hétéroclite ?

Qu'est ce qu'on va en faire, si les français s'exprimaient dans ce sens ? les mélanger dans un Shaker, et l'agiter ? et demander au Président de la République - que l'on veut par ailleurs sanctionner - de présenter ce shaker du Non à nos partenaires européens sidérés ?
Une telle attitude va isoler la France et nous laisser incompris par les autres européens.

Q: Mais nous ne serions peut-être pas les seuls à voter Non, il y aura peut-être d'autres pays qui derrière nous voteraient non ?


Jospin vend la mêche : effectivement si nous ouvrons la voie, d'autres pays oseront dire Non et renforceront notre position


Onze pays déjà se sont exprimés et ont voté Oui. Il est clair que selon le vote des français, l'orientation sera différente. Selon que nous votions oui ou non, d'autres pays tentés par le Non réagirons de façon différente.

Je veux une démarche positive, qui ne soit pas une démarche de résignation mais qui permette des actions et des combats.

En somme il faut partir de l'Europe telle qu'elle est, c'est une magifique aventure historique, mais une réalit actuelle décevante.

Q: Même si le traité est imparfait, on peut le modifier ?

Le traité fait des pas en avant, mais il faut puisqu'on nous parle d'une Europe sociale ou d'une europe libérale, moi je pense qu'en réalité l'Europe est mixte.

Il faut donc faire évoluer dans le bon sens, dans le sens social, cette Europe.
Sur ce point le traité est neutre, c'est un cadre, mais il fait plutot des pas en avant vers le social.

Cet argument a déjà beaucoup servi. Jacques Delors promettait en 1992 que le prochain grand chantier après Maastricht serait le social. Mais bizarrement la contradiction de sa proposition ne lui apparait pas. Il parle de nos alliés prêts à une démarche sociale et prétend en même temps que nous serions isolés par un Non destiné à défendre l'Europe sociale


La démarche que je préconise, que je propose au français, c'est d'abord de voter le traité pour que l'Europe ne soit pas affaiblie et que la France ne soit pas isolée,
et ensuite de se concentrer sur l'essentiel, c'est à dire de faire confiance à la France et ses alliés pour peser de tout son poids pour faire bouger les politiques européennes.

Il faut parler croissance, emploi, mener une grande politique de recherche européenne, il faut défendre nos intérèts commerciaux, il faut jouer un rôle dans la mondialisation, pour la réguler mieux.

Q: Pourquoi la constitution n'en parle pas ?


Elle l'évoque, on a dit qu'elle parlait de tout donc elle parle aussi de cela, mais c'est sur ces politiques concrètes qu'il faut se battre.
Si on a une majorité antilibérale en France à partir de 2007, cela sera plus facile

Je propose de ne pas se crisper sur le non, mais de se battre sur le oui, avec le oui, après le oui.


La gauche au pouvoir de 1997 à 2002 n'a pas mis en cause les orientations libérales de l'Europe.
Alors pourquoi attendre deux ans de plus la réalisation d'une promesse, alors que c'est aujourd'hui que la France s'exprime d'une voix forte ?

Je voudrais qu'on se concentre sur les contenus de l'UE c'est une perspective beaucoup plus positive pour l'ensemble des salariés en France, que de se fixer sur un débat nominaliste, de s'orienter vers les grandes questions européennes pour les faire bouger, changer.







Ca c'est un combat véritable, c'est un combat magnifique, alors menons le.