A

LA

UNE
Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
documents ou points de vue sur l'ensemble de l'actualité, nationale et internationale, dans une perspective humaniste, progressiste et anti libérale.

Nb : Les liens concernant la campagne du referendum sont stockés dans une page d'archive accessible depuis le Menu
 

16 mai 2004

J'sais pas quoi faire, Qu'est ce que j'peux faire ?

Cette petite comptine du Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard, tournicote dans la tête de beaucoup d'entre nous. Chacun ressent l'importance de l'enjeu et s'inquiète des conséquences que pourraient entraîner son choix.

C'est d'ailleurs l'indication que nous sommes en train de prendre une décision hautement Politique. Il faut peut-être remonter à Maastricht voire même à 1981 pour retrouver un débat public aussi intense et argumenté.

Hymne à la Joie tente d'apporter sa contribution au débat, en proposant quelques réponses.



Pourquoi voter Non ?
Nous allons tourner le dos à cinquante ans de construction Européenne
Je ne veux pas voter comme Le Pen
Le Non est hétéroclite, et si il l'emporte aucun la France n'aura aucune base solide de renégociation
Il y a quand même quelques progrès, c'est toujours bon à prendre, et les autres améliorations viendront plus tard
Mieux vaut accepter le traité que d'en rester à l'impuissance avec Nice



» Pourquoi voter Non ?


Voter Non, pour défendre une Europe démocratique, solidaire et forte.

Pour une Europe démocratique, nécessitant plus que jamais une vraie constitution, définissant clairement ce qui relève d'une part de la Loi Fondamentale, des Institutions, et de leur fonctionnement, et d'autre part ce qui est du ressort de politiques gouvernementales, dépendant du résultat des urnes.

La confusion entretenue par ce traité, confirmant le mode de fonctionnement actuel, où les mêmes organes de pouvoir peuvent décider tantôt du prix d'un billet de train, tantôt d'accueillir 80 millions de nouveaux européens, mais sont par ailleurs incapables de décider d'un taux de change ou d'une barrière douanière, ne peut conduire qu'à l'amplification du désintérêt voire du rejet manifesté par nos concitoyens devant une institution vécue comme incontrôlable, et se souciant de tout sauf de leur bien-être quotidien.

Pour une Europe solidaire, qui doit cesser de maltraiter ses peuples au nom de l'intérêt supérieur du commerce international et de la finance. La montée des extrêmes, sensible sur tout le continent traduit le sentiment d'abandon que vivent nombre de nos concitoyens d'Europe et de France, soumis depuis vingt ans à un régime de guerre économique perpétuelle où la notion de coopération a laissé la place à la concurrence acharnée du tous contre tous.

Guerre au nom de laquelle on exige sans cesse plus de sacrifices au nom de la compétitivité, on impose toujours plus de renoncement aux droits que nos parents ont conquis, avec comme seul horizon le toujours plus de précarité pour le plus grand nombre. Comme le dit J.P. Fitoussi : cette stratégie de moins-disant amoindrit notre capacité à fournir les biens publics essentiels : santé, éducation, recherche, infrastructures, cohésion nationale. C'est une stratégie perdante qui réduit le potentiel de croissance des nations.

Pour une Europe forte, cessant d'être le laboratoire des docteurs folamours du laisser-faire. L'abandon des prérogatives du politique sur l'économie fait de nous le seul acteur mondial qui se prive de façon unilatérale et bientôt constitutionnalisée de l'usage des instruments traditionnels de gestion macro-économique : absence de politique de soutien à la croissance de la BCE , gestion des taux directeurs uniquement préoccupée d'inflation, barrières douanières promises à la disparition, tous ces choix affaiblissent l'Europe au nom d'un dogme que les Etats-Unis eux-mêmes ne s'appliquent pas.

C'est maintenant qu'il faut rétablir le cap, corriger les travers de Maastricht et non les amplifier, restaurer le bon compromis entre performance et cohésion sociale, dessiner des institutions vraiment démocratiques, indépendantes des politiques menées.

C'est maintenant qu'il faut dire Non, pour affirmer notre attachement à l'Europe, pour ne pas abandonner 50 ans de construction de la maison commune, au nom d'une idéologie dont la seule et unique valeur se résume en un mot : profit.

Sommaire


» Nous allons tourner le dos à cinquante ans de construction Européenne

Ce n'est pas la construction Européenne que nous mettons en cause, mais l'orientation actuelle définie à Maastricht et amplifiée par ce traité. Faire valoir son avis sur la prochaine étape que l'on nous propose participe de l'exercice normal de la démocratie. L'Europe fonctionne sur le mécanisme de «cliquet» qui à chaque étape nouvelle conserve les acquis communs. En affirmant notre volonté d'agir sur la prochaine étape, nous ne remettons pas en cause ce patrimoine.

Sommaire


» Je ne veux pas voter comme Le Pen

Le vote référendaire n'est pas une affaire de parti ou d'alliance. Chaque citoyen répond en son âme et conscience à la question posée. Et si Jean Marie, Pierre Paul ou Jacques font le même choix, grand bien leur fasse ! En aucun cas cela ne peut modifier la portée ou la signification de la décision prise. Nous sommes dans la situtation de Jurés qui ne doivent pas remettre en cause leur choix sous prétexte qu'il peut être partagé par quelqu'un de peu fréquentable.

Sommaire


» Le Non est hétéroclite, et si il l'emporte la France n'aura aucune base solide de renégociation

Si les arguments du Non peuvent être différemment dosés en fonction des familles politiques, ne nous y trompons pas, les observateurs étrangers perçoivent fort bien les motifs profonds du vote français, pour l'excellente raison qu'ils les partagent peu ou prou, même si l'habituelle culture du compromis les a fait passer au second plan.

L'Europe est une machine bureaucratique éloignée des préoccupations concrètes de ses citoyens et dont les responsabilités ne sont jamais endossées par quiconque. Le partage du pouvoir entre Commission et Conseil sert trop souvent d'alibi pour des gouvernements prompts à jouer cette mauvaise farce où l'on pousse des haut-cris, prétendant découvrir tout à trac un rejeton monstrueux, une nouvelle «Bolkesteinerie» concoctée par la Commission.

L'Europe est plus occupée à oeuvrer pour interdire et déréguler qu'à promouvoir le bien-être de ses peuples, plus empressée d'anticiper les abandons de souveraineté de futures négociations de l'OMC qu'à renforcer sa cohésion et la défense de ses intérêts sur la scène mondiale. Cette construction européenne déséquilibrée, obsédée de marché, mais faisant l'économie d'un nécessaire projet commun défini en termes d'objectifs compréhensibles et mobilisateurs - comme l'Euro a pu l'être en son temps - doit se réformer .

La feuille de route est donc écrite, et quels que soient les cris d'orfraies sur l'absence de plan B, tout le monde la connait :

Une véritable constitution démocratique définissant les compétences et leurs limites, identifiant les responsabilités et les sanctions, clairement distincte des objectifs à court terme qui n'ont pas leur place dans la Loi Fondamentale.

L'abandon du dogme libre-échangiste, dont nous sommes les plus zélés pratiquants, au détriment de nos intérêts industriels bien compris.

La définition d'objectifs dans le domaine social, preuve tangible pour nous tous que l'Europe est autre chose qu'un club économique ayant pour unique boussole l'Euronext.

Sommaire


» Il y a quand même quelques progrès, c'est toujours bon à prendre, et les autres améliorations viendront plus tard

Le risque d'immobilisme dont certains agitent la menace est beaucoup plus grand en cas de ratification que de refus.

Si nous laissons passer l'occasion de faire entendre notre voix, la fenêtre de réforme sera refermée pour longtemps avant que les Etats ne lancent à nouveau un chantier institutionnel.

L'enjeu de ce traité, c'est la définition - pour vingt ans disait Giscard - d'une Europe qui a atteint la masse critique, où l'âge de la majorité pourrait-on dire. La forme et l'équilibre que nous donnerons aux nouvelles institutions rendues indispensables par l'élargissement, ne seront pas remis en cause de sitôt.

Sommaire


» Mieux vaut accepter le traité que d'en rester à l'impuissance avec Nice



Nice, le traité maudit, chargé de tous les péchés de l'Europe, a pourtant étendu la règle de la décision majoritaire à 27 domaines requérant précédemment l'unanimité.
La nouvelle pondération des majorités qualifiées décrite par le TCE, n'interviendra qu'en 2009, et la modification du nombre de commissaires sera effective en 2014, si tout va bien.

L'impotence dont on accuse Nice aujourd'hui, n'a pas été jugée si sévèrement par les conventionnels puisqu'ils ont prévu cette période de transition, dont la durée est largement suffisante pour rouvrir les dossiers.

Sommaire