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Hymne à la Joie élargit son champ d'action
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18 mai 2004

Pourquoi je vote Non

» Pourquoi je vote Non

Voter Non, pour défendre une Europe démocratique, solidaire et forte.

Pour une Europe démocratique, nécessitant plus que jamais une vraie constitution, définissant clairement ce qui relève d'une part de la Loi Fondamentale, des Institutions, et de leur fonctionnement, et d'autre part ce qui est du ressort de politiques gouvernementales, dépendant du résultat des urnes.

La confusion entretenue par ce traité, confirmant le mode de fonctionnement actuel, où les mêmes organes de pouvoir peuvent décider tantôt du prix d'un billet de train, tantôt d'accueillir 80 millions de nouveaux européens, mais sont par ailleurs incapables de décider d'un taux de change ou d'une barrière douanière, ne peut conduire qu'à l'amplification du désintérêt voire du rejet manifesté par nos concitoyens devant une institution vécue comme incontrôlable, et se souciant de tout sauf de leur bien-être quotidien.

Pour une Europe solidaire, qui doit cesser de maltraiter ses peuples au nom de l'intérêt supérieur du commerce international et de la finance. La montée des extrêmes, sensible sur tout le continent traduit le sentiment d'abandon que vivent nombre de nos concitoyens d'Europe et de France, soumis depuis vingt ans à un régime de guerre économique perpétuelle où la notion de coopération a laissé la place à la concurrence acharnée du tous contre tous.

Guerre au nom de laquelle on exige sans cesse plus de sacrifices au nom de la compétitivité, on impose toujours plus de renoncement aux droits que nos parents ont conquis, avec comme seul horizon le toujours plus de précarité pour le plus grand nombre. Comme le dit J.P. Fitoussi : cette stratégie de moins-disant amoindrit notre capacité à fournir les biens publics essentiels : santé, éducation, recherche, infrastructures, cohésion nationale. C'est une stratégie perdante qui réduit le potentiel de croissance des nations.

Pour une Europe forte, cessant d'être le laboratoire des docteurs folamours du laisser-faire. L'abandon des prérogatives du politique sur l'économie fait de nous le seul acteur mondial qui se prive de façon unilatérale et bientôt constitutionnalisée de l'usage des instruments traditionnels de gestion macro-économique : absence de politique de soutien à la croissance de la BCE , gestion des taux directeurs uniquement préoccupée d'inflation, barrières douanières promises à la disparition, tous ces choix affaiblissent l'Europe au nom d'un dogme que les Etats-Unis eux-mêmes ne s'appliquent pas.

C'est maintenant qu'il faut rétablir le cap, corriger les travers de Maastricht et non les amplifier, restaurer le bon compromis entre performance et cohésion sociale, dessiner des institutions vraiment démocratiques, indépendantes des politiques menées.

C'est maintenant qu'il faut dire Non, pour affirmer notre attachement à l'Europe, pour ne pas abandonner 50 ans de construction de la maison commune, au nom d'une idéologie dont la seule et unique valeur se résume en un mot : profit.