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LA

UNE
Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
documents ou points de vue sur l'ensemble de l'actualité, nationale et internationale, dans une perspective humaniste, progressiste et anti libérale.

Nb : Les liens concernant la campagne du referendum sont stockés dans une page d'archive accessible depuis le Menu
 

29 avril 2005

Deux députés donnent leur avis sur les coopérations renforcées - Jérôme Rivière (UMP) Jean-Christophe Lagarde (UDF)

Les deux députés, partisans du Non, livrent leur réflexion sur leur blog commun :

"Les coopérations renforcées entre pays souhaitant une intégration plus poussée dans certains domaines nécessitent selon le projet de traité constitutionnel "qu'au moins un tiers des États membres y participent", c'est-à-dire 9 États membres actuellement ; les 6 pays fondateurs de l'Union n'y suffiraient pas. De très nombreux domaines en sont exclus et notamment ceux de compétence exclusive de l'Union, ce qui écarte par exemple toutes les questions ayant une incidence sur la libre concurrence ou la politique monétaire.
Ainsi, un groupe de pays ne pourra instaurer aucune réglementation ou taxe à finalité écologique, au sein de l'Union
"

"La possibilité de lancer des «coopérations renforcées» est un enjeu décisif. Dans l'Europe élargie, un bon moyen de progresser serait de constituer une avant-garde, un premier cercle, de pays disposés à aller plus loin ensemble. En effet, dans une Europe à 25, une avant-garde de pays devrait mettre en oeuvre la coordination économique, la convergence sociale et l'harmonisation fiscale"

"la première phrase du traité de Rome de 1957 où « les Six » se disaient "déterminés à établir les fondements d'une Union sans cesse plus étroite entre les peuples européens" a été supprimée…Mauvais présage pour les européens convaincus"

Lire l'article

Pascal Lusseau : une Analyse de la Charte.

Pascal Lusseau, chercheur à l’Institut d’études européennes rattaché à l’université Paris-8, analyse le contenu de la charte des droits fondamentaux, et la compare aux autres textes de même nature.

Pascal Lusseau : "Un droit doit être justiciable. Un tribunal peut donc être en mesure de rendre une sanction si ce droit n’est pas respecté. Ce ne pourra pas être le cas de la protection et de l’aide sociale ni de la santé, assimilées à des « principes » sans caractère contraignant. Même chose pour l’interdiction du travail des enfants avant l’âge de fin de scolarité (art. II-92). La charte ne fixe pas cet âge, ce qui marque un recul par rapport aux chartes sociales du Conseil de l’Europe et à la DUDH de 1948. Initialement inscrit dans les textes préparatoires d’avant 2000, et fixé à quinze ans, cet âge minimal à disparu du texte final."

Lire l'entretien publié par l'Humanité

Guy Braibant rédacteur de la Charte, hésite à voter oui

Lors d'une interview à la Croix (14 avril) Guy Braibant, l'un des rédacteurs de la Charte des droits fondamentaux, reprise dans le TCE, déclarait : «Ce n’est pas la Charte initiale qui est incluse dans la Constitution (…). Des termes (…) ont été modifiés, en sorte que la portée des droits sociaux qu’elle contenait a été atténuée, assure cet ex-président de la section des Etudes au Conseil d’Etat. Nous avions fait de ces droits (droit à la santé, au logement, au travail, etc.) des obligations s’imposant aux Etats; dans la nouvelle rédaction, ce ne sont plus que des possibilités

Il revient aujourd'hui dans l'Humanité sur ses hésitations devant la nouvelle rédaction de la Charte incluse dans le traité, qui diffère de la version actée dans le traité de Nice.

"Quand on nous dit que l’on a intégré la charte telle quelle dans le projet de constitution, cela est vrai et faux à la fois. Les dispositions de fond n’ont pas changé, comme sur le droit de grève, le droit syndical ou encore la peine de mort. Mais les conditions d’application du texte ont été modifiées"

"On nous sert aujourd’hui un texte beaucoup plus compliqué. Sur le contenu de la charte ; ensuite, on a atténué ou fragilisé les droits fondamentaux à travers de petites formules ou astuces à droite et à gauche, qui font perdre de la valeur à ces droits"

"J'ai des réticences sur [la partie III du traité]. Je pense que cette partie est une erreur juridique et politique. Juridique, parce qu’on ne met pas dans une constitution des proclamations de politiques, libérales ou socialistes. Comme le disait François Hollande récemment, on a pratiqué des nationalisations et des privatisations avec la même constitution. Avec cette partie III, c’est comme si on avait inscrit dans la Constitution française que l’on allait privatiser ou nationaliser : ce n’est pas du domaine de la loi fondamentale, mais de celui du débat politique quotidien"


lire l'entretien et le commentaire de l'Humanité

28 avril 2005

La BCE Contestée par l'Allemangne et l'Italie

L'un des arguments les plus forts pour refuser le traité tient dans la vision strictement monétariste qui préside à la définition des missions de la Banque Centrale Européenne, et à l'absence de contrôle du Politique sur son action.

Article III-177
«L’Union définit et conduit une politique monétaire et une politique de change
uniques dont l’objectif principal est la stabilité des prix».
Article III-185
«L’objectif principal du système européen de banques centrales est de maintenir la
stabilité des prix.» Un éventuel «soutien aux politiques économiques générales» ne peut
être apporté « sans préjudice de cet objectif.»
Article III- 188
«Ni la banque centrale européenne, ni une banque centrale nationale ne peuvent
solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de
l’Union, des gouvernements des Etats membres ou de tout autre organisme.»

Cette logique de séparation du pouvoir politique et de visées uniquement anti inflationiste, est bien loin de ce qui se pratique aux Etats Unis, ou Greenspan, le président de la FED mène des politiques contracycliques permettant de soutenir la croissance et la consommation. Pendant ce temps, l'Europe se contente de regarder filer le Dollar sans réaction, et s'enferme dans une croissance molle.

Pourtant sur ce terrain, les partisans du non viennent de trouver, selon le Figaro d'aujourd'hui, un renfort innatendu :
L'Allemagne et l'Italie, la première et la troisième économie de la zone euro, ont critiqué jeudi la politique de la BCE, accusée de maintenir des taux d'intérêt trop élevés face à la faiblesse de la croissance européenne ou à l'euro fort.
...
Berlusconi a exhorté la Banque centrale européenne à "changer sa politique destructrice pour la compétitivité de toutes les entreprises européennes", du fait du niveau élevé de l'euro face au dollar.
....
le ministre allemand de l'Economie et de l'Emploi Wolfgang Clement a également implicitement appelé de ses voeux jeudi une politique monétaire plus souple pour son pays
...
Evoquant mercredi à Francfort les critiques ou conseils adressés par les gouvernements à la BCE, lorsqu'il était en poste, son ancien président, le Néerlandais Wim Duisenberg, a été clair: "Nous les avons entendus mais pas écoutés".


Lire l'Article du Figaro

Le niveau de vie des ménages de salariés s'est effondré depuis 20 ans

Le niveau de vie des ménages qui ont leur salaire pour seul revenu s'est effondré depuis 20 ans, affirme jeudi une étude du CERC.

le salaire net moyen a donc connu une perte de pouvoir d'achat comprise entre 4 et 8% depuis 1978, estime le CERC

le niveau de vie des ménages n'ayant que leur salaire comme revenu a "fortement chuté" depuis 1982. Très rapide dans la première moitié des années 1990, cette chute a marqué une pause à partir de 1997, avant de reprendre en 2002 et 2003.

Yahoo! Actualités

R. M. Jennar : L'Europe, trahison des élites

L'Europe, trahison des élites - Fayard, 282 pages, 19 € . 2004

" L'Europe ne dit pas ce qu'elle fait ; elle ne fait pas ce qu'elle dit. Elle dit ce qu'elle ne fait pas ; elle fait ce qu'elle ne dit pas. Cette Europe qu'on nous construit, c'est une Europe en trompe l'œil. " Voilà ce que pensait Pierre Bourdieu. Sa réflexion est le point de départ de ce livre. Aujourd'hui, l'Europe n'est pas une communauté de valeurs, mais une communauté d'intérêts où l'individualisme l'emporte chaque jour davantage sur le bien commun, à l'image d'une société américaine souvent décriée, mais de plus en plus imitée.

A l'aide de multiples cas concrets, Raoul Marc Jennar met en évidence cette " trahison " et montre comment l'Union européenne agit à l'opposé de ce qu'elle proclame. Ses institutions ne sont pas démocratiques et transparentes, mais technocratiques et opaques. Ses politiques ne servent pas l'intérêt général, mais celui des milieux financiers et des lobbies d'affaires. Au sein de l'Organisation mondiale du commerce, elle défend parfois les propositions ultralibérales avec plus de force que les Etats-Unis. Enfin, sous couvert de " partenariats " avec les pays du Sud, elle se livre en fait à une véritable recolonisation de leurs économies.

Raoul Marc Jennar est docteur en science politique, diplômé des universités belge et française.Entre 1968 et 1999, successivement, professeur de français, journaliste, conseiller du gouvernement belge, conseiller du Parlement belge, conseiller diplomatique du Forum international des ONG au Cambodge, consultant auprès de l’Autorité Provisoire des Nations Unies au Cambodge, responsable du programme de l’UNESCO " culture de la paix au Cambodge ", consultant auprès de l’Union européenne pour les questions politiques cambodgiennes.

Depuis 1999, chercheur auprès d’Oxfam (ONG belge) sur les dossiers relatifs à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et conseiller d’Oxfam international pour les matières liées à l’investissement ; animateur de l’Unité de Recherche, de Formation et d’Information sur la Globalisation (URFIG), créée en 2000, à l’initiative de Pierre Bourdieu (Unité de recherche, de formation et d'information sur la globalisation).Auteur d’une dizaine d’ouvrages consacrés à des questions de science politique, au Cambodge et à l’ONU. Collaborateur occasionnel du Monde diplomatique, de Politique Internationale et de L’Ecologiste.

Notes de lecture sur l'ouvrage :

Henri Houben - IndyMedia Belgique
En ce qui concerne les relations avec le tiers-monde, notamment à l’OMC, Raoul Jennar constate que l’Union européenne est souvent l’acteur le plus agressif. Se cachant derrière un discours enjoliveur sur le partenariat de l’Union, le commissaire chargé du Commerce mène des discussions souvent musclées pour ouvrir les marchés aux capitaux et aux marchandises des grandes entreprises européennes. Ce qui est généralement peu connu (et qui devrait se faire savoir).
Raoul Jennar prend plusieurs exemples. Ainsi, il relate les matières pour lesquelles, dans le cadre de l’AGCS, l’Union demande aux pays du tiers-monde d’ouvrir leur marché. L’accord sur les services prévoit, en effet, une négociation bilatérale entre Etats où chacun de ceux-ci font des requêtes auprès des autres pour qu’ils libéralisent leur législation. Dans ce cadre, la Commission a établi une longue liste dont voici quelques exemples : demande de supprimer le monopole public de l’eau pour le Botswana, l’Egypte, le Honduras et la Tunisie ; lever la restriction sur les investissements étrangers à Cuba et en Indonésie, sur les participations étrangères dans les télécommunications au Kenya et dans les assurances en Malaisie ; interdiction au Cameroun d’obliger à créer de l’emploi pour tout investissement de plus de 10.000 euros ; etc. (3). De cette façon, l’Union a précisé ces requêtes pour 91 des 94 pays du tiers-monde inscrits à l’OMC en ce qui concerne la libéralisation des télécommunications, pour 23 en ce qui concerne la poste, etc. Malgré la volonté affichée de ne pas effectuer plus de quatre demandes aux PMA (les pays les moins avancés), l’Union en a adressé, à elle seule, 7 à la Tanzanie et à l’Angola, 6 au Bangladesh, à Madagascar et au Mozambique, 5 à la Birmanie, à l’Ouganda, au Congo et au Sénégal...


Europe feu la démocratie par Mona Cholet
En 1999, alors qu'il rentre d'un long séjour en Asie, Raoul Marc Jennar accepte de surveiller, pour le compte de l'organisation non-gouvernementale belge Oxfam, les négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui vont s'ouvrir à Seattle : « Une des premières choses qui me frappent, raconte-t-il, c'est le rôle que joue l'Union européenne dans cette affaire. Jusqu'alors, je l'avoue très honnêtement, je gobais assez volontiers le discours d'une Europe modèle alternatif aux Etats-Unis et rempart contre la déferlante néolibérale. Je me mets au travail au moment même où le Conseil des ministres de l'Union confère son mandat pour Seattle à Pascal Lamy, le commissaire européen chargé des négociations à l'OMC. Ayant à peine commencé à mettre le nez dans les documents préparatoires, je me rends compte, à ma grande surprise, que ce mandat ne va pas dans le sens d'une Europe qui régulerait la mondialisation libérale, qui l'encadrerait ou la limiterait, mais que, au contraire, il pousse à son extension, à la propagation de l'idéologie du marché. Je me penche sur le cas d'une directive en particulier, celle sur le brevetage du vivant, et je rencontre des fonctionnaires de la Commission qui sont des enragés des droits de propriété intellectuelle, qui veulent que tout devienne brevetable, qui entendent imposer cet accord à tous les pays avec lesquels l'Union européenne négocie… Bref, je me rends compte que cette Europe n'est en rien ce qu'elle promet, ce qu'elle annonce. Jean Monnet proclamait que l'Europe « ne coaliserait pas des Etats, mais unirait des hommes » : or, ce n'est pas ce qui s'est passé, ce n'est pas ce qui se passe et ce n'est pas du tout dans ce sens que l'on va pour l'avenir. L'idéologie du marché prévaut. Mon livre, c'est le coup de colère de quelqu'un qui estime avoir été trompé sur toute la ligne. Je rêvais et je rêve encore d'une Europe des peuples, citoyenne et démocratique. Face à ce gâchis, on ne peut être qu'immensément déçu. »

23 avril 2005

Un nouveau pape est appelé à règner

Le primat de l'économisme promu en valeur ultime et fondatrice est un anti-humanisme. La création de valeur (notez bien que les économistes disent désormais production de valeur, et non pas de richesse.) comme but surpassant tous les autres est un acide qui ronge le sujet, la collectivité, et sa culture.

1) le sujet : instrumentalisé (aliéné disait-on) sommé de reprendre à son compte les inepties moderne du défi perpétuel, de la culture d'entreprise (comment entendre une pareille stupidité sans éclater de rire), de se comporter en bon soldat d'une guerre perpétuelle contre lui et ses semblables devenus concurrents. Modes de compensation : narcissisme, singularité à tout prix. Désir accompli en consommation.

2) la collectivité : matière première segmentée, manipulée grace à l'expertise sociologique et comportementale, pour en extraire le maximum de profit, en échange du moins de service, de respect, de considération possible.Mode de fascination : Différenciation par les marques colifichets d'une distinction impossible, d'une authenticité evidemment absente.

3) la culture : le primat de l'intellect, de la connaissance n'ont plus de raison d'être. Dans la société du présent perpetuel, de l'insignifiance marchande érigée en principe, pourquoi prendre le rique d'un trajet, d'une oeuvre ? Et pour qui ?

Et ratzinger dans tout ça ?

Comme nous, lui et ses semblales de l'Islam ou d'ailleurs refusent ces procesus mortifères qui dégradent l'homme.
Mais eux le font à partir d'une réaction archaîsante en s'appuyant sur les plus obscurantistes des lectures littérales.
Mais eux déplorent aussi ce qu'ils appellent l'amoralisme, et nous libertés.

Ce qui d'ailleurs nous ramène à une question à la mode :
Nous éviterons la guerre, la réaction religieuse, ou les folies extrèmistes si nous savons inventer une alternative convainquante au veau d'or libéral, pas en s'y prosternant.

22 avril 2005

Débat sur la Constitution avec Alain Lipietz et Jean-Luc Mélenchon

Dans son numéro du 25 Mars Politis a publié un débat entre Alain Lipietz et Jean-Luc Mélenchon, exposant leurs divergences sur l'interprétation du TCE.

Extraits

A. Lipietz : "Le Traité constitutionnel représente une avancée considérable dans l’édification d’un pouvoir politique démocratique. Dans le domaine législatif comme pour les dépenses budgétaires, la majorité et la codécision Parlement-Conseil deviennent la règle, et l’unanimité du Conseil des gouvernements, encore trop fréquente, devient l’exception. Dans le traité actuel (Nice), c’est l’inverse. Autre avancée importante : l’initiative législative (mais pas constitutionnelle) sur un million de signatures. Entre Nice et le TCE, il n’y a pas photo."

J-L. Melenchon : "Ce texte coupe la route des stratégies de progrès social que le mouvement socialiste ­ puisque je m’inscris dans cette tradition-là ­ a pour objectif de porter.

La voie législative est coupée, dans la partie III, par la constitutionnalisation de tous les traités précédents. Explicitement, l’article III-210 interdit l’harmonisation sociale par voie législative ou réglementaire. De son côté, l’article III-212 empêche la transformation sociale par la négociation entre les partenaires sociaux car, in fine, quoi que concluent les partenaires, la décision définitive se fait à l’unanimité du Conseil."





Lire l'Article

20 avril 2005

Projet de Traité de l'Europe sociale (mars 2004)

En mars 2004, un appel pour un « Traité de l’Europe sociale », mis au point notamment par Michel Rocard et Pierre Larrouturou (animateur de l’« Union pour l’Europe sociale »), circulait en France. Il était signé par un large éventail de personnalités de gauche, allant de Susan George, René Passet ou José Bové à nombre de dirigeants, députés et euro-députés verts, socialistes (d’Henri Emmanuelli à Julien Dray et Jacques Delors) et communistes, en passant par des responsables syndicaux et associatifs, dont l’Abbé Pierre

En relisant ce texte, on peut mesurer le chemin parcouru, par ceux qui défendent aujourd'hui le TCE.

Projet de Traité de l'Europe sociale


Ce texte est à insérer dans la Partie III du Traité constitutionnel en négociation (intitulée Les politiques et le fonctionnement de l'Union). Il en constitue le Titre III.

Nous, Peuples unis d'Europe, ne pouvons pas accepter plus longtemps de laisser la précarité, la pauvreté et l'exclusion mettre à bas notre cohésion sociale et les fondements même de nos démocraties. L'histoire de notre continent a montré que l'injustice sociale peut provoquer des ravages considérables et peut même déboucher sur des périodes d'horreur. « Les mêmes causes produisent les mêmes effets » dit-on… Nous ne voulons pas que nos enfants soient condamnés à vivre dans une société de précarité. Nous ne voulons pas que nos enfants connaissent l'horreur, que ce soit sur notre territoire ou ailleurs sur la planète.
Au nom de la dignité humaine, au nom des valeurs qui animaient ceux qui, au siècle dernier, ont décidé de reconstruire la paix, nous décidons ensemble de tout faire pour construire une société de bien-être social, une société d'épanouissement personnel et de cohésion sociale

Article 1. Nous nous donnons dix ans pour parvenir à ces 5 objectifs :
- un emploi pour tous : un taux de chômage inférieur à 5 %;
- une société solidaire : un taux de pauvreté inférieur à 5 %;
- un toit pour chacun : un taux de mal logés inférieur à 3 %;
- l'égalité des chances : un taux d'illettrisme à l'âge de 10 ans inférieur à 3 %;
- solidarité avec les peuples du Sud : une aide publique au développement supérieure à 1 % du PIB.
Des sanctions comparables à celles infligées aux pays qui ne respectent pas les critères de Maastricht seront appliquées aux États qui ne satisferaient pas ces critères sociaux en 2015.

Article 2. Pour faciliter l'atteinte de cet objectif de cohésion sociale, la politique menée par la Banque centrale européenne (BCE) poursuit un double objectif : lutter contre l'inflation et soutenir la croissance. Ces deux objectifs sont d'égale importance. Afin d'assurer la meilleure coordination possible entre la politique monétaire et les autres dimensions d'un policy mix favorable à la cohésion sociale, une loi cadre définira les modalités de dialogue de la BCE et de la Commission.

Article 3. La règle de la majorité qualifiée s'applique pour les décisions ayant trait à l'harmonisation des fiscalités.

Article 4. La construction de l'Union ne peut se faire par le marché seul. L'intérêt général ne peut être la somme des intérêts privés qu'exprime le marché. Le long terme, le développement durable, le respect des droits fondamentaux comme la cohésion des territoires ne peuvent être durablement assurés par les règles de la concurrence. Voilà pourquoi l'Union reconnaît, à égalité avec le principe de concurrence, le principe d'intérêt général et l'utilité des services publics. L'Union veille au respect du principe d'égalité d'accès aux services d'intérêt général pour tous les citoyens et résidents. Elle s'attache, avec les Etats membres, chacun dans le cadre de ses compétences, à promouvoir les services d'intérêt général en tant que garants des droits fondamentaux, éléments du modèle social européen et liens d'appartenance à la société de l'ensemble des citoyens, citoyennes et résidents.
Chaque Etat membre est tenu de garantir l'accès à des services d'intérêt général de qualité à tous les citoyens et résidents. Chaque Etat membre est tenu d'en assurer le fonctionnement et le financement. Une loi cadre européenne précisera ces principes au niveau de l'Union.
L'Union veille au respect du principe de subsidiarité et de libre administration des collectivités locales.

Article 5. Le Parlement européen est chargé d'élaborer une Charte du développement durable qui sera intégrée dans le Traité constitutionnel comme l'est la Charte des droits fondamentaux. Cette Charte du développement durable doit être adoptée avant 2009.

Article 6. L'Europe reconnaît le droit des peuples à l'autosuffisance alimentaire. Dès l'adoption de cette Constitution, l'Union doit mettre en cohérence avec ce principe ses positions dans les négociations internationales. Arrêt des exportations subventionnées, régulation des volumes et des prix des grandes productions… en cohérence avec ce principe, l'Union doit réformer sa propre politique agricole dans l'année qui suit l'adoption de ce Traité constitutionnel.

Article 7. La politique commerciale de l'Union est fondée sur les principes de réduction des inégalités, de solidarité et de développement durable. Chaque année, le Parlement européen débat du bilan de la politique commerciale de l'Union et de ses objectifs.

16 avril 2005

Je ne vous comprend pas

Notre cher Jacques avoue benoitement ne pas comprendre l'inquiètude de la "Génération Chirac".

Bienveillants, nous pourrions mettre ça sur le compte de l'âge du capitaine. Après tout la jeunesse est toujours un monde étrange, observé de l'extèrieur, et que celui qui n'a jamais vu un froncement de sourcil paternel me jette la première pierre.

Mais cela devient nettement plus problématique quand on sait que selon un sondage récent, les 2/3 des adultes pensent que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. L'hypothèse d'une bizarre génération frileuse, devenue accroc du cocooning chez papa maman, prend soudain une volée de plomb dans l'aile.

Difficile alors d'exhorter la jeunesse à ne pas avoir peur, quand la nation ressent au plus profond d'elle même le processus mortifère dans lequel nous sommes engagés, quand les dirigeants n'ont que le mot de réforme (lire : déforme ) à la bouche, quand l'horizon de la concurrence vers le moins disant, se peuple de milliards de chinois et d'indiens, et ou chaque loi sociale se voit attribuer le joli mot de privilège, c'est à dire annoncer par avance sa fin prochaine dans la nuit du 4 aout perpetuelle ou nous sommes.

15 avril 2005

Débat démocratique ou politique de Communication

Le dispositif choisi par le président pour s'adresser à la Nation, est le dernier avatar d'une dérive déjà ancienne des responsables politique français : éviter les débats et les questions ouvertes, formateurs de l'opinion citoyenne, et leur préférer des mises en scènes convenues.
Cette substitution du libre jeu de l'expression publique par des dispositifs issus des cabinets de communicants participe à l'appauvrissement de la vie publique, et renforce le sentiment, que développent de trop nombreux citoyens, d'une vie politique tournant en circuit fermé.

Les Gaulois que nous sommes, pourraient pourtant se pencher sur notre passé, ou s'intéresser à nos amis Américains, pour s'apercevoir à quel point le dialogue des responsables politiques avec les français s'est appauvri.

Le Général De Gaulle s'exposait une fois par an aux questions de la presse française et internationale. Quand l'importance des enjeux l'exigeait, il s'adressait directement aux Français sous forme d'allocution télévisée.
Aux Etats Unis, le porte parole de la Maison Blanche tient un point de presse ou une conférence en moyenne tous les deux jours.
http://www.whitehouse.gov/news/briefings/

Le président s'adresse à la Nation chaque samedi, sur la radio publique, et lors du discours sur l'état de l'union, fait le bilan et dessine les perspectives de son action. Par ailleurs il tient une conférence de presse par mois, plus quelques discussions informelles avec la presse.
http://www.whitehouse.gov/news/

Et nous, "Gaulois" ?
Nous avons les voeux aux français, l'interview du 14 juillet, de rares interventions du chef de l'Etat, AUCUNE conférence de presse en bonne et due forme, ni du président, ni du premier ministre, ni du porte parole du gouvernement.

Et sur une question aussi fondamentale que l'UE, pas d'allocution du président, mais un "machin" ou la présence d'animateurs people est censée... Quoi d'ailleurs ? Faire jeune ? Faire de l'audimat ? Ne serait-on pas en train de confondre Citoyen et Téléspectateur ?

A force de se laisser piloter par les demi-habiles de la communication, le Politique est décidemment mal en point.

Mots Croisés - Moscovici

Il y avait quelque chose de pathétique dans l'argumentaire de Moscovici en direction de Besancenot et d'Autain :

Je pense que les parties I et II du traité sont une avancée et comme vous, que la partie III est mauvaise, mais que voulez vous, elle est déjà en vigueur, voter non n'y changera rien...

En d'autre terme, la direction libérale prise par l'Europe est néfaste, mais il faut la constitutionnaliser parce que sinon nous ne bénéficierons pas d'une charte somme toute assez creuse (Partie II) et que les règles peu sastisfaisantes du traité de Nice seront prorogées (Constitution ou pas elles s'appliqueront jusqu'en 2009).

Et bien, non ! désolé...J'ai voté oui en 92, même si je n'étais pas d'accord sur tout, parce que l'Euro était la première concrétisation d'une Europe puissance, et qu'elle nous a protégé des spéculations.
Mais treize en plus tard, ce référendum n'est pas seulement l'occasion de rajouter quelques déclarations d'intentions à la montagne de textes qui nous régit, mais la dernière occasion de se prononcer sur l'Europe que nos dirigeants ont construit.

La dangerosité de l'époque, l'aggressivité américaine se mettant en posture de contrôler la prochaine pénurie de pétrole, la montée en puissance de l'Asie, tout concourre à renforcer la nécessité d'une Europe puissance.

Or la politique européenne, uniquement animée par un économisme à court terme, va à l'inverse de cet objectif :

->L'Elargissement
A l'Est, (enjeu déterminant mais évidemment effectué sans consultation populaire...) l'élargissement est un résultat de cette tendance. Ces pays abandonnés, sinon trahis (la pologne) par les démocraties en 1939, sont désormais des clients de l'empire US (la pologne s'est empressée d'acheter des avions US F16), pour qui l'UE n'a aucun autre intérêt que marchand. Ne parlons pas de la Turquie, pays fort respectable au demeurant, mais dont l'"identité européenne" est une vaste fumisterie si on considère l'UE autrement qu'en espace de libre échange.

->La défaisance des pouvoirs de l'Etat régulateur, émanation de la volonté collective.
Les partisans du oui, nous disent que le marché concurrentiel était déjà présent dans le traité de Rome en 1957. Certes, mais à l'époque il s'agissait de se protéger de monopoles ou de cartels. Aujourd'hui la même référence signifie la mise hors la loi des régulations, protections, biens et services gratuits. C'est à dire tout ce qui donne consistance au contrat social.Un exemple minuscule mais révélateur : Faut-il rappeler que la France a été en infraction avec l'UE en pratiquant le prêt gratuit dans les bibliothèques ?

->L'absence de pouvoir économique
Alors libérale ou ultra-libérale l'Europe ? Juste une comparaison, avec les USA pas réputés pour être excessivement Keynésiens, ces temps-ci. Greenspan, président de la Banque Fédérale Américaine, rend des comptes au gouvernement et mène une politique de régulation des cyles économiques dont toute la presse spécialisée salue la finesse, jusqu'à le qualifier de "sorcier". Bush laisse filer un déficit vertigineux, qui fait vivre les USA à crédit. Le pentagone lance des commandes ou des programmes faramineux qui doppent l'économie US.

Et nous ?
La banque centrale reste inerte devant la dévaluation compétitive de fait du Dollar, auquelle nous assistons actuellement. Normal, elle ne reçoit de directives de personne et sont seul objectif est la stabilité des prix.
Le déficit comme outil de relance économique ? Interdit par Maastricht.
Les programmes de soutien à nos champions industriels ? Interdits au nom de la concurrence non faussée.

Ainsi l'UE se prive sciemment d'instruments aussi fondamentaux que la gestion de la monaie, des taux, du déficit et des "Grands Travaux" et se condamne à n'être qu'une extension d'un marché dont les USA fixent les règles.

En résumé, bienvenue dans une Europe hétérogène en expansion perpétuelle, démolissant la solidarité sociale, et privée des outils de pouvoir.