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LA

UNE
Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
documents ou points de vue sur l'ensemble de l'actualité, nationale et internationale, dans une perspective humaniste, progressiste et anti libérale.

Nb : Les liens concernant la campagne du referendum sont stockés dans une page d'archive accessible depuis le Menu
 

31 mai 2005

Cassen :''Coup de massue''

Berand Cassen, président d'honneur d'Attac, revient sur les réactions au vote exprimé dimanche.

Les Chinois ont une excellente formule qui aurait dû s’appliquer à la situation créée par le vote du 29 mai : « Le coup de massue qui rend lucide ». Les 70 % de participation électorale et les 55 % obtenus par le « non » constituent effectivement un choc. Mais, malheureusement, ce coup de massue n’a entraîné aucun sursaut de lucidité chez nombre de partisans du « oui », restés dans leur logique de stigmatisation de l’autre camp, mais avec une virulence accentuée par le dépit. Ainsi les propos aux accents apocalyptiques de Bernard Kouchner, lors de l’émission spéciale d’Arlette Chabot lundi soir, montraient son incapacité à comprendre le message de l’électorat. Il ne faisait là que prolonger l’éditorial d’anthologie publié le matin même par son ami Serge July dans « Libération ».
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30 mai 2005

Revue de Web du «Jour d'Après»

Libération : Serge July n'a manifestement pas assisté à la même campagne électorale que nous tous. Editorialisant aujourd'hui, il n'a pas de mots assez durs pour exprimer sa vindicte devant la décision des français, qu'il qualifie de «Chef-d'oeuvre masochiste». Fustigeant des «Leaders d'Occasion» (situés sans doute dans l'imaginaire Julyste juste a proximité dans l'opprobe des soldats de fortune) il dénonce les «mensonges éhontés» qui ont conduit à rien moins qu' «un désastre général et une épidémie de populisme qui emportent tout sur leur passage».

Pour lui, la victoire du Non provient de «l'empilement» de referendums perdus.

L'un questionnait l'élargissement, et a donné lieu selon lui à une réponse «xénophobe» portée par une gauche dont-il compare la campagne antidélocalisation à celle de Chirac sur la sécurité en 2002.[1]

L'autre appréciait les «élites», que «la France d'en bas entend évidemment corriger, sinon raccourcir», juge le Directeur de Libération, donnant le sentiment de s'inquieter pour lui-même. Le troisième concernait le libéralisme, pour lequel l'utilisation par la gauche d'arguments qu'il estime issus d'Attac, relève tout simplement du «délire».

Referendum enfin sur le social ou Serge July croit déceler une ingratitude pour les avancées de la Charte Sociale (Ndlr : Sur ce sujet la lecture de l'étude «Charte Sociale contre Constitution» s'impose...on y apprend comment la constitution a réutilisé en les vidant de toute substance des traités déjà ratifiés par les membres de l'UE)

La conclusion dès lors coule de source :
«Il fallait pour faire ce chef-d'oeuvre masochiste, outre les habituels souverainistes, une classe politique élevée par des autruches, portée aux mensonges depuis de nombreuses années, des incompétents notoires à la manoeuvre dont un Président en exercice, et des cyniques en acier trempé dont un ancien Premier ministre socialiste. »

Il y a quelques années, Franz Olivier Giesbert avait ouvert la voie en effectuant une spectaculaire conversion de l'Obs au Figaro. Inquiété peut-être, par l'éventualité d'une délocalisation organisée par son nouvel actionnaire, Serge July nous prouve aujourd'hui que la flexibilité du marché du travail qu'il prêche pour les autres n'est pas un vain mot pour lui. Voila un homme sans conteste fin prêt pour la presse Dassault.


[1]Cet argument a également été utilisé par N. Mamère durant la campagne. Hymne à la joie reviendra sur ce point ultèrieurement

Les Résultats




NON : 54,87%
OUI : 45,13 %


Taux de Participation (estimé) : 70%
Le Non est majoritaire dans 84 départements sur 100.



Consulter les infographies du Figaro   et du Monde



Sociologie du Vote :


CatégoriesPourcentage
Favorables au OUI
Cadres62
Diplômés Enseignement
Supérieurs
57
Retraités56
Favorables au NON
Ouvriers81
Employés60
Chômeurs79
Professions Intermédiaires56



Classes d'âgePourcentage
Favorables au NON
18-24 ans59
25-3459
35-4965

50-64

nc

Favorables au OUI

65 et plusnc

Source : Le Monde

29 mai 2005

Une Victoire de la Démocratie




Le choix exprimé par nos concitoyens a sanctionné une politique et une conception de la construction européenne, largement refusées par la France.

Les politiques désormais mises en oeuvre devront être profondément réorientées, dans le respect des aspirations affirmées aujourd'hui.

Les valeurs fondamentales qui ont animé les partisans du Non, le souci de l'homme primant celui de l'économie, l'indispensable prééminence de la solidarité sur la concurrence, la défense du bien commun contre la rage du profit, dessinent clairement l'agenda des prochaines échéances de négociation qui sont devant nous.

L'élan né durant cette campagne a radicalement transformé le paysage politique de ce pays, et désormais il nous appartient de le faire vivre et de l'amplifier.

Hymne à la Joie

Autres Temps...




Affiche du plébiscite - 21 Décembre 1851

Derniers Sondages

Les trois derniers sondages publiés avant la cloture officielle donnent le Non à 51, 52 ou 56% ce qui tenant compte des marges d'erreurs de 2% standards pour les tailles d'échantillons utilisés, donne 49, 50, ou 54%. Rien n'est donc gagné d'avance, pas plus que «rapé» comme le disait sarkozy il y a peu. Il faut voter, citoyens !

Colombani réécrit ses citations

Le problème de crédibilité de Jean Marie Colombani, relevé ici-même il ya deux jours, s'aggrave avec ce billet de Bernard Salanié. Informé aux meilleures sources, ce professeur à Polytechnique nous apprend qu'un dialogue entre Bush et Blair, cité par M.Colombani comme pièce à conviction en faveur du Oui, est fabriqué de toute pièces.
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Argumentaire fort en thème

Alerte et vive, l'argumentation des raisons de voter non, publiée par l'économiste Bernard Salanié, professeur à l’ ENSAE (Ecole Nationale de la Statistique et de l'Administration Economique) et à l’Ecole Polytechnique, vaut le détour, ne serait-ce que pour apprécier à leurs juste valeur les modes de réflexion d'hommes qui décident souvent de remplacer leur hémisphère droit par une calculette.

Vous y apprendrez à jongler avec les «implémentabilités limitées», «valeurs nettes suffisamment élevées» et autres «théorie des choix d'investissement» ainsi qu'à jauger un décision à l'aune d'une «VPN non seulement positive, mais supérieure à un seuil».

Amusez vous bien, et bon Dimanche...

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28 mai 2005

Trois questions pour un Vote

Les derniers jours de campagne ont vu les tenants du Oui tenter de culpabiliser ou d'inquiéter les électeurs. Hymne à la Joie propose ses réponses aux trois arguments les plus fréquemment entendus ces derniers jours.

1) Vous êtes xénophobes, populistes vous votez avec Le Pen

Cet argument utilisé par JM Colombani et DSK, veut dévaloriser l'autorité de la décision, quel qu'en soit le résultat, que nous allons prendre.

Le referendum n'est pas un choix de parti. Il s'agit de l'expression de la souveraineté populaire transversale aux familles politiques, et dont aucune n'est propriétaire. Comme l' a dit JL Melechon, il y a en France douze familles politiques, et seulement deux réponses possibles.

Le referendum, faut-il le rappeler, est la forme la plus chimiquement pure de l'expression d'une société. Ce n'est pas un sondage de plus, ou un compromis partisan, mais le choix pesé et raisonné de la majorité des citoyens d'une Nation.

Il n'y a, en cet exercice, aucun choix contestable. Chaque avis exprimé a la même valeur, doit être pris en compte au même titre, et leur somme instaure la Loi. Les bulletins mis dans l'urne ne sont pas plus «Socialistes » que «Le penistes » ou «UMPistes ». Il représentent simplement l'expression d'un citoyen exerçant son droit.

Toute critique appuyée sur l'incompétence des votants, n'est -in fine- que le déguisement d'une préférence inavouable pour un suffrage censitaire, réservé aux notables instruits et bien pensants.

L'égalité du bulletin dans le décompte final, inscrite au coeur de nos règles, crée deux obligations :

- Celle d'éduquer les citoyens afin de les rendre à même de se déterminer rationnellement.

- Celle de respecter la loi du plus grand nombre au détriment de la loi du plus puissant - c'est le fondement de la démocratie - .

Cette campagne a été remarquable par la richesse et la qualité du débat mené, et personne ne peut prétendre que le choix ne sera pas motivé. Il sera donc incontestable.

2)Nous serons isolés

Le modèle social européen que nous défendons est largement partagé sur le continent. L'Allemagne est entrée dans une période de difficultés, mais elle reste profondément attachée à son modèle de «Capitalisme Rhénan» privilégiant la négociation collective, et un haut niveau de protection sociale. Les sociales démocraties de l'Europe du Nord ne le sont pas moins pour leur conception de l'Etat providence. Le vote Hollandais sera d'ailleurs motivé par des inquiétudes similaires aux nôtres nées sur ce sujet aux Pays Bas.

Ce modèle, que l'on pourrait qualifier de «Continental» n'est certes pas celui du Royaume Uni. Le tatchèrisme est passé par là, et le Labour new look de Tony Blair n'a plus grand chose à voir avec la sociale démocratie. Mais devons nous accepter pour autant de plier systématiquement face aux chantages du Royaume Uni qui ne veut à aucun prix d'avancée sociale ?

Quand aux alliés nous n'en manquerons pas. Le bloc continental esquissé plus haut, prend consistance de jour en jour. La décision d'Oskar Lafontaine, ancien ministre des finances de Schroeder de créer une nouvelle formation politique, sa présence au coté de la gauche française durant la campagne, avec Cesare Salvi, Jean Maurice Dehousse, et d'autres leader progressistes européens, montrent que les perspectives que nous ouvrons par ce vote trouvent un écho sur tout le territoire de l'Union.

Les syndicats également se feront l'écho de notre voix à travers toute l'Europe. A commencer par la CES Confédération Européenne des Syndicats qui était très critique durant la phase de négociation du TCE, avant de l'accepter, mais selon ses propres termes comme un point de départ seulement.
En Angleterre aussi, les syndicats commencent a réagir, et ont fondé l' organisation «Trade Union Against the EU Constitution» qui publie un manifeste opposé à cette constitution.

3) Nous n'obtiendrons rien de mieux.

C'est tout simplement faux.

Nous avons déjà obtenu quelque chose de très palpable : l'affirmation d'un refus du «tout libéral» que l'on voulait nous présenter comme inéluctable, ne peux être ignorée par personne. Le très libéral Barroso, les non moins laisser-fairistes Kroes et Bolkenstein, savent désormais qu'ils ne peuvent pas tout se permettre.

Notre vote va également mettre un coup d'arrêt à cette politique déraisonnable d'élargissement à tout prix, qui convient fort bien aux libéraux, pour lesquels une europe très hétérogène est la meilleure garantie contre un retour de la régulation du politique sur l'économie. La Géorgie, la Moldavie, l'Ukraine, la Turquie sont des voisins avec lesquels il importe de mener une politique de coopération, de rapprochement, mais pas d'intégration dans l'UE qui n'a pas vocation à devenir une sorte de SDN du libre échange.

Quand au traité, quoiqu'en disent ceux qui prétendent qu'il n'y aura pas de renégociations, elles auront bel et bien lieu. L'Europe ne peut pas se passer de la France, ni symboliquement comme membre fondateur, ni pratiquement comme contributeur. Le vote Non français enterre le traité. Tout le monde le sait fort bien et seuls les hypocrites, effrayés de voir se ternir leur fin de carrière, prétendent le contraire.

Il conviendra alors de renégocier. Mais nous renégocierons en position de force. En fait, jamais peut-être depuis le début de la construction européenne un gouvernement n'aura reçu un mandat aussi fort pour se rendre en négociation. Personne ne peut prétendre ignorer ce que nous voulons. Nos partenaires devront evidemment en tenir compte, et c'est ce qu'ils feront.

Dans les années 80, Margaret Tatcher n'a pas hésité à bloquer la construction de l'Europe, en exigeant le «Rebate» de sa contribution à l'UE. Nous avons tous gardés en tête son trop fameux slogan «give me my money back!».

Notre combat ne mérite-il pas autant de fermeté que celui de la Dame de Fer ?

Vivement Dimanche



Traité Turc ou pas Turc

De Villiers et Cohn-Bendit nous ont offert une belle empoignade au sujet de la signature Turque apposée sur le TCE. Hymne à la joie vous donne l'occasion de juger sur pièces.

Les signatures sont apposées sur le document nommé Acte Final, dont la version officielle est accessible sur le site Eur-Lex, dépot de tous les documents légaux européen, : Ouvrir

On y trouve, à la page 3 la déclaration suivante :

LA CONFÉRENCE DES REPRÉSENTANTS DES GOUVERNEMENTS DES ÉTATS MEMBRES,
convoquée à Bruxelles, le 30 septembre 2003, pour arrêter d'un commun accord le traité établissant une Constitution pour l'Europe, a arrêté les textes suivants:

suivie de la récapitutaltion de tous les textes, annexes et protocoles contenus dans le TCE, puis des pages 10 à 17 les signatures des représentants de l'europe des 25

Vient ensuite page 18 la mention suivante, rédigée dans toutes les langues de l'Union :

Ont également signé le présent acte final, en leur qualité d'États candidats à l'adhésion de l'Union européenne, observateurs auprès de la Conférence:

suivie des signatures de la Roumanie, Bulgarie, et de la Turquie dont voici le fac-similé.




Cohn-Bendit disait «en tant qu'observateur» ce n'est donc pas tout à fait exact. La Turquie a bien paraphé le traité en tant qu'Etat candidat.

27 mai 2005

Le Nouvel Obs Réécrit l'Actualité

Le Nouvel Obs peut être fier de sa rédaction :

Un article de Revue de presse , titré hier, «La presse européenne fait son deuil du oui» s'intitule aujourd'hui «La presse européenne durcit le ton», sans que le contenu en ait été modifié...

Hymne à la Joie tire son chapeau bien bas devant de vrais professionnels, qui ont su agir en vigilants garants de la ligne, efficaces et dévoués.

Revue de Web J - 2

Post Démocratie ?
Serions nous entrés à notre insu dans un monde orwellien ou les mots ont perdus leur signification habituelle ? La juriste Anne-Marie Le Pourhiet décrivait il y a peu notre situtation en la qualifiant de «Post-Démocratie», thème repris et développé sur le site France Républicaine. A l'appui de cette thèse, nous pourrions citer ce qu'il faut bien appeler le simulacre de consultation espagnole, qui n'avait qu'un caractère consultatif, ce que l'on s'est bien gardé de nous apprendre. Ou encore les déboires du parlement européen dont les efforts restent vains devant une commission fermement décidée à créer une directive sur les brevets logiciels, selon le bon plaisir des lobbies.

Nous ne savons si l'expression fera flores, mais une démocratie où l'exercice du droit de vote est légitime si on accepte d'entériner le fait accompli, scandaleux si on refuse, quelque soit le nom dont on la baptise, laisse une étrange impression.

Les dernières tentatives d'intimidation ou de calomnie auxquelles nous assistons augmentent encore ce sentiment de malaise, d'irréalité devant ces manifestation d'un mépris avoué pour l'expression de la souveraineté populaire.

Commençons cette revue de nos amis qui nous veulent du bien, et plus si ratification, par Jean Claude Junker, qui déclare «Il faudra attendre la fin du processus de ratification dans l'Union européenne. Si à la fin de ce processus, on n'arrive pas à résoudre les problèmes, les pays qui auront dit non devront se reposer la question» .
Giscard d'Estaing, sans doute épuisé par son travail de constitutionnel, nous avertit que «l'on ne recommencera pas le travail [de rédaction], ça demande trop d'efforts» et appelle en cas de victoire du Non à revoter sur un texte identique.

Ce n'est pas l'avis de Frits Bolkestein, qui déclare «On continuera d'appliquer l'actuel Traité de Nice (...) Cela a des aspects génants, mais on peut travailler avec». Pas plus que de du Commissaire Frattini quand il prévoit qu'un «non français «n'arrêterait pas la construction de la Nouvelle Europe» et ajoute «Je ne suis pas pessimiste. C'est dans la tradition du processus d'intégration de surmonter les impasses» , ou de Lord Owen, ancien ministre britannique des Affaires étrangères, qui juge que «l'on ne peut tout à la fois adopter le principe du référendum, et donc du choix, tout en fustigeant les électeurs marquant une préférence qui ne convient pas. (...) Si le non l'emporte, il y aura certes des difficultés, mais ce non voudra dire que les Européens demandent à leurs gouvernements de prendre leur temps, d'écouter les citoyens, et de laisser l'Europe émerger, sans lui forcer la main à coup de traités juridiques»

Dans le camp du Oui, les nerfs sont en train de lâcher. De Dominique Strauss Khan, avec son trés élégant et pas du tout misogyne «[entre vous et moi] c'est vous qui vous couchez !! » adressé hier sur France 2 à Marine Le Pen, à Noel Mamère qui s'étonne de ce qu'un « conseiller général des Landes, ancien premier secrétaire du Parti Socialiste peut faire la tournée des délocalisés comme on faisait la tournée de l'insécurité avant le 21 avril» manifestant du même coup le bien peu d'intêret qu'il porte à l'insécurité sociale vécue par nos concitoyens, à Yann Wehrling qui s'interroge «Qu'est-ce que c'est que ce discours de repli, ce discours souverainiste qui n'est pas un discours de gauche?» et considère sans doute que le «privilège» de vivre dans un monde globalisé justifie tous les abandons.

Mais la palme d'honneur revient sans conteste à Jean Marie Colombani. Le directeur du Monde a perdu toute mesure, et semble ne plus faire la différence entre «Journal de Référence» et feuille de chou partisane. Dans son Edito «Illusion du non», il insulte Laurent Fabius et nous tous, en affirmant «il était logique et cohérent qu'un jour ou l'autre l'homme qui s'était distingué en assurant que Le Pen posait "les bonnes questions" finisse par donner sur un sujet décisif la même réponse que Le Pen»

Faut-il rappeler à M. Colombani que le referendum n'est pas un choix de parti ? qu'il s'agit de l'expression d'une souveraineté populaire transversale aux familles politiques, et dont aucune n'est propriétaire ?
Cet argument indigne calomniant l'expression populaire au pretexte qu'elle serait teintée de xénophobie - argument en réalité complètement absent de la campagne du Non, même à droite - dénote finalement l'indifférence de ce qu'il faut bien appeler une caste, pour qui la mondialisation est une fin en soi quel qu'en soit le coût pour les citoyens.

Quoiqu'en dise cet aréopage de beaux esprits pour qui le Non est au choix (ouvrons le shaker), nocif, inutile, contre productif, irréaliste, amoral, populiste, pro américain, solitaire, et veulent nous convaincre que les politiques que nous voulons amender sont les seules possibles, les peuples ne se laisseront pas réduire au rôle de chambres d'enregistrement.

Nous n'entérinerons pas les volontés de cette petite cohorte d'experts, en proie à la narcose libérale, qui s'est autoproclamée seule détentrice de la raison.

Union des Familles Laiques - Appel pour le Non

communiqué de l'Union des Familles Laïques (UFAL),

Nouvelle intervention de Chirac : que les électeurs ne se laissent pas intimider !
(...)
Lors de son assemblée générale du 19 mars, l'Ufal s'est prononcée, par le vote de plus de 70% de ses adhérents, contre le traité constitutionnel européen. Outre son côté antisocial, notamment la remise en cause des services publics, au nom de la concurrence libre et non faussée, et l'impossible harmonisation fiscale et sociale, les remises en cause de la laïcité, notamment dans les articles I-52 et II-70 avaient fortement alerté les militants
(...)
Le non français, qui est un non de gauche, social, républicain et laïque, est une chance pour toute l'Europe, face à la dérive libérale et communautariste que la conception anglo-saxonne fait peser sur tout le continent. Lire...

Jean-Luc Mélenchon : « Dire "oui", c’est renforcer le libéralisme »

Le sénateur socialiste déplore la dramatisation orchestrée par les tenants du « oui » et appelle à poursuivre le travail d’explication du projet de constitution européenne.
Extraits :
Q : La cinglante défaite de Gerhard Schröder, fervent partisan de la constitution, en Rhénanie du Nord - Westphalie aura-t-elle des incidences sur le référendum français ?
Jean-Luc Mélenchon. Cette défaite démontre l’absurdité d’une ligne sociale-libérale qui va d’échec en échec, qui n’est bonne, ni pour les salariés, ni pour la gauche

Q: Comment réagissez-vous aux accusations très graves de « xénophobie » proférées à l’égard des tenants du « non » de gauche ? Que dire de l’argument de François Hollande, qui consiste à dire que Le Pen se fait oublier pour mieux ressurgir au lendemain du résultat pour se l’approprier ?
Jean-Luc Mélenchon. Cette dramatisation est lamentable. Elle n’est pas à l’honneur de ceux qui l’organisent. Personne ne peut croire qu’une victoire du « non » serait une victoire de l’extrême droite. En agitant cet épouvantail, les tenants du « oui » mettent en lumière leur désarroi et leur incapacité à avancer des arguments positifs en faveur de cette constitution européenne
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Syndicalistes français, vous n'êtes pas isolés

Jane Carolan (dirigeante d'Unison, le syndicat britannique de la fonction publique) et Ian Davidson (député travailliste du Royaume-Uni), s'adressent aux syndicaliste français :

Si la Confédération européenne des syndicats a approuvé [la constitution], elle en a quand même critiqué nombre de ses aspects. Et sa direction a engagé derrière le oui les syndicats nationaux sans même leur demander leur avis (...)
En Grande-Bretagne, la Confédération nationale des syndicats (TUC) a refusé d'approuver la Constitution et s'est abstenue lors du vote de la CES(...)
La direction d' Unison, premier syndicat britannique, recommandera à ses adhérents, lors de son congrès, de mener campagne pour le non. D'autres fédérations, notamment des transports et de l'alimentation, y participeront. Pendant la campagne référendaire, les syndicalistes seront rejoints par un important groupe de députés et des centaines d'élus du Parti travailliste. Ils représenteront les millions d'électeurs travaillistes qui souhaitent une Constitution non libérale(...)
Nous refusons une Constitution dont la plupart des articles prescrivent des politiques libérales. Ce type de dispositions n'a rien à faire dans une Constitution
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Jacques Nikonoff - L'horreur démocratique

Jacques Nikonoff revient dans le Figaro sur les conditions qui ont présidé à l'élaboration de la constitution :

la rédaction de cette «Constitution», son résultat final et son mode de ratification peuvent être aisément et sans exagération qualifiés d'horreur démocratique (...)

En rédigeant une «Constitution», la Convention pour l'avenir de l'Europe a commis un abus de pouvoir. Personne, en effet, ne le lui avait demandé ; elle n'avait aucun mandat(...)

En établissant une Constitution par voie de traité et non par une assemblée constituante, les Parlements et gouvernements de l'Union ont fait comme s'ils étaient propriétaires de la souveraineté populaire(...)

Ce texte ne ressemble pas à une Constitution. Son volume extravagant et l'insertion d'orientations politiques lui en ôtent la qualité. Quant aux modalités de révision, qui apparaissent impossibles, elles ne permettront pas de s'adapter aux nouvelles aspirations des gouvernés et leur rigidité va bloquer toute évolution des institutions
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Arc en Ciel de Non

les Verts partisans du non - dont la vice-présidente de la région Ile-de-France Francine Bavay, la députée Martine Billard, le sénateur Jean Desessard ou encore le maire du IIème Jacques Boutault - ont fait diverses propositions pour les lendemains de la victoire du non, notamment l'instauration d'une taxe Tobin d'élargissement, qui permettrait d'offrir un soutien aux pays entrants. Lire

Cinquante des 130 conseillers régionaux d'Ile-de-France de gauche ont appelé jeudi dans une déclaration commune à voter non Lire

L'Union départementale de Force Ouvrière (FO) de Loire-Atlantique a appelé jeudi à voter non dimanche au référendum sur le traité constitutionnel, malgré l'absence de consigne de vote du syndicat au niveau national. Lire

Six mille syndicalistes appellent à voter Non :
Responsables syndicaux locaux ou nationaux, appartenant à différentes organisations syndicales, nous avons décidé de nous exprimer ensemble sur le projet de traité constitutionnel européen. Nous le faisons en tant que syndicalistes, c'est-à-dire en tant que femmes et hommes engagés quotidiennement dans la défense des droits des salariés, jeunes et retraités et dans le combat pour un monde plus juste et plus solidaire. C'est au nom de cet engagement que nous nous sommes prononcés contre ce texte et que nous appelons les salariés à le rejeter lire

Yves Salesse : le TCE est une machine de guerre contre les Services Public

Yves Salesse, co-président de la Fondation Copernic est interrogé par l'AFP

QUESTION: Le Traité préserve-t-il à vos yeux l'existence des services publics ?

REPONSE: Non seulement le Traité n'est pas capable de les préserver, mais il organise le maintien et la consolidation de la machine de guerre contre les services publics.

Il y a longtemps, on a sorti des activités de la concurrence et on les a confiées à des entreprises publiques parce que les besoins à satisfaire n'étaient pas solvables. Il y a des services publics marchands (poste, électricité, transports, téléphone...), pour lesquels l'usager paye, cet argent servant à financer les missions de service public là où elles sont les plus coûteuses.

Mais l'Europe s'est attachée à briser tous ces monopoles en appliquant les règles de la concurrence, d'où leurs privatisations. La baisse des prix, l'amélioration de la qualité n'ont pas suivi...

Le Traité reprend tous les articles qui ont permis les attaques contre les services publics, institue la concurrence libre et non faussée, réaffirme la difficulté à financer les entreprises publiques avec des aides étroitement contrôlées.

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Appel des Vingt Trois

Un groupe de 23 juristes parmi lesquels Jean Foyer ancien garde des sceaux et Jean Kahn, ancien président de la section de l’intérieur du Conseil d’Etat, ont publié l'appel suivant :

Parce que le projet de constitution européenne soumis au référendum du 29 mai prochain traduit un changement qualitatif essentiel dans la conception de l’Europe, les juristes soussignés ont choisi de rendre publique la déclaration suivante.

Comme son nom l’indique, le traité soumis au référendum « établit une Constitution pour l’Europe », en la dotant donc d’un statut de droit public interne. (...) Cependant, n’attribuant explicitement la souveraineté à personne, les institutions proposées ne répondent à aucune des exigences élémentaires de la démocratie et de la séparation des pouvoirs. (...)
Les multiples imprécisions et contradictions, repérables d’un bout à l’autre d’un texte confus et mal rédigé constituent, en outre, un appel permanent au « gouvernement des juges » européens.
(...)
La Constitution européenne traite également de nombreuses questions qui n’ont pas leur place dans une loi fondamentale (partie III). Il est, en effet, tout à fait contraire à la tradition des Etats démocratiques d’intégrer les politiques (économique, agricole, commerciale.) dans un document à valeur constitutionnelle. (...)
L’Union ne protège ainsi nullement les économies des États-membres contre le développement accéléré de la concurrence mondiale tandis que la politique de l’euro fort les expose considérablement.(...)
la Charte des droits fondamentaux n’apporte rien par rapport à cette Convention ni par rapport à la Constitution française, si ce n’est une vision communautariste de la société qui renvoie le citoyen à son appartenance à une catégorie ou à une minorité (religieuse, ethnique, sexuelle.). Elle s’éloigne ainsi de la conception des droits de l’homme issue de la philosophie de 1789 et de la laïcité

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Chevènement nous Ecrit

Communiqué de Jean-Pierre Chevènement

Lettre aux Français - mercredi 25 mai 2005

Chers Concitoyens,

Si vous votez oui, vous prenez un billet sans retour pour une destination que vous ne contrôlez pas. N’écoutez pas les hommes politiques de droite ou se disant de gauche qui vous demandent de constitutionnaliser des règles qui nous désarment face à une concurrence faussée. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ces règles nous enfonceraient toujours plus dans la régression économique et le chômage. Vous enfermeriez les générations futures dans un véritable carcan et vous ne pourriez rien changer en 2007.

Si, au contraire, résistant aux pressions qui s’exercent de tous côtés, vous votez non, alors vous préservez votre liberté et vous ouvrez l’avenir.
(...)
Le 29 mai, le peuple français votera par procuration pour tous les autres peuples qu’on a pris soin de ne pas consulter. La France ne sera pas seule : ces peuples ont les mêmes problèmes que nous : délocalisations industrielles, chômage, précarité. C’est donc la voix du Peuple que vous ferez entendre le 29 mai dans toute l’Europe.
Ceux qui nous dirigent devront bien en tenir compte. Il est ridicule de prétendre qu’on ne pourra plus rien négocier. C’est le contraire qui est vrai : L’Europe tout entière a besoin d’un grand plan de relance économique, que cette « Constitution », telle qu’elle a été fabriquée, interdirait. (...)

En rejetant ce projet de « Constitution » qui nous enfermerait, la France ne sera pas isolée. Elle sera encore une fois en avance. Elle ouvrira le chemin vers une autre Europe, démocratique, solidaire et indépendante, car s’appuyant sur la volonté des peuples, épris de justice et de paix
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15 Propositions souverainistes

Philippe de VILLIERS, Paul-Marie COUTEAUX, Patrick LOUIS, Députés au Parlement européen écrivent à Jacques Chirac et formulent 15 propositions de réforme pour l'Europe :


PROPOSITION AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE ET AUX CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT DE L’UNION EUROPÉENNE


Monsieur Jacques CHIRAC
Président de la République
55-57, rue du Faubourg-Saint-Honoré
75007 PARIS






Strasbourg, le 17 mai 2005

Monsieur le Président de la République,

Vous avez souhaité que les Français soient associés directement à l’une des étapes fondamentales de leur Histoire,en leur demandant de se prononcer dans quelques jours, sur la ratification du « Traité établissant une Constitution pour l’Europe ».
Ce faisant, vous les autorisez à répondre par l’affirmative, comme par la négative : il y a donc deux voies possibles et une majorité devrait, en toute liberté, choisir l’une ou l’autre (...)

Viennent ensuite les 15 propositions :

1) Prendre juridiquement acte du refus de la primauté du droit européen sur la Constitution française
2) Lancer les bases d’une confédération européenne large
3) Bâtir l’Europe des coopérations à la carte
4) Instaurer un droit d’opposition populaire
5) Mettre les Parlements nationaux au cœur des décisions européennes
6) Faire de la Commission une agence centrale au service du Conseil
7) Instaurer un droit d’appel devant les peuples pour les décisions de la Cour de justice
8) Mettre l’Union européenne au service de l’emploi
9) Instaurer une préférence européenne pour l’industrie, les services et l’agriculture
10) Mettre l’euro au service de la croissance
11) Refuser l’impôt européen et une Eyurope qui nous coûte 3,8 milliards par an
12) Mener une politique de respect des frontières et de maîtrise de l’immigration
13) Garder les mains libres pour une politique étrangère d’équilibre
14) Offrir des partenariats « à la carte » à la Turquie comme à d’autres pays européens
15) Lutter contre la « délinquance communautaire »

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Michel Vauzelle pour le Non

Michel Vauzelle prend parti pour le Non, et publie un manifeste :

Depuis le vote du Parti socialiste en faveur du « oui », j’ai respecté la discipline démocratique de mon parti. En bon militant je n’ai donc fait aucune campagne pour le « non ». Mais, bien enten­du, je serai fidèle, en tant que ci­toyen libre, à mes idéaux et à mes convictions. Je voterai donc « non ».
(...)
De riches experts nous expli­quent que l’application des prin­cipes républicains ne rapporte rien et coûte cher, que la solida­rité freine malheureusement le développement de la richesse pour les riches.

Dans ces conditions, si l’on veut avoir en France encore moins de chômage qu’aux Etats-Unis ou en Angleterre, pourquoi ne pas supprimer la Sécurité socia­le et le salaire minimum ? Pour­quoi chacun ne donnerait-il pas, en plus de la Pentecôte, le jour de Noël pour les personnes han­dicapées et le jour de Pâques pour les enfants abandonnés ? Quant à la lutte contre le can­cer, on pourrait créer un autre Téléthon, ce qui rapporterait de l’argent pour les hôpitaux et de la publicité pour certains.

La victoire de l’argent sur la mo­rale et de la publicité sur la dé­mocratie n’est pourtant pas défi­nitive.
(...)
Aujourd’hui, il s’agit de résister à la souveraineté, du pouvoir de l’argent et de la publicité.

Face à un tel défi, la Républi­que a besoin de tous ses parti­sans. Mais c’est à la gauche d’être à la pointe du combat dans cette nouvelle Résistance. Face à le Pen et à Sarkozy, bat­tus en 2004, il faut rassembler la nouvelle gauche, celle du XXIe siècle, avec les forces syn­dicales, le mouvement social, les associations
(...)

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26 mai 2005

Hollande : Si Chirac avait mis son mandat en jeu...

Dernière minute

Invité à s'exprimer ce soir durant le Journal de 18 Heures, François Hollande déclare :


« Si le président de la république avait mis sa personne [son mandat] en cause, nous aurions appelé à voter Non ».

Faut-il comprendre que le traité ademment défendu par le Premier Secrétaire du PS, ne serait finalement pas aussi crucial pour l'Europe et bénéfique pour les français qu'il le prétendait, puisque des considérations de politique intérieure auraient pu amener à le rejeter ?

Ecouter  Real Audio - Début de l'entretien à 2mn 30

Revue de Web J - 3

Va Tout. Ce soir, Jacques Chirac va s'adresser aux francais et abattre ses dernières cartes. La plus forte serait sans doute de nous annoncer qu'un nouveau premier ministre est désigné, espérant ainsi désamorcer la grogne anti-Raffarin, et grapiller les quatres points manquants pour rattraper un Non à 54 % .

Ce qui pourrait peut-être expliquer la grosse colère de Sarkozy qui attaque Villepin mais considère par ailleurs que «c'est rapé». De quoi chagriner Raffarin qui affirme «rien n'est joué !» . Mais il est de plus en plus seul de cet avis. Libération nous raconte comment, à droite comme à gauche les partisans du Oui ne «croient plus guère qu'à un miracle» et font la «liste les erreurs de leur campagne» .

L'Obs passe en revue une presse européenne qui a fait «son deuil du Oui», et mentionne au passage l'International Herald Tribune qui estime que «La poursuite de politiques (libérales) sera rendue beaucoup plus difficile» donnant du même coup raison aux électeurs français. Le Guardian nous offre une amusante simulation (en flash) montrant quelles seraient selon lui les conséquences d'un Non français et hollandais. Dans le cas d'une non renégociation du traité, il prévoit l'émergence d'une «multi-speed EU» avec soit un « hard-core » rassemblé autour de l'axe Franco-Allemand soit un «messy-core » fait de «looses alliances » entre états.


On dit Jacques Chirac jamais meilleur que devant l'adversité. Pourtant Libération nous le décrit comme ayant paru «abattu» à ses derniers visiteurs qui ont été «frappés par ses silences, sa morosité et son désarroi». Le Chef de l'Etat aura-t-il ce soir une pensée émue pour le temps d'une jeunesse pleine d'allant, ou même du fond d'un lit d'hopital il n'était alors pas question de désarroi en lançant l' Appel de Cochin ?



A gauche, Jean Daniel a sans doute compris que traiter les électeurs du Non d'imbéciles, comme l'a fait le couple Lang/Cohn-Bendit hier, n'était peut-être pas la meilleure tactique. Il n'est plus question de pointer les Mensonges du Non d'un doigt vengeur. Le «cofondateur & directeur» (selon la terminologie officielle de l'Obs, toute empreinte de la modestie du patron) redécouvre qu'il a des amis à gauche et leur adresse sa «Lettre à un ami partisan du "non"». JM Bouguereau vient lui de trouver un nouveau plan, le Plan S comme Sarkozy, et il tente de nous convaincre que voter non c'est voter S

Le CSA publie son rapport sur le traitement des partisans du oui et du non sur la période du 4 avril au 20 mai. C'est édifiant. on y lit que pour France 3 le temps d'antenne du Oui a été de 2 heures 11mn contre 1h 11mn pour le Non. Sur France 2 3h 45mn contre 2h 41mn sur M6 25mn contre 11mn. Seule TF1 s'en sort bien avec 54mn contre 46mn.

Cette revue ne serait pas complète si nous omettions de saluer la belle promotion du camarade Pascal Lamy, adhérent au PS, et désormais patron de la trés sociale OMC L'Organisation Mondiale du Commerce

25 mai 2005

Revue de Web J - 4

Naissance de l'Europe Politique.
L'intensité du débat référendaire marque l'irruption de la dimension politique dans l'appréciation du projet Européen. Les institutions Bruxelloises ont été jusqu'alors perçues comme trop bureaucratiques mais pourtant acceptées parce qu'elles favorisaient le rapprochement des peuples par la recherche des consensus à tous prix.

Mais cette règle n'est sans doute plus de mise. L'Union a atteint une masse critique, en terme de taille, de pouvoirs, et d'impacts sur nos choix, pour que nous ne puission plus considérer aveuglément chaque petit pas de la construction comme bénéfique en soi. Il est légitime désormais de s'interroger sur les objectifs de l'Union. Cela s'appelle faire de la politique.

Et la question posée par le peuple français, qui a déjà fait beaucoup d'efforts pour l'Europe notamment sous le gouvernement de Beregovoy en payant au prix fort les critères de convergence, est une question hautement politique : quel destin nous fixons nous ?

Jean Louis Andréani apporte un élément de réponse en réfutant l'argument - défendu entres autres par Jean Louis Bourlanges - de la continuité de la politique concurrentielle de Rome 1957 à nos jour. Pour lui, «les cartes ont été rebattues» et «la Commission de Bruxelles met désormais la concurrence et la libéralisation de l'économie au centre de son action, et défend la perspective d'un "Etat minimal" . Cette radicalisation s'exprime à la fois dans la pratique et dans les traités»

La géographie des «alliés du jour d'après» est esquissée par Jacques Nikonoff qui identifie quatre ensembles dans l'union : les fondateurs, les états méditerranéens, les atlantistes et les nouveaux entrants. Selon lui, l'Union telle qu'elle se dessine dans ce traité va « étouffer la dynamique Franco-Allemande», et confirmer la dérive atlantique et libérale d'une Europe qu'il décrit comme «ligotée et bâillonnée»

Pour Etienne Balibar, le choix est fait. Après avoir passé en revue ce qui aurait pu le conduire au Oui, il conclut pour le Non en invoquant le «statut et les objectifs de la Banque centrale européenne [qui] placent le pouvoir financier de facto dans une situation de souveraineté ou d'exception, au-dessus des lois et décisions majoritaires des citoyens, et simultanément l'asservissent à un dogme monétariste rigide. A une époque où, plus que jamais, les sphères de l'économie, de la politique et de la culture s'interpénètrent étroitement, cela revient à corseter étroitement tout développement social, toute innovation collective, toute politique économique offensive»

Henri Emmanuelli terminant son tour de France des délocalisations propose un «plan d'intégration européenne de 250 milliards d'euros» Nb : L'Allemagne a dépensé 70 milliards pour la réunification des 18 millions d'habitants de l'ex RDA



Terminons ce tour d'horizon par François Bayrou, visiblement victime d'un retard à l'allumage en nous expliquant que «la campagne commence», sans oublier notre Lang du jour qui veut entendre «un cri de joie» si le Oui l'emporte.
Rendez vous Dimanche, Jack.

L'Europe à Bicyclette

Passionnant débat hier soir durant le TEE d'Ockrent. La politique refait irruption dans le débat public et montre à quel point les années passées ont été pauvres en discussions de fond sur les enjeux européens et leurs conséquences nationales.

La vivacité des débats où le ton compassé habituel dans cette maison finit par voler en éclat, bousculant Ockrent dont le dispositif d'émission paraissait soudain bien futile [1] au regard de l'importance des enjeux et de la qualité des échanges.

Il fallait la voir s'emmêler en bredouillant à Pasqua un "quand vous étiez aux affaires... enfin je veux dire au gouvernement" du meilleur goût.

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Propositions pour une Relance Européenne

Voici un appel définissant une série de bases possibles pour une renégociation de la constitution.

Rédigé par Pierre Carassus, Éric Coquerel, Pierre Cours Salîes, François Delapierre, Monique Dental, JeanFrançois Gau, Élisabeth Gauthier, Raoul-Marc Jennar, Jean-Louis Le Bourhis, Pascal Le Neouannic, Marc Mangenot, Roger Martelli, Roland Mérieux, Alain Obadia, Christophe Rameaux, Michel Rousseau et Louis Weber, il a déjà reçu de nombreux soutiens.

Il comence par proposer «Dix mesures immédiates» à soummettre aux institutions de l'UE et aux états :

•Le pacte de stabilité, qui justifie le recul des dépenses publiques, sera abandonné.

•Le budget européen sera réévalué, pour faire face aux exigences d'intervention publique et, notamment, pour réussir l'élargissement.

•La directive Bolkestein, qui vise à institutionnaliser et à développer le dumping social avec le principe du « pays d'origine », sera retirée. Toutes les décisions qui vont dans le même sens seront écartées.
(...)

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Jospin dans le Texte


Lionel Jospin
s'est exprimé hier soir sur TF1.

Voici une transcription sommaire de son entretien avec PPDA, agrémentée de commentaires d'Hymne à la Joie, et pour ceux qui ont raté le rendez-vous la vidéo de l'émission.

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Gauche Européenne : Votre Non est Notre Non !

L'Appel des 200 publie une pétition européenne de soutien au Non dont l'intitulé est :

Solidarité européenne avec le Non de gauche français : « VOTRE Non est NOTRE Non ! »

Parmi les très nombreux signataires citons,

Rosa AGUILAR (Maire de Cordoue, Espagne)
Fausto BERTINOTTI (Secrétaire national du PRC, Italie, Président du Parti de la Gauche Européenne
Lothar BISKY (Président du PDS, Allemagne),
Jean- Maurice DEHOUSSE (ancien Vice-Président du Groupe Socialiste du Parlement européen, Belgique)
Albert ESCOFET (Secrétaire Général du Parti Socialiste unifié de Catalogne),
Ernest GLINNE (ancien Président du groupe socialiste au Parlement européen, ancien ministre de l’emploi et du travail et ainsi président du Conseil Européen des ministres des affaires sociales, Belgique),
Georgios-Alexandros MANGAKIS (Ancien Ministre de la Justice, PASOK, Grèce),
Jan MARIJNISSEN (Président du Parti Socialiste, Pays-Bas),
Zdenek STEFEK (Président de la jeunesse communiste, République tchèque),
Mikis THEODORAKIS (auteur-compositeur, Grèce),

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24 mai 2005

Une Constitution rédigée par Prevert ?

Le plus fréquent des reproches faits par les partisansn du Non au TCE, c'est d'incorporer des choix politiques qui ne devraient pas se trouver là.
Une constitution digne de ce nom se devrait d'être neutre dans ce domaine, et ne pas s'emcombrer de détails qui n'y ont pas leur place.

Rien de tel qu'un bon exemple pour illustrer le propos, et la constitution nous en fournit un que l'on pourrait qualifier, comment dire ? de croquignolet ? Jugez vous-mêmes.

Voici une liste annexée à l'article III-226, que monsieur Prévert n'aurait sans doute pas reniée :

LISTE PRÉVUE À L'ARTICLE III-226 DE LA CONSTITUTION
1 — Numéros de la Nomenclature combinée 2 — Désignation des produits
CHAPITRE 1 Animaux vivants
CHAPITRE 2 Viandes et abats comestibles
CHAPITRE 3 Poissons, crustacés et mollusques
CHAPITRE 4 Lait et produits de la laiterie; oeufs d'oiseaux; miel naturel
CHAPITRE 5 0504 Boyaux, vessies et estomacs d'animaux, entiers ou en morceaux, autres que ceux de poissons

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Revue de Web J - 5

Halte au Feu. En attendant Jospin, présent ce soir au 20 H de TF1, la gauche partisane du Non, en la personne de M. Melenchon, l'invite à ne pas «perdre la raison et utiliser des mots aussi violents que ceux qu'il a utilisés» précedemment. Paul Quiles, accompagné par trente élus de gauche eux aussi favorables au Non, recommande aux partisans du Oui de garder leur «sang froid», et publie un appel en ce sens.

Un Oui, qui continue a faire piètre figure, face à un Non annoncé à 53% par Ipsos et CSA et 54% pour Ifop.

Un Oui, également plombé par une pluie de mauvaise nouvelles sur le plan social, allant des délocalisations comme Lycos qui propose des reclassements à 300 euros par mois en Arménie, aux routiers soumis à la bolkensteinisation via la concurrence du «cabotage» de flottes de camions portugaises ou polonaises. On assiste ainsi à une multiplication d'affaires relevant de ce que Libération appelle le «travail au rabais qui affole la France»

Pour conclure, puisqu'il ne saurait y avoir de bonne campagne électorale sans notre vibrionnant Jack Lang national, le voici donc, gagnant haut la main le prix «Joseph Prudhomme» du jour avec sa France «Locomotive de l'Europe» que le Oui pouvoira «d'ailes»

Michel Onfray - Contre la servitude volontaire

Michel Onfray, Philosophe d'un radicalisme libertaire illustré il y a peu par son »Traité d'Athéologie « était aujourd'hui l'invité du 13 H (audio) de Fance Culture . Il a réaffirmé à cette occasion un engagement pour le Non motivé par le refus de ce qu'il appelle la «Servitude Volontaire». Voici le texte d'une tribune publiée par «Rouge», l'hebdomadiare de la LCR, où il développe ce thème et dénonce les raisonnements qui conduisent à affirmer « sur le principe de Gribouille se jetant à l’eau pour éviter que la pluie le mouille, [qu'il] faudrait vouloir le libéralisme pour éviter et combattre... le libéralisme»

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23 mai 2005

Revue de Web J- 6

Les indécis, objets de toutes les convoitises. Dans cette dernière ligne droite, l'heure n'est plus à la finesse de l'argumentation, à l'analyse scrupuleuse des désormais célèbres III-122, IV-443 et autres III-188 qui ont transformés nombre de français en juristes néophytes mais néanmoins sourcilleux.

Il s'agit maintenant d'emporter la conviction par le contexte, plus que par le texte, dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est finalement assez médiocre. Chirac et Jospin, poids lourds ou demi lourds du Oui s'apprêtent à jouer leur va-tout en s'adressant une nouvelle fois aux français. Et chacun de lancer ses arguments de dernier recours.

A commencer par le plus répandu, qui affirme que le Non, bien que ses motifs soient légitimes, aurait un effet contre-productif.

C'est l'avis de Serge July, directeur d'un journal annonçant qu'il va «traquer les hésitants », et qui recycle le vocabulaire du joli mois de Mai de sa jeunesse en nous décrivant «une France "enragée" [qui] a le droit de l'être», mais retrouve aussitôt ses marques en nous prédisant en cas de victoire du Non une «Europe brinquebalante». Avis également partagé - on s'en douterait - par François Hollande, bizaremment satisfait à l'évocation des seconds tours électoraux, qui nous rappelle que «Cette fois, il n'y [en aura] pas». JP Raffarin, toujours aussi constant dans la défense et l'illustration du beau et subtil français en usage dans la réclame, dénonce le «Révisionisme» que M.G Buffet pratiquerait à l'encontre de l'Europe de l'Est, ayant sans doute en tête que voter Non, c'est voter Goulag.

Fatigué, Nicolas Sarkozy s'est fait remplacer par JL Borloo sur le plateau de TF1, mais cela ne l'empêche pas de conseiller à l'UMP de «répondre aux interrogations du non, quel que soit le résultat »... de la péripétie référendaire en regard d'un grand destin national, serait-on tenté d'ajouter.

Dans
le camp du Non , l'Humanité, récapitule en dix points les raisons de son choix, et répond aux questions sur l'isolement de la France, et les perspectives de renégociation, et Christophe Ramaux, maître de conférences en économie à Paris-I, dénonce ce qu'il appelle « l'inconcevable oui de gauche» en estimant que «c'est bien la démocratie qui est menacée lorsqu'à la possibilité de choisir le libéralisme économique est substituée l'obligation de s'y conformer»

22 mai 2005

Charte Sociale contre Constitution : KO debout ?

La Charte des Droits Fondamentaux, contenue dans la partie II du projet de constitution, est souvent décrite par les partisans du Oui en terme d'avancée remarquable pour la dimension sociale de l'Union.

Pour vous permettre de juger sur pièce de la pertinence de cette affirmation, Hymne à la Joie organise une visite guidée de ce texte qui devrait définir l'Europe Sociale.

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Revue de Web J - 7

Gouverner c'est prévoir rappelle le vieil adage. Et contrairement à ce que prétendent les partisans du Oui à Paris ou à Bruxelles, il serait hautement improbable qu'ils aient dérogé à cette règle de base dans l'art de gouverner. Poursuivons donc l'exploration des Plans et de leur alphabet des possibles.

Alphabet qui s'est enrichi du «Plan C » que Laurent Fabius décrit comme « le plan caché de la droite pour l'après-oui.» et dont il énumère les mesures tenues sous le boisseau en l'attente du résultat du referendum « J'ai recensé une première liste de mesures retardées qui ressortiront dès après le 29 mai si le oui l'emporte : publication des lettres-plafond sur la réduction des effectifs des fonctionnaires, négociation avec les syndicats sur le contrôle et les sanctions des chômeurs, décret sur la pénalisation des patients n'ayant pas désigné de médecin traitant, réunion de la commission établissant les comptes de la sécurité sociale, augmentation des tarifs de GDF... J'abrège... Sans oublier, au niveau européen, la nouvelle mouture de la directive Bolkestein-Barroso, le budget plafonné à 1 % du PIB, la réforme des aides aux territoires pénalisant la France, le texte sur la libéralisation des transports urbains»

On n'ose imaginer quelle lettre de plan JP Raffarin avait en tête en réchauffant un meeting à Garges les Gonesses à coup d'exhortations à ne pas être «frigides» (Ecouter), (Lire) .

Mais avec un Non estimé à 52% en France et 63% aux Pays Bas et une cote de popularité réduite à 24% d'opinions favorables c'est certainement la crainte du Plan T, qui suggère au premier ministre hier partisan convaincu des bienfaits du libéralisme, adepte de la main invisible et du moins d'état, de reprendre aujourd'hui à son compte les valeurs de solidarité et de demander aux électeurs de ne pas se laisser «enfermer dans l'égoisme et l'individualisme» tout en affirmant que «l'avenir appartient aux pays généreux»

C'est sans doute la même perspective qui conduit Jacques Chirac reprenant une des vielles traditions des gaullistes en campagne, naguère dévolue à Michel Debré, le père du président de l'Assemblée Nationale, et qui consiste à mobiliser Radio France Outre-Mer pour haranguer nos compatriotes des Dom-Tom qui comptent 1 million et demi d'électeurs pour leur expliquer ou se trouve leur intéret bien compris.

Malgré les prédictions apocalyptiques d'un François Hollande prophétisant parmi les plaies d'égypte qui vont s'abattre sur nous, rien moins que la Nuit [1]en cas de victoire du Non, le plan B, lui se porte bien. De mieux en mieux pourrait-on dire, si l'on en croit l'Humanité qui s'est procuré une note de travail circulant à Bruxelles, décrivant trois scénarios à l'étude :

• Un second referendum français sur un texte identique (comme ce fût le cas pour l'Irlande)
• La formation d’une « avant-garde » rassemblant Les Français et les Allemands suivis des quatre autres pays fondateurs de 1957 (Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg et éventuellement l’Espagne) qui permettrait des progrès importants et rapides sur le plan de l’intégration politique et sociale. Autour de ce « noyau dur », une agrégation plus souple à Vingt-Cinq subsisterait pour parachever l’intégration économique. (Ce plan est similaire à celui décrit par les sources de De Defensa, publié ici le 20 mai)
• Un scénario « pragmatique » et de « bon sens » qui consisterait à « prendre acte de la nature du "non" français, retirer la partie III à l’occasion d’une conférence intergouvernementale, ou les chefs de gouvernement s’accorderaient pour "sauver" certains aspects de la constitution notamment sur les articles concernant les principes, les valeurs et le fonctionnement des institutions communautaires .


Elever le niveau scientifique ne saurait nuire au débat, aussi nous allons conclure avec Gisèle Halimi, qui vous informe Mesdames, que vous êtes victimes d'un «coefficient différentiel négatif» désormais mesuré à l'ONU par un indice «sexospécifique de développement humain». et pointe du même coup les insuffisances et les «silences» du traité sur les Droits des Femmes. Dont Acte.

[1]Exode : 10.22 Moïse étendit sa main vers le ciel; et il y eut d'épaisses ténèbres dans tout le pays d'Égypte, pendant trois jours.
10.23 On ne se voyait pas les uns les autres, et personne ne se leva de sa place pendant trois jours

Gerard Lafay : Dix Propositions pour une Constitution

Gérard Lafay, est économiste professeur à Paris II, et auteur de nombreux ouvrages.

Il a rédigé une liste de propositions pour une renégociation, qui sont fort intéressantes., on y trouve des suggestions comme :
«promouvoir systématiquement une Europe à géométrie variable, les coopérations renforcées, du type de l'Airbus ou d'Ariane» «Créer une Chambre haute» «Offrir la possibilité à un État qui s'estimerait gravement lésé par une décision communautaire d'exercer ...un droit de veto» «Retirer à la Commission son monopole de proposition législative » ou encore «Soumettre les arbitrages de la Cour de justice de l'Union européenne à un droit d'opposition, exprimé par le Conseil européen»

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20 mai 2005

Mouton Noir

Le Plan B selon De Defensa

De Defensa est une Lettre d'Analyse bimensuelle, traitant de problèmes politiques, stratégiques et industriels, publiée en Belgique.
Dans une note datée du 15 mai De Defensa donne sa version des tractations en cours pour définir une solution alternative en cas de victoire du Non :
Nous apportons des précisions, venues de sources diplomatiques en contact constant avec la diplomatie allemande. Ces précisions nous disent qu’il y aurait d’ores et déjà une grande activité sur le thème d’un “plan B” et que le chancelier Schröder s’y active.

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Revue de Web J - 9

La perspective du «jour d'après» continue de susciter des avis pour le moins divergents. Si les économistes interrogés par Libération ne confirment pas les prédictions catastrophiques de Raffarin et restent sereins dans l'hypothèse d'une victoire du Non, Jean-Claude Juncker Premier ministre du Luxembourg et actuel Président de l'UE estime que les autres Etats membres ne seront pas d'accord pour renégocier. D'un tout autre avis, Genevièvre Azam, Pierre Khalfa et Dominique Plihon, tous trois membres de la direction d'Attac jugent que «le rejet de ce texte légitimerait le combat contre le modèle néolibéral européen, aurait un impact considérable chez les autres peuples d'Europe et modifierait les rapports de forces actuels »

Jean Pierre Chevènement fidèle à son caractère entier, n'est visiblement pas sujet au doute. Durant son dialogue avec les internautes de Libération, il écrit un «Il n'y a pas de oui de gauche» ferme et définitif.

Parmi les autres petites phrases du jour, citons De Villiers qui déclare «Il faut laisser au peuple français le choix de ses options fondamentales. Libre à lui de baisser la TVA, de dire non aux OGM et à la directive Bolkestein s'il l'entend ainsi», et François Baroin qui regrette ce qu'il appelle un «élargissement raté» et «mal préparé».

Dans Le Monde, Pierre de Lauzun s'interroge sur les mécanismes de la contruction européennes, et constate : « L'Europe est ce paradoxe d'une construction non démocratique mais à fondement démocratique. Elle reste plus le fruit d'une volonté des élites que d'une construction populaire. Chaque étape a été décidée en haut et ratifiée au mieux a posteriori. Démocratique, son fonctionnement ne l'est pas plus, malgré le"Parlement européen" : il n'y a pas de débat public entre deux équipes ou deux programmes, sanctionné par les urnes, dans un espace politique commun »

Concluons, apparemment sans rapport direct avec le referendum, par une très intéressante étude de Jean de Kervasdoué, ancien directeur de l'Assistance Publique, qui compare l'espérance de vie selon les pays, mettant en évidence le lien entre politiques sociales et longévité des habitants. On y apprend qu'un jeune Noir de sexe masculin, vivant à New York, a la même espérance de vie qu'un Sri-Lankais, ou qu'il vaut mieux être japonais (81,5 d'éspérance de vie) ou européen de l'Europe des Quinze (79) qu'habitant des Etats-Unis (77,1). La différence significative - 2 ans - entre UE et USA s'est sensiblement accrue. elle n'était que de 5 mois en 1960.
Moins éfficace, la santé publique des USA coute pourtant 1.81 fois plus cher que celle d'un français. Et cela malgré note-t-il, l'existence à un instant donné, de 43 millions d'Américains ne bénéficient d'aucune couverture sociale, soit environ 20 % de la population. Ce chiffre dissimule une précarité plus importante encore car, sur une période de deux années, c'est près de 40 % de la population qui, a un moment donné de ces deux années, ne bénéficiera d'aucune couverture sociale . Il poursuit : La nation la plus puissante, la plus riche, la plus médicalisée n'est pas celle, loin s'en faut, où l'on vit le plus longtemps. C'est bien le système politique et social qui imprime sa marque(...)
Finalement, sommes nous si loin des préoccupations du réfendum ?

19 mai 2005

Revue de Web J - 10

Hymne à la Joie en avait fait la remarque il y a quelques jours, les observateurs de cette campagne s'accordent à la comparer avec celle de la présidentielle de 1981 où le bon Mr Poniatovsky nous prédisait alors l'arrivée imminente des T55 soviétiques sur la place de la Concorde. Aujourd'hui les arguments sont différents, mais l'artillerie toujours aussi lourde. De Raffarin à Baron qui s'abaissent à jouer sur le registre de la peur en annonçant une «crise économique» et une récession en cas de victoire du Non, en passant par Xavier Darcos accusant Fabius de se «prostituer» à l'Humanité en lui accordant une interview la bataille référendaire ne fait pas dans la dentelle.

Aujourd'hui ce sont les bataillons Européens qui entrent en scène. Le monde n'hésite pas à titrer sur L'Europe au secours du Oui et nous décrit l'arrivée de Joschka Fischer, Mario Soares, Josep Borrell venus au secours Hollande, dénoncer ce qu'ils appellent rien moins qu'un non destructeur




Chirac joue la même partition, mais un ton au dessus, présidence oblige, et appelle à la rescousse Schröder et Kwasniewski.


Malgré ce pilonnage intensif, le Non se maintient en tête

Visiblement, la France redécouvre les délices et le frisson du politique. Libération nous racontait hier comment le refendum crée des chauds et froids dans les familles en provoquant incompréhensions ou rapprochements inattendus.

Comment ne pas voir dans la virulence de cette campagne la confirmation à posteriori du manque de vrais enjeux des dernières consultations. A force de nous répeter que nous ne disposons plus de réelle autonomie à l'époque de la mondialisation, que tout dépend tantôt de bruxelles, tantôt de l'OMC, tantôt de Wall Street, comment s'étonner qu'au jour ou il s'agit de définir une nouvelle perspective pour l'Europe, les français aient l'impression de pouvoir peser enfin sur leur destin, et ne prennent pas pour argent comptant les rodomontades de leurs hommes politique ?.

L'Elargissement, la Turquie et la Sécurité Européenne

Le triomphe de l'angélisme, ou comment le désir de paix peut mener aux catastrophes.
Par Hymne à la Joie

Nous sommes tous épris de paix, cela va sans dire. Mais l'argument souvent entendu dans la campagne selon lequel l'élargissement à l'Est, puis à la Turquie étendrait ipso facto l'espace de paix et de sécurité européen mérite examen, au delà des bons sentiments affichés.

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Frédéric Lordon - Le mensonge social de la constitution

Frederic Lordon, Economiste, est chercheur au CNRS et membre du groupe des douze economistes pour le Non.

Le peuple est un enfant, c’est bien connu. On ne le conduit qu’à la crainte ou à l’espoir. C’est pourquoi il faut tantôt lui promettre, tantôt lui faire peur. Les maîtres sont là pour connaître et faire reconnaître le vrai bien. À la baguette ils indiquent la voie et orientent les immatures. La baguette européenne est formelle : par ici-oui, mais pas par là-non.
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Ndlr : Post tout spécialement dédié à Sophie, l'assureuse, praxis le frileux, et tous ceux qui hésitent encore à secouer le joug

Noir Desir - Europe

L'Europe dite par Noir Désir, et suggérée par Leila et François, lors d'une nocturne du 20ème (Ni un numéro de régiment, ni le siècle - l'arrondissement)

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18 mai 2005

France Culture : le Non en Débat

Frederic Lordon était aujourd'hui l'invité du 13H de France Culture Ecouter Debut de l'entretien à la 16ème Mn

Dans l'émission «La suite dans les Idées» Arnaud Montebourg et Stephane Collignon ( SPD, parti social démocrate allemand ) débattent des conceptions socialistes de Europe Ecouter


Et toujours disponible, l'étonnante interview de Michel Rocard, où après avoir brossé un tableau sans concession des méfaits et des impasses du libéralisme, il conclut en disant : Nous avons été battus, battus.... Et en déduit qu'il convient voter oui. Un vrai morceau d'antologie : Ecouter

Nb : Enregistrements au format Real Audio

Revue de Web J -11

53% ou 51% trois nouveaux sondages donnent le Non en tête. Le Monde analyse en détail les résultats qui font apparaitre un électorat du PS et des Verts partagé entre oui et non à 50/50.

Laurent Fabius s'exprime dans L'humanité : «À l’époque, j’ai approuvé le traité de Maastricht parce qu’il contenait une avancée majeure : l’euro (...)C’était un premier pas vers l’Europe de la croissance, de l’emploi et du social (...)mais on est loin du compte. La Banque centrale, arc-boutée sur la sacro-sainte stabilité des prix et indépendante du pouvoir politique, ne se donne pas les moyens de lutter contre le chômage et la précarité. Il y a plus de 20 millions de chômeurs et voilà que l’on nous propose de constitutionnaliser dans l’Europe à 25, 27 et bientôt 30 des politiques qui privilégient l’hyper-concurrence au détriment de la production, des salaires, de la recherche, de l’innovation (...)

Quand on est de gauche et pro-européen, on est internationaliste : on veut une Union qui rapproche les peuples et les modèles sociaux. Avec le dernier élargissement, l’Europe a changé de nature (...)Si la constitution est adoptée, chaque pays continuera, par exemple, de disposer d’un droit de veto en matière fiscale. Quand les États membres possédaient un niveau comparable de fiscalité, cette règle ne posait pas problème. Mais aujourd’hui, chez certains nouveaux entrants, la fiscalité sur les sociétés ne dépasse pas 10 %, quand elle n’est pas tout bonnement de... 0 %. Comment nier que cela exercera une pression à la baisse sur notre propre impôt sur les sociétés (...) S’ensuivra une chute des ressources publiques de l’Union, préjudiciable à l’emploi, dommageable pour les services publics et les territoires»


Jérôme Jaffré analysant dans Le Monde le contexte politique du referendum, fait montre d'assez peu de respect pour la démocratie et notre droit de regard imprescriptible sur les transferts de souveraineté, en écrivant :
« le président de la République a pris un risque excessif en soumettant au jugement direct du peuple un texte au titre aussi ambitieux et au contenu aussi complexe.(..) Une bombe à retardement est laissée aux successeurs avec l'inscription dans la Constitution française de référendums obligatoires pour tout nouvel élargissement»

17 mai 2005

Frederic Lordon - Interview Radio Aligre

Frédéric Lordon

est Economiste, chercheur au CNRS,

Membre du groupe 12 économistes contre le Traité Constitutionnel.

Voici la transcription d'un entretien avec Pascale Fourier sur ALIGRE FM 93.1., ou il revient sur son appréciation du Traité, et les perspectives ouvertes en cas de victoire du Non

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