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Hymne à la Joie élargit son champ d'action
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30 mai 2005

Revue de Web du «Jour d'Après»

Libération : Serge July n'a manifestement pas assisté à la même campagne électorale que nous tous. Editorialisant aujourd'hui, il n'a pas de mots assez durs pour exprimer sa vindicte devant la décision des français, qu'il qualifie de «Chef-d'oeuvre masochiste». Fustigeant des «Leaders d'Occasion» (situés sans doute dans l'imaginaire Julyste juste a proximité dans l'opprobe des soldats de fortune) il dénonce les «mensonges éhontés» qui ont conduit à rien moins qu' «un désastre général et une épidémie de populisme qui emportent tout sur leur passage».

Pour lui, la victoire du Non provient de «l'empilement» de referendums perdus.

L'un questionnait l'élargissement, et a donné lieu selon lui à une réponse «xénophobe» portée par une gauche dont-il compare la campagne antidélocalisation à celle de Chirac sur la sécurité en 2002.[1]

L'autre appréciait les «élites», que «la France d'en bas entend évidemment corriger, sinon raccourcir», juge le Directeur de Libération, donnant le sentiment de s'inquieter pour lui-même. Le troisième concernait le libéralisme, pour lequel l'utilisation par la gauche d'arguments qu'il estime issus d'Attac, relève tout simplement du «délire».

Referendum enfin sur le social ou Serge July croit déceler une ingratitude pour les avancées de la Charte Sociale (Ndlr : Sur ce sujet la lecture de l'étude «Charte Sociale contre Constitution» s'impose...on y apprend comment la constitution a réutilisé en les vidant de toute substance des traités déjà ratifiés par les membres de l'UE)

La conclusion dès lors coule de source :
«Il fallait pour faire ce chef-d'oeuvre masochiste, outre les habituels souverainistes, une classe politique élevée par des autruches, portée aux mensonges depuis de nombreuses années, des incompétents notoires à la manoeuvre dont un Président en exercice, et des cyniques en acier trempé dont un ancien Premier ministre socialiste. »

Il y a quelques années, Franz Olivier Giesbert avait ouvert la voie en effectuant une spectaculaire conversion de l'Obs au Figaro. Inquiété peut-être, par l'éventualité d'une délocalisation organisée par son nouvel actionnaire, Serge July nous prouve aujourd'hui que la flexibilité du marché du travail qu'il prêche pour les autres n'est pas un vain mot pour lui. Voila un homme sans conteste fin prêt pour la presse Dassault.


[1]Cet argument a également été utilisé par N. Mamère durant la campagne. Hymne à la joie reviendra sur ce point ultèrieurement

1 Commentaire(s):

At mar. mai 31, 11:15:00 PM, Anonymous Anonyme a écrit :

Salut Philippe,
je n'ai pas envie de répondre à ton commentaire de l'article de July que je n'ai pas lu.
Non, plutôt parce que nous sommes le jour d'après, et qu'un silence inquiétant me tient en éveil.
Silence de la gauche du non, très mal à l'aise finalement, parce que prise de court sur l'étendue de sa victoire, et parce que ce n'est la victoire de personne, au sens où les contraires sont unis pour l'occasion sans qu'on puisse penser les voir s'unir sur un programme commun, qui ne pourrait être que xénophobe. Pensons aux militants du PC qui se sont retrouvés à voter Le Pen.
Le discours de Chirac m'a désespéré, me faisant penser à un médecin qui repeindrait les murs de la chambre d'un mourant pour le guérir.
Visiblement ce silence traduit les discussions internes des partis, affrontés, pour ceux de "gouvernement" à la question de leur représentativité, pour les autres à leur peu de force de pénétration de la société française.
Je crois que l'heure serait dans ce contexte à la mobilisation, et je ne vois que des appareils, plus ou moins huilés, qui se remettent en marche, sous le coup d'un pénible effort, d'une secousse. Sans doute faudra-t-il un certain pour voir nos penseurs d'hier, repenser la nouveauté. Je crois que personne n'a de plan B. On dit "qui sème le vent récolte la tempête", non? Je crois que ce résultat ne peut qu'appeler une lutte plus acharnée pour le pouvoir, un radicalisme en quelque sorte. Comme tout radicalisme, il ne fait pas dans la dentelle, et annule la complexité du monde, qui m'est si chère.
Je pense par exemple que Fabius qui se la joue 'loin du monde", aurait dû avoir le courage de se poser dimanche soir en face de son choix, et pas de le jouer en direction de ses amis du PS.
Je pense que la gauche du non devrait entrer en campagne et aller sur le terrain, y compris affirmer le sens de son combat aux autres peuples d'europe.
Je pense que la gauche du non doit réagir vite, à l'intérieur pour une pédagogie réelle de la citoyenneté européenne, à l'extérieur pour tisser les liens d'une solidarité réelle des idées et valeur du socialisme.
Tout en se donnant les moyens de son indépendance de pensée, et en gardant le contact avec les électeurs qu'elle peut rassembler.
Car sur les 55%, la moitié vient de l'extrême droite, de Villiers compris. J'y englobe les isolationnistes.
Je pense que le non de gauche doit vite se compter, et se différencier. Elle a pour elle des "têtes", des analyses, de quoi réaliser un programme, qui devrait à mon sens encore pour le moment, en rester au niveau des interventions d'Attac, de groupe proposant.
Sa seule chance, pour moi, d'être crédible, n'est pas de chercher à prendre le pouvoir, mais de définir un périmètre culturel, et rien que cela.
La pédagogie, faire état de la complexité, est en soi une démarche qui tranche.
L'ambition européenne, affichée par le non de gauche, doit faire ses preuves, pour éviter le débat de politique interne qui la condamnera au discrédit et à la vindicte. Je ne vois pour étayer le non de gauche, que des pas réels dans la définition d'une politique européenne. J'espère que la question européenne a fini par passionner les gens, autrement c'est à désespérer. Cela voudrait dire que le non n'a exprimé qu'une fermeture sur soi.

 

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