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UNE
Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
documents ou points de vue sur l'ensemble de l'actualité, nationale et internationale, dans une perspective humaniste, progressiste et anti libérale.

Nb : Les liens concernant la campagne du referendum sont stockés dans une page d'archive accessible depuis le Menu
 

28 mai 2005

Trois questions pour un Vote

Les derniers jours de campagne ont vu les tenants du Oui tenter de culpabiliser ou d'inquiéter les électeurs. Hymne à la Joie propose ses réponses aux trois arguments les plus fréquemment entendus ces derniers jours.

1) Vous êtes xénophobes, populistes vous votez avec Le Pen

Cet argument utilisé par JM Colombani et DSK, veut dévaloriser l'autorité de la décision, quel qu'en soit le résultat, que nous allons prendre.

Le referendum n'est pas un choix de parti. Il s'agit de l'expression de la souveraineté populaire transversale aux familles politiques, et dont aucune n'est propriétaire. Comme l' a dit JL Melechon, il y a en France douze familles politiques, et seulement deux réponses possibles.

Le referendum, faut-il le rappeler, est la forme la plus chimiquement pure de l'expression d'une société. Ce n'est pas un sondage de plus, ou un compromis partisan, mais le choix pesé et raisonné de la majorité des citoyens d'une Nation.

Il n'y a, en cet exercice, aucun choix contestable. Chaque avis exprimé a la même valeur, doit être pris en compte au même titre, et leur somme instaure la Loi. Les bulletins mis dans l'urne ne sont pas plus «Socialistes » que «Le penistes » ou «UMPistes ». Il représentent simplement l'expression d'un citoyen exerçant son droit.

Toute critique appuyée sur l'incompétence des votants, n'est -in fine- que le déguisement d'une préférence inavouable pour un suffrage censitaire, réservé aux notables instruits et bien pensants.

L'égalité du bulletin dans le décompte final, inscrite au coeur de nos règles, crée deux obligations :

- Celle d'éduquer les citoyens afin de les rendre à même de se déterminer rationnellement.

- Celle de respecter la loi du plus grand nombre au détriment de la loi du plus puissant - c'est le fondement de la démocratie - .

Cette campagne a été remarquable par la richesse et la qualité du débat mené, et personne ne peut prétendre que le choix ne sera pas motivé. Il sera donc incontestable.

2)Nous serons isolés

Le modèle social européen que nous défendons est largement partagé sur le continent. L'Allemagne est entrée dans une période de difficultés, mais elle reste profondément attachée à son modèle de «Capitalisme Rhénan» privilégiant la négociation collective, et un haut niveau de protection sociale. Les sociales démocraties de l'Europe du Nord ne le sont pas moins pour leur conception de l'Etat providence. Le vote Hollandais sera d'ailleurs motivé par des inquiétudes similaires aux nôtres nées sur ce sujet aux Pays Bas.

Ce modèle, que l'on pourrait qualifier de «Continental» n'est certes pas celui du Royaume Uni. Le tatchèrisme est passé par là, et le Labour new look de Tony Blair n'a plus grand chose à voir avec la sociale démocratie. Mais devons nous accepter pour autant de plier systématiquement face aux chantages du Royaume Uni qui ne veut à aucun prix d'avancée sociale ?

Quand aux alliés nous n'en manquerons pas. Le bloc continental esquissé plus haut, prend consistance de jour en jour. La décision d'Oskar Lafontaine, ancien ministre des finances de Schroeder de créer une nouvelle formation politique, sa présence au coté de la gauche française durant la campagne, avec Cesare Salvi, Jean Maurice Dehousse, et d'autres leader progressistes européens, montrent que les perspectives que nous ouvrons par ce vote trouvent un écho sur tout le territoire de l'Union.

Les syndicats également se feront l'écho de notre voix à travers toute l'Europe. A commencer par la CES Confédération Européenne des Syndicats qui était très critique durant la phase de négociation du TCE, avant de l'accepter, mais selon ses propres termes comme un point de départ seulement.
En Angleterre aussi, les syndicats commencent a réagir, et ont fondé l' organisation «Trade Union Against the EU Constitution» qui publie un manifeste opposé à cette constitution.

3) Nous n'obtiendrons rien de mieux.

C'est tout simplement faux.

Nous avons déjà obtenu quelque chose de très palpable : l'affirmation d'un refus du «tout libéral» que l'on voulait nous présenter comme inéluctable, ne peux être ignorée par personne. Le très libéral Barroso, les non moins laisser-fairistes Kroes et Bolkenstein, savent désormais qu'ils ne peuvent pas tout se permettre.

Notre vote va également mettre un coup d'arrêt à cette politique déraisonnable d'élargissement à tout prix, qui convient fort bien aux libéraux, pour lesquels une europe très hétérogène est la meilleure garantie contre un retour de la régulation du politique sur l'économie. La Géorgie, la Moldavie, l'Ukraine, la Turquie sont des voisins avec lesquels il importe de mener une politique de coopération, de rapprochement, mais pas d'intégration dans l'UE qui n'a pas vocation à devenir une sorte de SDN du libre échange.

Quand au traité, quoiqu'en disent ceux qui prétendent qu'il n'y aura pas de renégociations, elles auront bel et bien lieu. L'Europe ne peut pas se passer de la France, ni symboliquement comme membre fondateur, ni pratiquement comme contributeur. Le vote Non français enterre le traité. Tout le monde le sait fort bien et seuls les hypocrites, effrayés de voir se ternir leur fin de carrière, prétendent le contraire.

Il conviendra alors de renégocier. Mais nous renégocierons en position de force. En fait, jamais peut-être depuis le début de la construction européenne un gouvernement n'aura reçu un mandat aussi fort pour se rendre en négociation. Personne ne peut prétendre ignorer ce que nous voulons. Nos partenaires devront evidemment en tenir compte, et c'est ce qu'ils feront.

Dans les années 80, Margaret Tatcher n'a pas hésité à bloquer la construction de l'Europe, en exigeant le «Rebate» de sa contribution à l'UE. Nous avons tous gardés en tête son trop fameux slogan «give me my money back!».

Notre combat ne mérite-il pas autant de fermeté que celui de la Dame de Fer ?