A

LA

UNE
Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
documents ou points de vue sur l'ensemble de l'actualité, nationale et internationale, dans une perspective humaniste, progressiste et anti libérale.

Nb : Les liens concernant la campagne du referendum sont stockés dans une page d'archive accessible depuis le Menu
 

30 juin 2005

Appel Contre le Brevet Logiciel


Logo Linux
Appel aux députés européens pour sauver l'Europe de la menace des brevets logiciels



Paris, le 28 juin 2005. Communiqué de presse.

Les associations ADULLACT, AFUL, APRIL et FSF France appellent solennellement les députés européens à voter contre les brevets logiciels lors de la séance du 6 juillet prochain.

Machine de guerre contre le logiciel libre, les brevets logiciels mettront en péril l'indépendance technologique de l'Europe et la construction de l'administration électronique; ils empêcheront l'Europe de participer à la réduction de la fracture numérique.


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27 juin 2005

Elysée... Nous avons un problème

Laurent Mauduit publie dans Le Monde un constat sans appel sur l'état de la Nation.
Les chiffres de la note de conjoncture de l'Insee sont là, impitoyables.

Croissance : 1.5%.
Commerce Extèrieur : entre 2001 et 2004, la part de marché de la France dans le commerce mondial est tombée de 8 % à 7,3 %.
Emploi : baisse de ­ 34 000 en 2004, après ­ 25 000 en 2003.
Chômage : 9 % en 2002, 9,7 % en 2003 et 10 % en 2004. Fin 2005, il pourrait encore atteindre 9,8 %.
Impots : prélèvements obligatoires de 43,4 % du produit intérieur brut (PIB), soit une hausse de 0,3 point.
Dette : de 58 % du PIB en 2002, 62,8 % fin 2003, puis 64,7 % en 2004
Sécurité Sociale : 11,6 milliards d'euros de déficit fin 2005.

Il n'y a pas une statistique pour rattraper l'autre, conclut Mauduit.
Mais, poursuit-il, «malgré l'étroitesse des marge de manoeuvre et les aléas de la conjoncture, un gouvernement peut toujours, quand il fait preuve de ténacité, revendiquer au moins un succès économique».
Et de citer les prédécesseurs :

Bérégovoy : le commerce extérieur avait enregistré un spectaculaire redressement.
Balladur : la politique économique, qu'on y adhère ou non, était lisible et a produit les effets escomptés.
Jospin : les statisticiens s'accordent à penser que sur la période 1998-2002, les 35 Heures ont contribué à créer quelque 350 000 emplois.

Où a été la ténacité ? conclut-il. «Un jour, la priorité affichée a été celle de la baisse des impôts ; puis il n'en a plus été question. Le lendemain, c'est la libéralisation de l'économie qui est devenue l'urgence ; avant que ce ne soit la réduction de la fracture sociale. Bref, d'une volte-face à l'autre, la France a connu une politique économique schizophrénique, et l'Insee en apporte aujourd'hui la mesure»

Elysée... Y'a du boulot.

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Irak : La Guerre Secrète

Le 20 Mars 2003 à 19h 05, un déluge de feu s'abat sur Baghdad, marquant l'entrée en guerre des Etats-Unis et de leur alliés contre l'Irak.

Quelques heures plus tard, le président G.W. Bush s'adresse à ses concitoyens et leur annonce que les Etat-Unis vont désarmer l'Irak, et débarasser le monde d'une grave menace.

L'intervention des coalisés se voit ainsi implicitement justifiée dans l'insuffisance des efforts de l'Irak pour se conformer à la résolution 1441 de l'ONU du 8 novembre 2002, imposant la reprise des inspections des Nations Unies destinées à contrôler le désarmement du pays.

Ce jour semble marquer l'échec final de l'intense jeu diplomatique à l'oeuvre depuis plusieurs mois pour tenter de sauver la paix et convaincre les Etats-Unis d'agir de concert avec l'ONU. Mais sur le terrain, loin des couloirs des chancelleries, depuis mai 2002 les Etats Unis et la Grande Bretagne étaient déjà en guerre.
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25 juin 2005

Mercenaires

PBS, la chaine de télévision publique des Etats-Unis, diffuse Private Warriors, un documentaire de 60mn sur les mercenaires, membres de société de sécurité privées, aujourd'hui au nombre de 120 000 en Irak.

Salariés d'Halliburton, chargés de la logistique des troupes US, ou gardes armés, protégeant les officiels, les expatriés et les installations pétrolières, ils constituent une véritable armée privée qui échappe aux lois et aux règles d'engagement et de responsabilité en vigueur dans l'armée.

La mort de quatre d'entre eux, membres de la société Blackwater, à Fallujah, avait provoqué en avril 2004 la première attaque US sur la ville, causant la mort de centaines de civils et déclenchant une insurrection à travers tous le pays.

Payés jusqu'a 1000 $ par jour, ces «cow boys» selon l'expression d'un colonel US sont parfois d'anciens videurs de boite de nuit à la gachette facile qui se soucient peu de la vie des civils qui se trouvent sur leur chemin. Le documentaire de Frontline lève le voile sur cette face cachée de l'occupation irakienne.

Voir le Documentaire ( en 4 parties, Formats Windows Media et Real Player, haut et bas débit)

Présentation du Documentaire

Codex Seraphinianus

Reprenant la tradition des Codex du moyen age, qui rassemblaient des connaissances disparates mélêes à de chimériques spéculations, Luigi Seraphini a composé en 1981 son Codex Seraphinianus, encyclopédie imaginaire de botanique, mathématique, anatomie, sciences et techniques, rédigée en une langue chiffrée, composée d'un alphabet obscur, jamais élucidé.

Quand il n'est pas plongé dans son travail de scribe, l'auteur que l'on pourrait croire sorti d'un roman d'Umberto Eco, exerce ses talents comme décorateur et créateur de costumes pour la Scalla de Milan, le Piccolo Théatro, et il a collaboré avec Fellini sur la Vocce della Luna.

Son univers de poésie logiquement loufoque et rêveuse a également inspiré le chorégraphe Philippe Découflé dont les trois ballets Codex, Decodex, et Tricodex font référence à cette oeuvre.



Luigi Seraphini est aussi coauteur d'une Pulcinellopedia Piccola ou Petite Encyclopédie de Polichinelle. Son Codex, publié par FMR, la célèbre revue artistique de Franco Maria Ricci est toujours disponible, augmenté dans sa dernière réédition d'une préface d'Italo Calvino qui en propose une interprétation.

Ivan A Derzhanski, membre de l'institut de linguistique mathématique de Sofia s'est lui aussi attaqué au langage du codex, mais sans succès. La seule clé qu'il a découverte est celle de la numérotation des pages, faite selon lui en base de numération 21...




Parmi les prédecesseurs de l'opus de Luigi Séraphini, le Manuscrit Voynich est l'un des plus célèbres. Appartenant à l'université de Yale, cet incunable dont l'attribution à Francis Bacon est pour le moins conjecturale résiste lui aussi aux efforts de déchiffrement jusqu'à aujourd'hui. Il contient plusieurs centaines de planches représentant des plantes inconnues ou des tables astronomiques, accompagnées d'un texte crypté. Il aurait été acheté en 1912 aux jésuites de Mondragone en Italie, par le bibliophile qui lui a donné son nom. Bien qu'accompagné d'un document mentionnant l'existence de l'ouvrage à prague en 1666, la possibilité d'avoir à faire à un faux reste entière.


En savoir plus :
Images du Codex Seraphinianus I >> II >> III >>
Tentative de déchiffrement par Ivan A Derzhanski, université de Sofia (Anglais) >>
Pulcinellopedia >>
Acheter le Codex (230 Euros...) >>
Manuscrit Voynich >>
Images disponibles à l'université de Yale (taper Voynich comme mot clé de recherche) >>

24 juin 2005

Tribunal Mondial pour l'Irak

Aujourd'hui commencent à Istambul les travaux du Tribunal Mondial pour L'Irak, qui s'est donné pour mission de juger l'intervention des Etats-Unis et ses conséquences pour le peuple irakien.

Constitué par des juristes, des experts et des témoins directs, il a mené un travail d'enquête et d'auditions depuis deux ans, débouchant aujourd'hui sur trois journées de débats publics qui porteront sur la légalité de l'action des Etats-Unis, le rôle des Nations Unies, les crimes de guerre, et les destructions de sites archéologiques ou culturels.

Juridiction symbolique, sur le modèle du Tribunal Russell ou siéga Jean Paul Sartre, qui a jugé les crimes de guerre des USA au Vietnam en 1967, le Tribunal Mondial pour l'Irak prononcera un verdict qui marquera selon ses organisateurs un momment historique dans l'effort des peuples du monde pour soumettre leurs responsables aux obligations de la loi internationale.

Parmi les membres du Tribunal, se trouvent Richard Falk, professeur de droit international, récipiendaire du prix Unesco pour la paix, Dennis Halliday ancien collaborateur du secrétaire général de l'ONU, Arundathi Roy ecrivaine et militante écologiste indienne, ainsi que François Houtard ancien membre du Tribunal Russell.

Les séances du tribunal seront diffusées en direct sur internet à cette adresse :
http://www.worldtribunal.org/main/?b=84

site du WTI

IBM Délocalise 14000 emplois

Au momment ou IBM licencie 13 000 salariés en Europe et au USA, la firme prévoit l'embauche de 14 000 personnes en Inde. Si le nombre d'emplois concerné par les délocalisations est relativement faible, l'effet d'entrainement à la baisse des salaires pourrait s'avérer devastateur, estime Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'Economie et ancien dirigeant du FMI. Un programmeur expérimenté gagne 75 000 $ par an aux USA mais cinq fois moins en Inde.
Source : New York Times

22 juin 2005

Hommage à Henri Krasucki


Henry Krasucky photographié lors de son arrestation en mars 1943 © Préfecture de police

Une place de Paris portera le nom de celui qui fut résistant déporté, dirigeant de la CGT et du PCF.

Au coeur de Belleville, le carrefour des rues Levert, de la Mare et des Envierges, sera baptisé, jeudi 23 juin à 17 h 30, place Henri Krasucki.

Tout le monde a gardé en mémoire la silhouette de l'ancien secrétaire de la CGT, casquette prolétaire et cigarette aux lèvres et son élocution gouailleuse et parfois confuse qui faisait la joie des imitateurs.

Mais peu se souviennent que ce juif polonais né en 1924 à Wolomin, près de Varsovie, s'engagea à 17 ans dans la MOI-FTP[1] rendue célèbre par le groupe Manouchian, et son Affiche Rouge de triste mémoire, chantée par Aragon et Ferré.

Il participe alors aux actions clandestines et militaires, notamment des grenadages de dépots de véhicules et de wagons de l'occupant. Arrété le 23 mars 1943 par la Brigade Spéciale de la préfecture de Police[2] il sera déporté à Auschwitz et connaitra comme Simone Veil la «Marche de la Mort» organisée par les Nazis fuyant l'avancée de l'Armée Rouge. Cette évacuation à marche forcée en direction de Buchenwald de 4000 déportés, provoquera la mort d'un quart d'entre eux, abattus en chemin ou morts d'épuisement.

Obtenant la nationalité française en 1947, Henri Krasucki consacrera sa vie au syndicalisme. D'abord secrétaire de l'union départementale CGT de la Seine, il sera élu secrétaire de la CGT en 1960, puis dirigera le journal «La Vie ouvrière». Au Congrès de Lille de juin 1982, il succède à Georges Séguy en étant élu secrétaire général de la CGT, dont il tiendra les rênes jusqu'en 1992. Henri Krasucki est décédé le 24 Janvier 2003.

Jeudi soir, le gamin courageux de Belleville sera honoré, au coeur de son quartier, par l'hommage rendu par la Mairie de Paris et ses camarades.

Lire Aussi :
Sur Henri Krasucki :
Le passé de résistant, sur le site Fondation de la Résistance
Biographie par le Nouvel Obs
Sur les Marches de la Mort
Encyclopédie Multimedia de la Shoa
Le témoignage de Robert Marcault, déporté

[1]MOI Main d'oeuvre immigrée, organisation de la CGT rassemblant les travailleurs étrangers. La MOI rejoindra les FTP en 1942
FTP Francs Tireurs Partisans. Organisation militaire de résistance du PCF
[2]Préfecture qui revendique sans état d'ame un copyright sur les clichés pris à l'époque.

Nettoyages

Le Monde rapporte les réactions aux propos de Nicolas Sarkozy, qui selon le maire de la Courneuve, Gilles Poux, a promis devant la famille de la victime de «nettoyer au karcher» le quartier.

Le langage «viril» du premier flic de France déshonore une fois de plus la fonction dont il a la charge, et les associations soucieuses des droits de l'homme ne s'y sont pas trompées.

Dominique Barella président de L'Union syndicale des magistrats a souligné que l'Etat «devait faire appliquer les lois de la République à tous» et n'était pas là «pour nettoyer». «Le mot de nettoyage est un mot historique lourd de sens dont il faut éviter l'usage»

La Ligue des droits de l'homme a dénoncé, «un langage inquiétant», déplorant qu'«On nettoie des êtres humains alors qu'il s'agit d'arrêter des délinquants. Ce vocabulaire relève d'un discours populiste et non pas de la représentation de la république»

Rien ne peut excuser ces propos indignes, et il faudra nous en souvenir lorsque le vibrionnant Nicolas briguera la plus haute fonction.

Lire l'article du Monde...

21 juin 2005

Gaza : Clôture Maritime

Israël construit une barrière sous-marine au nord de Gaza

"En vue d'empêcher toute infiltration terroriste par la mer et d'assurer la sécurité d'Israël, la marine va mettre en place un système de défense qui aidera à empêcher de telles infiltrations et déclenchera l'alerte des forces de sécurité", a indiqué une source militaire.

L'objectif est de compenser l'abandon par Israël des postes de surveillance de la bande de Gaza, confiés aux forces de sécurité palestiniennes, et d'empêcher le passage par la mer d'activistes susceptibles de commettre des attentats.

L'Autorité palestinienne a dénoncé la construction de ce nouvel édifice sous-marin. "J'espère que le gouvernement israélien va renoncer à son obsession des barrières", a déclaré le négociateur Saëb Erekat.

"Il y a une barrière sur terre, aujourd'hui il y a une barrière dans l'eau et demain on va finir avec une barrière dans le ciel. Cela ne contribuera pas à la paix et à la sécurité", a-t-il ajouté.

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René Passet : UE, le modèle du vivant

René Passet est professeur émérite à l'université Paris-I.

Le sommet de Bruxelles aujourd'hui, tout comme hier celui de Nice, illustre le niveau de maquignonnage auquel est progressivement tombée l'ambition communautaire des années 1950.

L'histoire retiendra sans doute la longue dérive d'un navire dont plus personne ne contrôlait la marche et qui a fini par s'échouer. Il était clair, après Maastricht, que la création d'une zone monétaire unique favoriserait la tentation d'un double dumping social et fiscal. C'est donc l'harmonisation en ces domaines qui devenait prioritaire. Il fallait consolider, on s'est contenté d'élargir sans plus savoir où l'on voulait aller. La grande ouverture de 2004 confirmait la dégradation d'une communauté de peuples en une simple zone de libre-échange régie par les principes de l'économie néolibérale. De son échec résulte une double tâche.

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D.H Lawrence : Money


Money is our madness, our vast collective madness.

And of course, if the multitude is mad
the individual carries his own grain of insanity around with him.
I doubt if any man living hands out a pound note without a pang;
and a real tremor, if he hands out a ten-pound note.
We quail, money makes us quail.
It has got us down; we grovel before it in strange terror.
And no wonder, for money has a fearful cruel power among men.
But it is not money we are so terrified of,
it is the collective money-madness of mankind.
For mankind says with one voice: How much is he worth?
Has he no money? Then let him eat dirt, and go cold. --
And if I have no money, they will give me a little bread so I do not die,
but they will make me eat dirt with it.
I shall have to eat dirt, I shall have to eat dirt
if I have no money. It is that that I am frightened of.
And that fear can become a delirium.
It is fear of my money-mad fellow-men.
We must have some money
to save us from eating dirt.
And this is all wrong.
Bread should be free,
shelter should be free,
fire should be free
to all and anybody, all and anybody, all over the world.
We must regain our sanity about money
before we start killing one another about it.
It's one thing or the other.

D. H. Lawrence, Pansies, 1929

18 juin 2005

Born To Kill

L'armée US a de plus en plus de difficultés a fournir les contingents de chair à canon destinés à la fournaise Irakienne. Selon les dernières estimations, les recrutement effectués étaient de 17% en dessous des prévisions pour l'Armée, 20 % pour l'Armée de Réserve et 24 % pour la Garde Nationale. Seul le corps des Marines parait à même de remplir son objectif de 39 000 recrues pour l'année 2005. Les primes substantielles de 40 000 $ allouées aux signataires d'un engagement de huit ans, ne semblent plus suffisantes pour attirer les volontaires prêts à risquer leur vie dans ce conflit. Selon l'organisation Iraq Coalition Casualties l'intervention en Irak a déjà couté la vie à 1 907 soldats américains, et infligé des blessures à 12 855 d'entre eux.
Mais ces revers dans le soutien du peuple américain à la sale guerre de G.W.Bush ne découragent visiblement pas la Garde Nationale US. Pour preuve, ces photos d'une opération de promotion ou l'on voit que le dévouement patriotique peut, et doit s'acquérir au plus jeune âge dans l'Amérique néo-conservatrice .

17 juin 2005

Naufrage

La vieillesse est un naufrage disait Charles De Gaulle. Impitoyable adage que le Président de la République semble illustrer si l'on en croit Libération citant les proches de la présidence.

«Il accuse le coup. Il lui faut d'urgence retrouver de l'air en se desserrant la cravate», dit un de ses plus fidèles amis. «Il se tait, entend son interlocuteur sans écouter. Je ne l'avais jamais vu comme ça», assure un ancien ministre du gouvernement Raffarin. Quant à ce haut dirigeant de l'UMP, il n'hésite pas à parler d'un «vieux monsieur déconnecté qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive».

Cette atmosphère délétère où les conseillers n'hésitent plus à piquer de leurs dagues émoustillées d'audace le corps moribond du vieux roi blessé, réjouira sans doute les nombreux ennemis de l'homme d'appareils et d'arrangements, aussi prompt à la posture rebelle qu'à son oubli, indécis en tout sauf en son destin.

Mais ce qui en d'autre circonstances reléverait de l'habituelle bienveillance des tueurs qui peuplent le marigot politicien, manifeste en ces temps de crise un malaise plus inquiétant.

Que la Présidence, clé de voute de nos institutions, soit l'objet de tant de mépris et de compassion assassine de ses proches, est l'indice d'une menace sur la démocratie.

Quand celui que nous avons élu aux plus hautes fonctions ne parvient même plus à inquièter ses subalternes, à faire respecter la dignité de sa charge - c'est à dire du mandat que nous lui avons délégué - il devient évident que quelque chose est pourri en la République de France.

16 juin 2005

Quand la Chine Vieillira

En 2040, prévoit l’ONU, 397 millions de personnes seront âgées de plus de 60 ans en Chine. Plus de un Chinois sur quatre ! Cette situation n’est pas si éloignée de celle qui existera en Occident et au Japon. Mais contrairement aux sociétés riches et développées, la Chine risque d’être vieille avant d’être riche.
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15 juin 2005

Médias : un Réveil Citoyen

Les médias nous ont offert durant cette campagne une expérimentation en grandeur nature sur l'étonnante conception déontologique à l'oeuvre chez la plupart des journalistes.

Le souci d'observer, de comprendre, de retransmettre et d'éclairer avait alors laissé place à la morgue presqu'haineuse d'un clergé, sûr de ses raisons, prompt à excommunier ceux qui ne partagaient pas ses vues.

Le résultat du 29 mai, loin de remettre en cause cet entêtement a donné lieu à un nouvel assaut éditorial contre les méfaits supposés d'une «épidémie de populisme et de xénophobie».

Nous avons pu être partagés entre la consternation née du spectacle donné par des médias faillissant à leur tâche et l'amusement devant le désarroi presque comique manifesté par les professionnels d'un prêt-a-penser pour la France d'en bas.

Mais au delà de cette représentation de tragi-comédie que nous a proposé le petit monde politico-médiatique, reste une question majeure. Le quatrième pouvoir, comme il aime à se nommer lui-même lors des auto-célébrations dont il est coutumier - nous venons d'assister à la dernière en date lors de la libération de Florence Aubenas - manque à sa mission.

Biais sociologique induit par l'origine familiale, connivences entre journalistes et politiques ou intérêt bien compris, les raisons peuvent différer mais le résultat est là : l'exercice du journalisme n'est plus celui d'une d'une pensée critique maintenue à distance égale entre les composantes de la société, mais s'est mué en défense et illustration des thèses dominantes.

Cette information consensuelle et monocolore est une menace pour la vie démocratique. Les faits, analyses contradictoires, opinions divergentes, permettent au citoyen de se forger une opinion en conscience, cette campagne l'a largement démontré.

Mais en l'absence de cet éclairage contrasté, l'identité des positions, la non prise en compte de catégories entières de la population du pays, provoquent le découragement, l'éloignement du politique de citoyens qui ne retrouvent pas leurs préocupations quotidiennes ou l'expression de leur sensibilité dans une vie publique dont l'essentiel passe aujourd'hui par les médias.

Cette dérive, tellement criante durant la campagne, ne doit cependant pas être considérée comme une fatalité. Professionnels de l'information, citoyens ou chercheurs se sont saisis de cette question et refusé de passer pour profit et perte ces distorsions.

La pétition «pour une information impartiale» lancée par des journalistes de l'audiovisuel public en protestation contre le traitement inégalitaire des partisans du Non, a recueilli 18 mille signatures en quelques jours. L' Observatoire Français des Médias, association à l'origine de cette initiative, tenait le 14 mai à la Bourse du Travail une réunion annonçant le lancement d'un réseau citoyen «Information Impartiale» destiné à prolonger l'action menée en mai.

Le réseau se donne comme objectif de :

Partager collectivement les informations ou les exemples de remise en cause des principes élémentaires de la démocratie dans les journaux régionaux, ou nationaux, dans les télés.

Préparer des états généraux des médias, nécessitant l'ouverture de cahiers de doléances et de propositions.

Développer des groupes locaux pour la défense de la démocratie dans l'information

Site de l'Observatoire Français des Médias
Site Info-Impartiale
Formulaire d'inscription au réseau

14 juin 2005

Appel Unitaire : Faire Respecter le Choix du Peuple

Pour une Europe démocratique et sociale : Manifestation le 16 Juin 18h30 place de la République

Le « non » est le choix majoritaire du peuple français, il doit être respecté !

Le 29 mai dernier, les Français ont voté massivement « non » au projet de Constitution européenne. C’est un vote populaire, progressiste, c’est un vote de solidarité avec les peuples européens. C’est un vote porteur d’espoir pour une Europe solidaire qui suscite de nombreux soutiens en Europe. Le « non » est désormais la position française. Ce refus du projet de Traité s’impose aux représentants de la France. Il doit se faire entendre lors du Conseil européen des 16 et 17 juin.

Aujourd’hui, nous en appelons à toutes les citoyennes et tous les citoyens, à toutes les forces qui veulent combattre les politiques de démantèlement social et environnemental et agir pour une Europe solidaire et démocratique.

Lire l'appel...

13 juin 2005

G.O.sPin


L'homme n'est libre que si l'Etat est restreint.
Quand l'Etat s'étend, les libertés diminuent.
Ronald Reagan


Le Grand Old Party Républicain ne voue visiblement pas une passion à l'Etat, bien qu'il l'occupe volontiers au plus grand profit de ses riches mandants. Mais la démocratie comportant encore quelques exigences, il doit tout de même s'efforcer de manifester une apparence d'intérêt pour l'opinion des citoyens américains. Et quand les sondages sont mauvais, trouver un «angle» permettant d'amoindrir les dégâts. Voici donc, en direct de Whashington DC, une leçon de «Spin Doctors»[1] commentant un G.W Bush à seulement 35% d'opinions favorables, [qui pèsent toutefois dix point de plus que notre champion national dont ni l'une ni l'autre ne bougent décidemment jamais, comme il aime à s'en vanter].

«Les sondages sur Bush sont erronés», déclare le GOP
Par Carolyn Bolls Correspondante CNSNews.com 13 Juin 2005.

« selon certaines sources les médias pourraient avoir contribué a ces mauvais résultats, mais d'autres remettent en cause la qualité des sondages.

Le sondage par téléphone effectué par Ipsos pour l'Associated Press a été mené auprès de 1001 adultes dont 40% pourcent étaient Répubicains et 50% Démocrates.

Notre nation est divisée à une faible majorité, et ce sondage ne reflète pas cette réalité à déclaré Danny Diaz, Directeur de la communication du parti Républicain.

Interrogé sur l'éventuelle responsabilité des médias dans l'image du président, il a répondu qu'il est difficile de tirer une conclusion d'un sondage dont l'échantillon ne correspond pas au pays».

CQFD

Site du Parti Républicain : Lire

[1] Conseillers en communication

11 juin 2005

Revue de Web - 11 Juin

Arundhati Roy, écrivaine et militante écologiste indienne, dénonce un «Désastre Environnemental». Elle affirme que l'Inde fait face à une grave crise écologique, causée par la pollution industrielle, la création de grand barrages, et l'usage excessif des ressources en eau, causé par la culture industrielle du soja, de la canne à sucre et de l'arachide.

«Quand la seule logique à l'oeuvre est celle du marché, sans se soucier de l'utilisation des réserves d'eau, vous allez au devant de problèmes. Il vaudrait mieux promouvoir un modèle agricole basé sur un développement soutenable de cultures vivrières» affirme-t-elle. L'épuisement des nappes phréatiques dans les états de l'Andhra Pradesh et du Maharashtra a conduit des millions de paysans à la ruine. Ecrasés par des remboursements d'intérêts auquels ils ne pouvaient plus faire face, plusieurs milliers d'entre eux se sont suicidés.

Aux Etats-Unis, le soutien de l'opinion publique sur l'Irak est en train de refluer selon Matthew Rothschild Editorialiste à «The Progressive» qui écrit «The Iraq Tide Is Out» . Les trois quarts des sondés jugent le nombre de victimes américaines «trop élevé» et désormais 52% estiment que la guerre d'Irak n'a pas amélioré la sécurité des Etats-Unis.

L'administration Bush ne recule décidemment devant rien pour arriver à ses fins, comme en témoignent les deux exemples suivants.

a révélé mercredi que M. Philip A. Cooney, membre de l'administration Bush avait expurgé et réécrit les rapports gouvernementaux relatifs au réchauffement de l'atmosphère, afin d'en affaiblir la portée, et d'insinuer le doute sur la validité des avertissements émis par les scientifiques. Avant de rejoindre l'équipe Bush en 2001, M. Cooney était responsable du Groupe d'étude du Climat au sein de l'American Petroleum Institute, émanation lobbyiste de l'industrie pétrolière.


L'écrivain Gore Vidal revient sur les élections présidentielles de 2004, et dénonce «Something Rotten in Ohio» Le basculement à droite de l'Etat de l'Ohio, considéré comme gagnable et fortement disputé par les deux camps, a joué un rôle décisif pour la victoire de Bush. S'appuyant sur le rapport rédigé par une commission d'enquête du Parti Démocrate qui fait le constat de «numerous, serious election irregularities in the Ohio presidential election», Gore Vidal dénonce un «redux» [reconduite] d'un scénario déjà éprouvé en Floride l'année 2000, durant l'élection opposant Bush et Gore. Selon Vidal, le secrétaire d'Etat Kenneth J. Blackwell républicain responsable des opérations du scrutin, a organisé une pénurie de machines électroniques de vote dans les comtés favorables à John Kerry, afin de décourager les électeurs qui ont souvent dû patienter des heures devant les bureaux ou se déroulait la consultation.

Terminons sur une note plus légère, avec ce medley où George Walker Bush, grace au talent de The Party Party chante pour nous Imagine de Lennon mixé avec un Walk on the Wild Side pour le moins de circonstance.

Haut Débit Bas Débit
(Mp3)


Paul Krugman : Losing Our Country

Paul Krugman économiste et éditorialiste [1] au New York Times, retrace la disparition du modèle social de l'Amérique qui l'a vu naitre.

Il décrit un pays, désormais trés différent de celui des années d'après guerre, quand les ouvriers faisaient encore partie de la classe moyenne, n'étaient pas menacés par le chômage, mais pouvaient au contraire espèrer une amélioration de leur niveau de vie.

Mais, poursuit-il, comme l'enquête [1] récente du New York Times «Class Matters» l'a montré, cette société de classes moyennes n'existe plus aujourd'hui.

Les revenus de la classe moyenne ont doublé entre 1947 et 1974, nous rappelle-t-il, alors que l'augmentation n'a été que de 22% dans les trente ans suivants, et elle est due à la part plus importante de femmes qui travaillent, ainsi qu'a augmentation du nombre d'heures travaillées, plutôt qu' à l'amélioration des salaires.

Pendant ces années d'insécurité économique croissante, l'inégalité s'est considérablement amplifiée : les 1% les plus riches ont vu leur revenu doubler, tandis que les 0.1% au sommet ont vu les leurs tripler.

L'émergence de la classe moyenne, aujourd'hui mise à mal, nous dit-il, était favorisée par une politique développant des normes sociales plus justes, par un système d'imposition basé sur la progressivité, ainsi que par la présence de syndicats puissants.

Mais depuis le tournant des années 1980, les politiques économiques ont constamment favorisé les couches aisées au détriment des foyers de salariés. Des réductions d'impots accordées aux hauts revenus, jusqu'aux réformes des faillites individuelles, tout concoure, estime-t-il à conduire les Etats-Unis sur le chemin de la régression sociale.

Cette injustice croissante est dissimulée, enjolivée par des statisques tronquées ou sélectionnées avec soin, afin d'obscurcir la réalité d'un choix de société qui privilégie les plus puissants. Elle trouve sa justification en prétendant qu'une réduction des inégalités conduirait à un société moins dynamique, ou tous n'auraient plus alors que la pauvreté à se partager.

Mais ces arguments veulent faire oublier le dynamisme manifesté par la société américaine dans la période de l'après guerre, et passent sous silence les dérives frauduleuses dans la gestion des entreprises, pourtant induites par un modèle pronant l'avidité du «toujours plus».

Les partisans de cette politique attaquent ceux qui la remettent en cause en les accusant de vouloir ranimer la «lutte de classe» ou de promouvoir une «politique des envieux» née du ressentiment.

Pour Krugman, refuser d'accepter la montée des inégalité ne relève pas d'un ressentiment des moins bien lotis mais part d'un constat : les foyers de salariés ne profitent plus de la croissance et sont confrontés à une insécurité économique grandissante. Il y a de bonnes raisons de penser, affirme -t-il, qu'une société dont la plupart des membres appartiennent à la classe moyenne soit considérée comme préférable et plus propice à la démocratie, au contraire d'une société marquée par de grands écarts entre richesse extrème et dénuement.

Renverser la tendance ne sera pas simple, conclut-il, mais nous devons commencer à agir en combattant les politiciens qui continuent de servir les intérêts de ceux qui les financent, en ne se laissant pas impressionner par les condamnations de la «politiques des envieux» mais au contraire, en dénonçant leurs «politiques de la cupidité».


Lire l'article en VO

[1] L'accès au New York Times en ligne requiert une registration - gratuite.
[2] Petite Annonce - Echangerais trois July contre un Krugman

08 juin 2005

Maximes & Proverbes

L'Euphémisation, fille plaintive d'un Universel qui se fait attendre, dévitalise le langage - cristallisation des tensions du réel - et appauvrit la pensée portée par celui-ci.

Code Rouge

En élevant l'usage du terme «toilettage» jusqu'alors réservé à la gente canine, à la dignité d'un mode de révision constitutionnelle, l'habile Mitterrand a enrichi le vocabulaire de la communication politique d'un nouvel [euphémisme | trope] qui depuis fait flores. L'austère exercice législatif s'est vu ainsi paré d'une pimpante fraicheur , d'un souci de soi presque coquet et du meilleur aloi. Mais rappelons-nous que si l'usage enseigne que l'on bichonne et pomponne volontiers les caniches, on peut tout aussi communément étriller les chevaux, si ce n'est le droit du travail.
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07 juin 2005

Répartition géographique du Vote

Le Groupe de recherche en géographie sociale de l'université du Mans propose un ensemble de cartes analysant la répartition géographique des votes le 29 mai.
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06 juin 2005

Revue de Web - 6 Juin


En attendant Waterloo

En évoquant les «cent-jours» qu'il s'accorde pour définir et mettre en oeuvre une nouvelle politique de l'Emploi Dominique de Villepin, parlant avec lyrisme comme d'autres parlent du nez, avait sans doute en tête le dernier acte de la saga napoléonienne telle qu'il l'a décrite dans un opus de 2001 au titre prémonitoire : «Les Cent-Jours, ou l'Esprit de Sacrifice». Ecoutons ce qu'il écrivait alors :

« Il y a dans les 100 jours un moment très particulier où on découvre un visage un peu méconnu de Napoléon: Un homme de chair et de sang, un homme qui doute... Il a découvert l'humiliation, la trahison, la haine populaire, ce qui l'a bouleversé et transformé profondément. On ne le voit pas encore durant le retour de l'aigle, puisqu'il est emporté par le mouvement et le souffle de l'armée et du peuple de paysans. Mais quand il arrive à Paris il trouve alors le vrai défi du pouvoir : Que faire ? Il a l'Europe qui menace à ses portes, il doit essayer de réconcilier les Français »

Trop lourde tâche, sans doute pour un gouvernement qui, à peine installé, est déjà l'objet du dédain de Sarkozy - toujours prompt à convertir le service de l'Etat en ambitions présidentielles. Le dirigeant de l'UMP qui confond sans doute la Vème République et les officines de Fouché, a déclaré sans sourciller que «le ministère de l'intérieur est un poste idéal pour préparer 2007», et ajouté «j'y serai mieux protégé des attaques qui se sont succédées contre moi, c'est plus efficace que 150 permanents UMP». Tout à fait décomplexé par la faiblesse de l'Elysée, il inflige un dernier affront à une République réduite pour lui au rôle d'escabeau, en annonçant «Fin 2006, il faudra sans doute que je prenne l'air»,

Comment ne pas partager le sentiment de Raphael Bacqué chroniqueuse politique au Monde, qui qualifie dans l'édition du 7 juin de «Naufrage» ce spectacle pitoyable où l'on voit une classe politique privilègiant ses petits jeux stériles d'ambitions, rester sourde à l'expression populaire, et se complaire - à droite comme à gauche - dans l'autisme des jeux d'appareils.
Pour une fois réunis, Edouard Balladur réclamant une «réforme institutionnelle», et Pierre Marcelle qui pronostique «six mois de perdus» dans la clarification nécessaire à gauche, sont à peine moins sévères.

Les 4 Milliards d'Euros dégagés par la vente de 6% de France Télécom annoncée par Thierry Breton fourniront à Dominique de Villepin une dot d'entrée à Matignon pour le moins confortable. Mais ce budget de manoeuvre pré-électorale, distrait des caisses de l'Etat, ne rassure pourtant pas les syndicats réunis aujourd'hui à Matignon, qui craignent que le Code du Travail ne fasse les frais de la nouvelle «impulsion» chiraquienne. Méfiant, Bernard Thibault a averti qu'il n'accepterait aucun assouplissement du droit du travail sous couvert de lutte contre le chômage et brandi la menace de «tensions très rapides et très importantes». FO n'est pas en reste et son secrétaire déclare à Libération que : «Le malaise est profond»


Le modèle Danois

Si durant les «roaring seventies», Jim Morrison chantait «West is the Best» il semblerait qu'aujourd'hui le salut doive venir du Nord. Après moultes années d'études Hypocratiques, l'académie des Diafoirus qui nous gouverne refait une grande découverte : Foin de poumon, c'est d'une Noire Bile, d'une mélancholie de chômage dont souffre la France. Et nos doctes experts, penchés sur un royaume du Danemark maintenant débarrassé de ses anciens miasmes, sont tous pleins de prévenance pour la sociale démocratie à l'oeuvre chez les Vickings. Le Nouvel Obs nous décrit en quoi consiste la «flexsécurité» danoise devenue chère à Villepin, tandis que Bernard Maris insiste au contraire sur ses «difficultés d' importation».


Man Ray
Larmes
Terminons le tour d'horizon de ce jour gris et pluvieux par une nouvelle à son image, avec l'annonce de Jack Straw, ministre des affaires étrangères du Royaume Uni qui a prononcé aujourd'hui l'acte de décès du TCE en déclarant «nous nous réservons le droit de réintroduire cette loi pour un réferendum si les circonstances changent. Mais nous ne voyons pas de raison d'avancer pour l'instant».

R.I.P, TCE

04 juin 2005

Revue de Web - 4 Juin

Règlements de Comptes
Wolfgang Clement, Ministre des finances allemand, n'y va pas par quatre chemin ; en déclarant que son pays «sacrifie une part non négligeable de sa croissance sur l'autel de l'union monétaire, car il doit faire face à des taux d'intérêt supérieurs à ceux que l'Allemagne aurait si elle maîtrisait encore sa politique monétaire» il a ouvert un flot de critiques sur l'Euro. Le ministre des finances Italien Mario Monti franchit un pas de plus et demande un «retour à la lire ou du moins à la double circulation». Libération analyse les «reproches multiples» faits à l'Euro, trop cher et pénalisant les exportations, et la BCE peinant à établir un taux directeur pour une zone économique aux situations contrastées. En effet, si l'Espagne, l'Irlande et les PECO sont en période de croissance inflationiste, l'Italie, la France et l'Allemagne, sont au contraire scotchées dans une croissance molle.

François Hollande pourrait reprendre à son compte le tryptique de Condoleeza Rice : Oublier la défaite, Ignorer Fabius, Punir Attac. Tel semble en effet être le mot d'ordre de la majorité du PS, apparemment décidée à exclure de ses instances les seuls dirigeants en phase avec le «peuple de gauche». Jack Lang en remet une couche, en accusant les partisans du Non d'avoir «tourné le dos à l'internationalisme» .

Règlements de comptes aussi des lecteurs du Monde, qui s'en prennent vivement à la ligne éditoriale de leur quotidien. L'un rétorque «Pente fatale toi-même ! Mais quels sommets de suffisance !» à un éditorial titré «la pente fatale du non» . L'autre, «doctorant et enseignant en économie» estime «être au moins aussi renseigné que vos éditorialistes qui s'évertuent à me faire comprendre que je suis un crétin irrationnel». Robert Solé, le médiateur du journal, tire les conclusions de cette volée de bois vert par un sobre : «Le Monde n'a sans doute pas à "faire de la pédagogie" , mais à informer, expliquer, analyser : faire du journalisme, tout simplement.»
Back to Basic, Robert.

03 juin 2005

Revue de Web - 3 Juin

Extension du Domaine de la Démocratie.
Le referendum était porteur de deux messages : Plus de démocratie, moins de libéralisme. Le sonotone de Jacques Chirac semble décidemment défaillant. Très loin du célèbre «Je vous ai compris» le Président de la République, affaibli, crédité de 24% d'opinions favorables, retourne au détestable système des combinaziones politiciennes, et nomme Villepin, jamais adoubé par le suffrage universel, et Sarkozy, chantre français des méthodes blairo-bushiennes.

La composition de notre nouveau gouvernement fait naitre une certaine amertume chez les recalés. François Fillon n'a pas attendu 24 heures pour laisser libre court à sa mauvaise humeur et manifester le peu d'estime dans laquelle il tient le Chef de l'Etat : «Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien. Sauf de mes réformes» et diagnostique une «crise de régime» sur laquelle il prévoit d'écrire un ouvrage, après dit-il «s'être recasé au Sénat» qu'il envisage sans doute comme une ASSEDIC du chômage de luxe.

L'Europe continue de tanguer. Le Monde identifie «Neuf menaces réelles ou supposées qui pèsent sur la monnaie unique», la BBC analyse «the distrust (méfiance) of the political elite», et le Figaro décrit Bruxelles ou «fourmillent» les plans B, désormais aussi nombreux que «champignons apès la pluie».

Outre-Atlantique, la Gauche américaine redécouvre les peuples de la vieille Europe. Joel Cohen, dans le Boston Globe regarde avec envie le «Democratic Savoir-Faire» des français, et regrette que les américains n'en aient pas fait preuve contre Bush. Diana Johnstone observe dans CounterPunch que «Given the Chance, the People Reject "Globalization"» (quand ils en ont l'occasion, les peuples rejettent la mondialisation) .

Mission Accomplie

Le Non Néerlandais a porté le coup fatal au traité, même si aucun responsable n'a osé, jusqu'à maintenant, prononcer l'acte de décès.

Sur les raisons du refus massif exprimé par la France et les Pays-Bas, les analystes continuent de diverger. Pour les uns, le Non traduit un réflexe frileux et passéiste, porté par une coalition hétéroclite d'antilibéraux et de souverainistes. Pour les autres, il traduit une révolte des peuples contre une machinerie Bruxelloise distante, bureaucratique, et peu soucieuse de leur bien-être.

Quelle que soit l'interprétation proposée, le divorce entre les peuples et leurs représentations parlementaires - nationales ou à Bruxelles - traduit une crise sérieuse des démocraties européennes.

La diabolisation des électeurs, taxés de xénophobie, stigmatisés par le qualificatif infamant de populisme, rassure peut-être ceux qui ont été pris à contre pied par le scrutin, mais évite de se poser les questions de fond.

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02 juin 2005

La Pauvreté des Enfants du Monde Riche


Pourcentage d'enfants vivant dans des familles disposant d'un revenu inférieur à 50% du salaire médian



«La proportion d’enfants

dans

l’indigence a augmenté

au sein

de la plupart des économies

développées dans

le monde
»













L'Unicef

publie un rapport sur la pauvreté des enfants dans les pays riches.
Dans son introduction, il indique que :


  • Au cours de la dernière décennie pour laquelle on dispose de données comparables, la proportion d’enfants vivant dans l’indigence a augmenté dans 17 des 24 pays de l’OCDE


  • La Norvège est le seul pays de l’OCDE où la pauvreté des enfants peut être définie ‘très faible et en baisse’.

  • Des dépenses publiques majeures en faveur de la famille et du progrès social vont de pair avec des taux de pauvreté des enfants inférieurs.


  • Dans 4 des 13 pays de l’OCDE où on dispose de données pour les années ’90, a eu lieu une baisse de salaire pour les 25% des pères les moins payés. Dans 7 pays a eu lieu une baisse de salaire pour les 10% les moins payés.


  • En moyenne l’intervention gouvernementale réduit de 40% les taux de pauvreté des enfants qui résulteraient théoriquement des forces du marché livrées à elles-mêmes


  • Les gouvernements des pays avec les taux de pauvreté des enfants les plus bas du monde réduisent la ‘pauvreté imputable au marché’ de 80% ou plus. Ceux avec les taux de pauvreté les plus élevés du monde ne réduisent la ‘pauvreté imputable au marché’ que de 10 à 15%


  • Les différences de politiques publiques semblent être à l’origine de la plupart des différences des taux de pauvreté des enfants parmi les pays de l’OCDE. Aucun pays de l’OCDE consacrant 10% ou plus du PIB aux dépenses sociales n’a un taux de pauvreté des enfants supérieur à 10%. Et aucun pays consacrant moins de 5% du PIB à de telles dépenses a un taux inférieur à 15%.



La théorie libérale affirme que le marché constitue le meilleur mécanisme d'allocation de ressources, et que toute intervention de la collectivité destinée à réguler ou compenser, ne conduit qu'a l'inefficacité. Au vu de cette étude, il est permis d'en douter.


Lire le Rapport (pdf)

01 juin 2005

Revue de Web 1er Juin

Que Faire ?
Une fois passés la surprise, le choc provoqués par le résultat de dimanche, les uns et les autres se penchent désormais sur la période qui s'ouvre, et s'attachent à décrire les prospectives.

Alain Duhamel affirme «Le non tricolore a anéanti les rêves d'Europe française et comblé les espoirs de l'Europe anglaise». Selon lui, le vote français réjouit Tony Blair, et il qualifie de «chimére» l'idée que «des renforts et les ralliements [aux vues françaises] se multiplieraient».
Ce n'est pas l'avis de Jean-Claude Guillebaud qui fait le pari que ce vote ouvre «plus de promesses que de périls» l’Europe dit-il «est devenue un «objet» démocratique. Au sens le plus noble du terme. Les citoyens se sont appropriés – enfin! – la question européenne. La politique a repris ses droits. Ce basculement est virtuellement fondateur».

Plus prosaïquement, reste la question du devenir du Traité. Le Monde envisage plusieurs minis scénarios d'adoptions de mesures minimales lors d'un prochain mini sommet : renforcement de l'Eurogroupe, mise en place de la présidence, des services communs de politiques étrangères, et des nouvelles règles de vote.
Sur le front des politiques économiques, Jean Louis Debré plaide pour un assouplissement du pacte de stabilité, et la perspective d'une relance Franco-Allemande est évoquée par JL Borloo. Pendant ce temps là l'Euro, lui aussi saisi par le doute, repasse à 1.22 Dollars, et la révélation par le Stern d'une note secrète de hauts responsables financiers allemands qui s'interrogent sur le possible échec de la monaie commune, n'arrange pas les choses.

En politique intérieure le nouveau tandem «je t'aime moi non plus» Villepin vs Sarkozy a laissé de marbre François Bayrou, qui qualifie l'opération de réconciliation des frères ennemis de l'UMP d'«Opéra Bouffe». Le gouvernement ne trouve pas grâce non plus - on s'en doutait - auprès de DSK, qui juge lors d'une interview accordée au Monde que Jacques Chirac «face à la colère française, continue ses fausses postures et ses vrais petits accommodements»


Image : © Le Monde
Si, si !...
Vous avez bien lu :
Le Monde
Terminons par une note plus gaie, en saluant le regrettable sinon regretté Jean Pierre Raffarin, dont les aphorismes qui nous font déjà défaut continueront telle une source intarissable de slogans de tête de gondole, à abreuver les assoiffés du truisme et autres habitants de Chasseneuil en Poitou.

Allez, juste pour le plaisir, une dernière fois :

"Je dis aux jeunes : la fête, c'est la vie. La vie, c'est ton visage !"
"Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints"
"Merci (à Bernadette Chirac) de nous montrer que la victoire n'est pas facile, qu'elle se gagne étable par étable (sic), commune par commune"
"Il y avait un projet de loi qu'on a arrêté à temps. C'était : quand on ne travaillera plus le lendemain du jour de repos, la fatigue sera vaincue"
"Je n'aime pas beaucoup ne pas être dans le logiciel central de moi-même"
"Les jeunes sont destinés à devenir des adultes"

Salut l'artiste !

Eloge de la Rareté

Nous vivons le passage d'un monde de pénuries réelles à un monde de pénuries fabriquées.

Ce qui est rare est cher dit l'adage. Quel meilleur moyen alors de gagner de l'argent, sinon de créer de la pénurie, de la rareté. Le monde dans lequel nous vivons excelle en la matière. C'est même l'une de ses sources de profit majeur.

Pensons aux produits siglés, à la fascination que veut exercer le Logo sur les consommateurs. Dans la grisaille d'uniformité née de la production de masse, le crocodile, la virgule, la lettre, la série limitée, réintroduisent la rareté dans des objets par aillleurs tous identiques. Ces colifichets, se voulant le gage de valeur ajoutée symbolique, sont censés apporter la distinction, la singularité dans un monde d'une désespérante monotonie.

Nous assistons au même processus dans l'audiovisuel et l'écrit où la dématérialisation induite par le support numérique a fait sauter la contrainte physique de la rareté jusqu'alors portée par l'objet matériel, dépourvu d'ubiquité. Les détenteurs de droits ont entamé une lutte féroce pour reconstituer celle-ci et veulent imposer des verrouillages, codages, protections sur les supports de données pour restaurer une pénurie artificielle. Connues sous l'acronyme de DRM, ces techniques pénalisent le consommateur, et parfois interdisent même au producteur d'une oeuvre d'en disposer et de la diffuser librement.

La brevetabilité du vivant participe elle aussi cette tendance. Breveter un organisme ou une molécule appartenant au patrimoine commun, au prétexte qu'un nouvel usage en a été découvert, accapare et transforme une ressource disponible en rente de situation pour le détenteur du dépot légal.

L'offre de travail fondement de l'inscription sociale, est également mise à mal par ce processus. Dans le monde néolibéral le chômage n'est pas la catastrophe sociale, précarisant la vie de millions de personnes et menaçant la cohésion des sociétés que nous connaissons. Non, c'est la conséquence normale d'un choix organisationnel, théorisé sous l'acronyme NAIRU Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment, en français « taux de chômage n'accélérant pas l’inflation ». La aussi la rareté est voulue, prévue, et recommandée par l'OCDE, afin de verrouiller toute vélléité de revendication et d'augmentation de salaire.

En ce momment même les parlementaires mènent à Bruxelles une lutte contre une directive sur la brevetabilité du logiciel, inspirée, voire rédigée par les majors de l'Industrie Logicielle, qui, si elle était adoptée, contraindrait à devoir rémunérer les détenteurs de brevets pour utiliser des algorithmes aujourd'hui considérés de domaine public. Les algorithmes sont des méthodes de programmation de résolution de problèmes. Transposés dans un domaine plus usuel, leur équivalent serait par exemple une règle de trois ou la preuve par neuf. Leur brevetabilité conduirait à l'accaparement privé d'inventions collectives, autre forme de rarification organisée.

Mis a part le cas du travail, très spécifique, ce processus de création volontariste de rareté à priori absente si ce n'est diminuée par le développement des sciences et des techniques, est le préalable requis de la création de valeur.

Son domaine de prédilection est l'immatériel, c'est à dire le savoir et la culture. Prônant le brevet, le dépot de marque, le droit à l'image, il impose petit à petit la privatisation des richesses, des idées, et même du langage et des mots.

Plus rien n'échappe à la voracité des firmes et des idolâtres du retour sur investissement à deux chiffres. Plus rien n'arrête cette démesure d'appropriation de notre héritage humain, et la recherche du profit s'arroge le Droit, nous dépossèdant du bien commun et des avancées nées de la technique, de la connaissance, c'est à dire du travail humain.

Exagération ? Lisez plutot cet article de Jacques Drillon, détaillant dans le Nouvel Obs l'invraisemblable privatisation du monde à laquelle nous assistons.