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UNE
Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
documents ou points de vue sur l'ensemble de l'actualité, nationale et internationale, dans une perspective humaniste, progressiste et anti libérale.

Nb : Les liens concernant la campagne du referendum sont stockés dans une page d'archive accessible depuis le Menu
 

15 juin 2005

Médias : un Réveil Citoyen

Les médias nous ont offert durant cette campagne une expérimentation en grandeur nature sur l'étonnante conception déontologique à l'oeuvre chez la plupart des journalistes.

Le souci d'observer, de comprendre, de retransmettre et d'éclairer avait alors laissé place à la morgue presqu'haineuse d'un clergé, sûr de ses raisons, prompt à excommunier ceux qui ne partagaient pas ses vues.

Le résultat du 29 mai, loin de remettre en cause cet entêtement a donné lieu à un nouvel assaut éditorial contre les méfaits supposés d'une «épidémie de populisme et de xénophobie».

Nous avons pu être partagés entre la consternation née du spectacle donné par des médias faillissant à leur tâche et l'amusement devant le désarroi presque comique manifesté par les professionnels d'un prêt-a-penser pour la France d'en bas.

Mais au delà de cette représentation de tragi-comédie que nous a proposé le petit monde politico-médiatique, reste une question majeure. Le quatrième pouvoir, comme il aime à se nommer lui-même lors des auto-célébrations dont il est coutumier - nous venons d'assister à la dernière en date lors de la libération de Florence Aubenas - manque à sa mission.

Biais sociologique induit par l'origine familiale, connivences entre journalistes et politiques ou intérêt bien compris, les raisons peuvent différer mais le résultat est là : l'exercice du journalisme n'est plus celui d'une d'une pensée critique maintenue à distance égale entre les composantes de la société, mais s'est mué en défense et illustration des thèses dominantes.

Cette information consensuelle et monocolore est une menace pour la vie démocratique. Les faits, analyses contradictoires, opinions divergentes, permettent au citoyen de se forger une opinion en conscience, cette campagne l'a largement démontré.

Mais en l'absence de cet éclairage contrasté, l'identité des positions, la non prise en compte de catégories entières de la population du pays, provoquent le découragement, l'éloignement du politique de citoyens qui ne retrouvent pas leurs préocupations quotidiennes ou l'expression de leur sensibilité dans une vie publique dont l'essentiel passe aujourd'hui par les médias.

Cette dérive, tellement criante durant la campagne, ne doit cependant pas être considérée comme une fatalité. Professionnels de l'information, citoyens ou chercheurs se sont saisis de cette question et refusé de passer pour profit et perte ces distorsions.

La pétition «pour une information impartiale» lancée par des journalistes de l'audiovisuel public en protestation contre le traitement inégalitaire des partisans du Non, a recueilli 18 mille signatures en quelques jours. L' Observatoire Français des Médias, association à l'origine de cette initiative, tenait le 14 mai à la Bourse du Travail une réunion annonçant le lancement d'un réseau citoyen «Information Impartiale» destiné à prolonger l'action menée en mai.

Le réseau se donne comme objectif de :

Partager collectivement les informations ou les exemples de remise en cause des principes élémentaires de la démocratie dans les journaux régionaux, ou nationaux, dans les télés.

Préparer des états généraux des médias, nécessitant l'ouverture de cahiers de doléances et de propositions.

Développer des groupes locaux pour la défense de la démocratie dans l'information

Site de l'Observatoire Français des Médias
Site Info-Impartiale
Formulaire d'inscription au réseau

1 Commentaire(s):

At sam. juin 18, 05:02:00 PM, Anonymous Anonyme a écrit :

Oui il y eu une dérive des "personnes autorisées", comme on disait "les
milieux autorisés", parce que détenteurs de l'information. Les liens que
ces médias entretiennent avec la classe politique tient à leur large
diffusion. Alors qu'il ont accès aux sources les mieux informées, ils
n'ont pas utilisés leur outil pour fournir l'analyse propre à aider à la
réflexion, et donc à la prise de décision de chacun des citoyens. Si la
démocratie doit en pâtir, c'est de cela. De sélectionner ce qui doit
être publié, et ce qui doit rester tu.
On peut donc les accuser d'avoir pris parti, de ne pas avoir jouer leur
rôle objectif de journaliste.
Il y a cependant eu des voix du non qui se sont élevées : le Monde
Diplomatique, l'Humanité, Charlie Hebdo, pour ne citer que les plus
connues.

Le non l'a emporté, parce que de nouveaux médias se sont créés, dont ce
blogue. La presse, la plus lue, a manqué sa cible. Elle a perdu en parts
de marché, au bout du compte. Si le lectorat était logique avec
lui-même, cela devrait se traduire par une perte des ventes. Je ne crois
pas que ce soit le cas. Peut-être pas encore. On peut dire que c'est une
défaite pour la presse objective, ou en tout cas celle qui respecte la
déontologie de sa profession, comme veut le souligner l'appel "à une
information impartiale". C'est symptomatique.

On est devant l'émergence d'une nouvelle diffusion de l'information,
avec le risque des mêmes écarts : une offre de journaux d'opinions, se
donnant pour objectifs, et une offre de journaux renseignés, qui
n'exposent que leurs arguments, même très bien faits.

Reste le véritable enjeu, économique, de ceux qui vivent de leur plume,
en ayant souscrit un engagement moral. Je comprends qu'ils se battent
pour préserver un outil qui leur échappe par la mise en ligne des
opinions. Question : avons nous besoin de ces médiateurs que sont les
journalistes, ou sommes nous assez disponibles et informés (justement)
pour nous en passer ? Cela me fait penser à cette axiome de base du
marketing, qui est de considérer le consommateur type comme totalement
informé de l'offre, et libre de son choix.

L'information est peut-être passé de la "nouvelle", à "savoir qui parle
à qui, et pour lui dire quoi". Cherchons nous à être informés ou
renseignés ?

Devant ce danger que constituerait une prolifération d'opinions, je
comprends qu'une partie de la profession cherche à limiter la casse, en
séparant le bon grain de l'ivraie.

Jean

 

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