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Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
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06 juin 2005

Revue de Web - 6 Juin


En attendant Waterloo

En évoquant les «cent-jours» qu'il s'accorde pour définir et mettre en oeuvre une nouvelle politique de l'Emploi Dominique de Villepin, parlant avec lyrisme comme d'autres parlent du nez, avait sans doute en tête le dernier acte de la saga napoléonienne telle qu'il l'a décrite dans un opus de 2001 au titre prémonitoire : «Les Cent-Jours, ou l'Esprit de Sacrifice». Ecoutons ce qu'il écrivait alors :

« Il y a dans les 100 jours un moment très particulier où on découvre un visage un peu méconnu de Napoléon: Un homme de chair et de sang, un homme qui doute... Il a découvert l'humiliation, la trahison, la haine populaire, ce qui l'a bouleversé et transformé profondément. On ne le voit pas encore durant le retour de l'aigle, puisqu'il est emporté par le mouvement et le souffle de l'armée et du peuple de paysans. Mais quand il arrive à Paris il trouve alors le vrai défi du pouvoir : Que faire ? Il a l'Europe qui menace à ses portes, il doit essayer de réconcilier les Français »

Trop lourde tâche, sans doute pour un gouvernement qui, à peine installé, est déjà l'objet du dédain de Sarkozy - toujours prompt à convertir le service de l'Etat en ambitions présidentielles. Le dirigeant de l'UMP qui confond sans doute la Vème République et les officines de Fouché, a déclaré sans sourciller que «le ministère de l'intérieur est un poste idéal pour préparer 2007», et ajouté «j'y serai mieux protégé des attaques qui se sont succédées contre moi, c'est plus efficace que 150 permanents UMP». Tout à fait décomplexé par la faiblesse de l'Elysée, il inflige un dernier affront à une République réduite pour lui au rôle d'escabeau, en annonçant «Fin 2006, il faudra sans doute que je prenne l'air»,

Comment ne pas partager le sentiment de Raphael Bacqué chroniqueuse politique au Monde, qui qualifie dans l'édition du 7 juin de «Naufrage» ce spectacle pitoyable où l'on voit une classe politique privilègiant ses petits jeux stériles d'ambitions, rester sourde à l'expression populaire, et se complaire - à droite comme à gauche - dans l'autisme des jeux d'appareils.
Pour une fois réunis, Edouard Balladur réclamant une «réforme institutionnelle», et Pierre Marcelle qui pronostique «six mois de perdus» dans la clarification nécessaire à gauche, sont à peine moins sévères.

Les 4 Milliards d'Euros dégagés par la vente de 6% de France Télécom annoncée par Thierry Breton fourniront à Dominique de Villepin une dot d'entrée à Matignon pour le moins confortable. Mais ce budget de manoeuvre pré-électorale, distrait des caisses de l'Etat, ne rassure pourtant pas les syndicats réunis aujourd'hui à Matignon, qui craignent que le Code du Travail ne fasse les frais de la nouvelle «impulsion» chiraquienne. Méfiant, Bernard Thibault a averti qu'il n'accepterait aucun assouplissement du droit du travail sous couvert de lutte contre le chômage et brandi la menace de «tensions très rapides et très importantes». FO n'est pas en reste et son secrétaire déclare à Libération que : «Le malaise est profond»


Le modèle Danois

Si durant les «roaring seventies», Jim Morrison chantait «West is the Best» il semblerait qu'aujourd'hui le salut doive venir du Nord. Après moultes années d'études Hypocratiques, l'académie des Diafoirus qui nous gouverne refait une grande découverte : Foin de poumon, c'est d'une Noire Bile, d'une mélancholie de chômage dont souffre la France. Et nos doctes experts, penchés sur un royaume du Danemark maintenant débarrassé de ses anciens miasmes, sont tous pleins de prévenance pour la sociale démocratie à l'oeuvre chez les Vickings. Le Nouvel Obs nous décrit en quoi consiste la «flexsécurité» danoise devenue chère à Villepin, tandis que Bernard Maris insiste au contraire sur ses «difficultés d' importation».


Man Ray
Larmes
Terminons le tour d'horizon de ce jour gris et pluvieux par une nouvelle à son image, avec l'annonce de Jack Straw, ministre des affaires étrangères du Royaume Uni qui a prononcé aujourd'hui l'acte de décès du TCE en déclarant «nous nous réservons le droit de réintroduire cette loi pour un réferendum si les circonstances changent. Mais nous ne voyons pas de raison d'avancer pour l'instant».

R.I.P, TCE