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Hymne à la Joie élargit son champ d'action
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11 juillet 2005

Démangeaisons

Malgré les consignes fermes de Dominique de Villepin, qui avait dû la semaine dernière museler les parlementaires UMP emmenés par Hervé Novelli à l'assaut nocturne de l'ISF, cet agaçant résidu redistributif, aujourd'hui Thierry Breton revient à la charge dans le Figaro.

Problème, l'héritage socialiste honni porte un nom qui rend périlleuse son attaque. Comment défaire un impôt sur la fortune sans avouer ses sympathies pour celle-ci ?

La cabanne du pêcheur de l'île de Ré

Non, il ne s'agit pas du plus célèbre repenti politique de Charente-Maritime, mais du nouveau héros victimaire dont la Droite avait besoin. Voici enfin un étendard présentable, promis à une célébrité digne du Plombier Polonais : l'humble travailleur de la mer, minuscule propriétaire rattrapé par la bulle immobilière et tombé dans les griffes de Bercy.

Breton, la fibre sociale sans doute toute endolorie, n'a pu se résoudre à rester inerte devant une telle injustice : «il est vrai qu'avec, entre autres, le boum sur les prix de l'immobilier, cet impôt est en réalité devenu, au fil du temps, non plus un impôt sur la fortune (ISF)..., mais tout simplement un impôt de plus sur les économies et le logement de nos concitoyens, qui sont loin d'être tous «fortunés». Pourquoi pas, si c'est ce que l'on souhaite ! Mais alors il faut le dire et ayons le courage de l'appeler «impôt sur les économies et le logement des Français» ! Par ailleurs, s'il s'avère que c'est un impôt désormais coûteux et qui peut être dangereux sur le plan économique»

Au diable la mission d'étude d'une réforme de l'ISF créée la semaine dernière. A moins d'être victime d'une affection de néo-bolchevite maligne, quel avenir peut-on décemment imaginer pour un impôt coûteux et dangereux qui s'en prend au logis et aux économies des honnêtes travailleurs, sinon l'euthanasie compassionnelle ?

Venant une semaine après Laurence Parisot et ses dénonciations du Code du Travail «Kafkaîen» ce nouveau prurit anti Keynesien a le mérite de nous raffraichir la mémoire : si leurs habits new look affichent une modernité décoiffée sinon décoiffante, les patrons français, bien dans la lignée du Baron Ernest, pratiquent toujours la même langue impudente. Et sous l'alibi de la bonne gouvernance pointe un appétit intact.