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04 juillet 2005

Pétrole : L'Europe Absente du Grand Jeu

Lors des débats précédents la guerre d'Irak, l'argument du pétrole était généralement considéré comme trop trivial pour être pris en considération. Pourtant comment croire qu'une administration où le président Bush, le vice président Cheney et la directrice de l'agence de sécurité Rice, on fait carrière dans des entreprises texanes n'ait pas développé une vision géopolitique bâtie sur la sécurisation des ressources énergétiques des USA.

Au coeur de «l'arc d'instabilité» cher aux néo-conservateurs, se trouvent les réserves du Moyen Orient et de l'Asie Centrale. L'aventure Irakienne, la multiplication des bases militaires dans les pays de l'ancienne Union-Soviétique, la sécurisation de l'Afghanistan, tout en trouvant leur motif majeur dans la «guerre au terrorisme» ne peuvent être compris sans cet arrièrre-plan.

La Chine, devenue le deuxième consommateur mondial, développe de son coté une politique d'alliances et de partenariats tous azimuts pour assurer ses sources d'approvisionnement. Dernier évènement, en date l'offre d'achat de la compagnie pétrolière américaine Unocal (Union Oil Company of California) par la CNOOC (China National Offshore Oil Corporation). La compagnie chinoise a surenchéri de 2 milliards de Dollars sur l'offre précédemment effectuée par l'américain Chevron, dont Condoleeza Rice était dirigeante avant de rejoindre l'administration US.

Unocal s'était rendue célèbre en 1997 en annonçant un projet de pipe-line en Afghanistan, reliant au nord, le Tadjikistan riche en gaz, et au sud le Pakistan. A l'époque Unocal ne ménageait pas son soutien aux Talibans en guerre contre l'Alliance du Nord, espérant que la victoire des partisans du mollah Omar apporterait la stabilisation du pays dont elle avait besoin.

Grande absente de ce nouveau «Grand Jeu» l'Europe n'a aucune politique commune pour sécuriser ses approvisionnements ou développer des partenariats. Selon Le Monde, en 2030 elle ne couvrira que 30 % de ses besoins énergétiques, et les recommandations de la Commission portent surtout sur les économies d'énergies ou le développement des énergies renouvelables.

Pourtant les prévisions annonçant le début d'une phase de pénurie née conjointement de la diminution des ressources disponibles et de l'augmentation de la consommation mondiale ne laissent guère de temps pour réagir. Si certains experts prévoyent «l'Oil Peek» (Sommet de la capacité d'extraction avant décroissance) en 2025, d'autres comme Jean Laherrère, fondateur de Association for the Study of Peak Oi le placent en 2015, ou même en 2006 selon Colin Campbell, ancien cadre de BP.

Sur la question cruciale de l'approvisionnement énergétique, les grands ensembles géopolitiques en concurrence sont sur une trajectoire de collision, mais l'Europe, elle, se contente d'attendre l'arme au pied.

Lire : Le Monde, Jean-Michel Bezat.
La guerre mondiale du pétrole
Le pétrole entre choc des prix et spectre de la pénurie