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Hymne à la Joie élargit son champ d'action
Constatant la mort clinique du TCE, Hal proposera désormais des informations,
documents ou points de vue sur l'ensemble de l'actualité, nationale et internationale, dans une perspective humaniste, progressiste et anti libérale.

Nb : Les liens concernant la campagne du referendum sont stockés dans une page d'archive accessible depuis le Menu
 

18 juillet 2005

Recompositions

Le Monde publie une opinion signée Jerôme Jaffré proposant une intéressante lecture des motifs du Non au referendum sur la constitution. Loin de l'explication simpliste du plébiscite malheureux, ayant provoqué une mauvaise réponse à une question mal formulée, il explore les motivations tant à droite qu'à gauche qui ont construit le résultat de cette consultation et insiste sur la difficulté, pour les forces progressistes, de proposer une synthèse des opinions exprimées à cette occasion. Jaffré identifie les deux composantes de la gauche qui se sont opposées lors du referendum :

«Les socialistes du oui sont moins critiques que les autres envers la mondialisation, moins opposés par principe au libéralisme, plus prêts à accepter l'ouverture du capital des entreprises publiques ou leur ouverture à la concurrence»

«Les socialistes du non sont beaucoup plus fermes dans leur attitude. Leur degré de critique envers la mondialisation, leur opposition au libéralisme et aux privatisations est massive. Pour eux, l'Union européenne n'est pas un objet sacré au-dessus des affrontements mais elle fait au contraire système avec les trois éléments précités. Elle leur paraît accélérer les effets négatifs de la mondialisation»

«A la différence de la droite, le travail de fédération et de jonction des électorats tarde à s'engager au sein de la gauche. Le non de gauche a pour lui de porter la souffrance et la protestation d'une large partie de l'électorat populaire»

«le oui de gauche doit comprendre pourquoi il a si peu convaincu au cours de la campagne. Il ne peut offrir aux électeurs comme seule perspective l'entrée dans la société mondialisée et l'acceptation de ses règles du jeu»

«La grande majorité des électeurs de gauche ne pourrait suivre ses porte-parole qu'à la condition de les voir y porter les objectifs de transformation et de justice qui sont les leurs»

La «fracture idéologique» pointée par Jaffré n'est pas une spécificité française. Outre-Rhin, l'accord entre la nouvelle formation d' Oskar Lafontaine ex ministre de l'économie de Schröder, le WASG - Alternative électorale pour le travail et la justice sociale - et celle des communistes historiques récemment renommée «Parti de la Gauche» tente d'y répondre en redessinant la carte des forces antilibérales.

La nouvelle alliance de ces deux formations devrait, lors des prochaines élections de septembre, faire une entrée en force au parlement. Elle est créditée, selon les sondages, de 8 % à 12 % des intentions de vote.

A l'ouest du Rhin, ne serait-il pas temps pour nous aussi, de reconsidérer l'agiornamento de 1983 qui nous a éloigné chaque jour un peu plus de motifs d'engagements qui eux, n'ont pas pris une ride, bien au contraire ?